{"id":10318,"date":"2020-04-20T09:16:02","date_gmt":"2020-04-20T07:16:02","guid":{"rendered":"https:\/\/lepotentiel.bj\/?p=831"},"modified":"2020-04-20T09:16:02","modified_gmt":"2020-04-20T07:16:02","slug":"gaston-dossouhoui-a-propos-des-performances-dans-le-secteur-du-coton-dans-un-an-on-fera-encore-850-000-tonnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lepotentiel.bj\/?p=10318","title":{"rendered":"Gaston Dossouhoui \u00e0 propos des performances dans le secteur du coton: \u00ab Dans un an, on fera encore 850.000 tonnes \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>Journaliste\u00a0: Monsieur le ministre, merci d\u2019accepter de nous faire le bilan de vos actions. En 2016, certains d\u00e9fis \u00e9taient \u00e0 identifier dans le PAG pour le secteur agricole notamment, la gestion durable de la fertilit\u00e9 des sols, l\u2019assurance de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, la r\u00e9duction de la malnutrition et la r\u00e9duction de la balance commerciale d\u00e9ficitaire. Monsieur le ministre, o\u00f9 en est-on aujourd\u2019hui apr\u00e8s 4 ans de gouvernance\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ministre\u00a0:<\/strong> Je vous remercie beaucoup pour cette opportunit\u00e9. B\u00e9ninois et B\u00e9ninoises, c\u2019est un plaisir de vous retrouver pour parler de ce qui nous lie. Notre affaire commune, l\u2019agriculture. En v\u00e9rit\u00e9, depuis la pr\u00e9paration de sa campagne \u00e9lectorale, le Chef de l\u2019Etat actuel, pr\u00e9sident candidat d\u2019alors, a mis un point d\u2019honneur sur l\u2019agriculture. Et il a bien dit\u00a0: \u00abnous allons, non seulement diversifier notre agriculture, mais nous allons la moderniser, l\u2019intensifier\u00a0; nous allons diversifier les produits \u00e0 l\u2019exploitation, nous allons produire ce dont nous allons nous nourrir pour r\u00e9duire les importations alimentaires de mani\u00e8re \u00e0 ce que le paysan gagne. Il gagne en s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, il gagne en ressources mat\u00e9rielles et financi\u00e8res pour accomplir les autres devoirs du citoyen.\u00a0\u00bb Ainsi, quatre ans durant, on a effectivement os\u00e9 pour identifier les cr\u00e9neaux porteurs\u00a0; les fili\u00e8res sur lesquelles il faut mettre un certain accent pour r\u00e9ussir \u00e0 quitter la culture unique du coton vers la diversification des produits d\u2019exportation, pour cr\u00e9er de la valeur ajout\u00e9e et en m\u00eame temps d\u00e9velopper les produits d\u2019exploitation, les cultures vivri\u00e8res, alimentaires et pourquoi pas avec les transformations agroalimentaires qui contribuent absolument \u00e0 am\u00e9liorer le panier de la m\u00e9nag\u00e8re aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Tout \u00e7a a demand\u00e9 du temps, une pr\u00e9paration, des \u00e9tudes techniques, des \u00e9tudes op\u00e9rationnelles, la recherche du financement et au jour d\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019ann\u00e9e 2019 ne s\u2019est pas mal port\u00e9e que les autres ann\u00e9es. Nous allons essayer d\u2019\u00e9lucider point par point le chemin parcouru et les r\u00e9sultats modestes auxquels nous sommes parvenus. Le B\u00e9nin se porte mieux qu\u2019il ne se portait encore il y a un an. Il se portera encore davantage mieux qu\u2019il s\u2019est port\u00e9 il y a de cela quatre ans, cinq ans.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019un des points fondamentaux sur lesquels vous aviez travaill\u00e9, c\u2019est bien s\u00fbr la r\u00e9forme institutionnelle. On est parti des directions de l\u2019Agriculture, de l\u2019Elevage et de la P\u00eache pour des Agences Territoriales de D\u00e9veloppement Agricole (ATDA). Qu\u2019est-ce que ces r\u00e9formes ont concr\u00e8tement chang\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Mieux que les slogans entendus depuis des d\u00e9cennies, le secteur agricole, depuis l\u2019av\u00e8nement du Pr\u00e9sident TALON, se positionne comme le principal levier de d\u00e9veloppement \u00e9conomique du pays, de cr\u00e9ation de richesses et d\u2019emplois. De toutes les fa\u00e7ons, cinq approches sont appuy\u00e9es sur une dynamique nouvelle de d\u00e9veloppement des fili\u00e8res agricoles instaur\u00e9es aux fins d\u2019une meilleure valorisation des espaces agricoles de notre territoire. Pour cela, il a fallu mettre en place un nouveau cadre institutionnel qui a consist\u00e9 \u00e0 s\u00e9parer les fonctions r\u00e9galiennes de l\u2019Etat \u00e0 travers les Directions d\u00e9partementales de l\u2019Agriculture des fonctions d\u2019appui conseils aux producteurs g\u00e9r\u00e9es par les Directions d\u00e9partementales de l\u2019Agriculture. Les Agences Territoriales de D\u00e9veloppement Agricole (ndlr\u00a0: ATDA) sont l\u2019\u00e9manation de l\u2019administration d\u2019un territoire homog\u00e8ne qu\u2019on appelle p\u00f4le de d\u00e9veloppement agricole. Nous en avons sept. Au cours de cette ann\u00e9e 2019, nous avons am\u00e9lior\u00e9 les prestations au niveau de ces structures d\u2019appui. Le contr\u00f4le est devenu plus syst\u00e9matique. Les normes techniques sont \u00e9labor\u00e9es et suivies par les directions d\u00e9partementales de l\u2019agriculture. Mais par rapport aux ATDA qui pilotent les fili\u00e8res les plus porteuses de leur p\u00f4le, il y a toute l\u2019\u00e9quipe n\u00e9cessaire en termes de ressources humaines, de documents de gestion. Le cadre de travail a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement balis\u00e9 aujourd\u2019hui. Et les gens disposent de tous les outils pour pouvoir aller vers un accompagnement des producteurs de mani\u00e8re plus saine.<\/p>\n<p>Mais retenez, ce n\u2019est pas seulement les ATDA ou les Directions d\u00e9partementales qui constituent l\u2019ossature de la r\u00e9forme institutionnelle au niveau du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture. Encore que lorsque nous avons mis les hommes au travail, il faut leur donner les moyens. Nous avons achet\u00e9 plus de 900 motos tout terrain. Ce ne sont pas les motos qui tombent en panne apr\u00e8s six heures ou trois mois d\u2019usage. Elles seront utilis\u00e9es pendant 5 ans, 6 ans. Et aujourd\u2019hui, plus aucun agent ne peut plus faire du tourisme agricole. Vous sortez avec un plan donn\u00e9. Vous avez un programme connu de votre hi\u00e9rarchie. Vous devrez faire telle, telle chose au niveau de telle ou telle exploitation. Et vous devrez rendre compte. D\u00e9sormais, ces agents disposent des smartphones avec lesquels on peut les r\u00e9f\u00e9rencer. D\u2019o\u00f9 ils sont, ils prennent des images. Ainsi, de la Direction, les patrons les suivent. L\u2019autre r\u00e9forme institutionnelle, c\u2019est le Fonds National du D\u00e9veloppement Agricole (FNDA) qui a fait peau neuve avec des guichets importants. L\u2019un pour les petits producteurs, les autres pour les aider \u00e0 formuler des projets-programmes et les soumettre au financement des banques. De toutes les fa\u00e7ons, le FNDA n\u2019est pas une banque. Le FNDA est un facilitateur d\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit et pour que les cr\u00e9dits obtenus au niveau des banques puisent \u00eatre bonifi\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>On peut avoir une id\u00e9e sur le nombre de personnes que le FNDA a impact\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Au jour d\u2019aujourd\u2019hui, les ressources mobilis\u00e9es au niveau de l\u2019Etat pour le FNDA avoisinent d\u00e9j\u00e0 10 milliards. Mieux, les Partenaires Techniques et Financiers viennent en appui au FNDA. La coop\u00e9ration suisse, la coop\u00e9ration belge, la coop\u00e9ration allemande et beaucoup d\u2019autres.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui sont les b\u00e9n\u00e9ficiaires\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce fonds, ce sont d\u2019abord les ressources mobilis\u00e9es au niveau des guichets pour aider les projets bancables, pour assurer des formations de mise \u00e0 niveau de ceux qui ont mont\u00e9 leur dossier, puis une partie des ressources est plac\u00e9e au niveau des banques pour assurer la bonification des cr\u00e9dits. Et lorsque vous prenez par exemple un cr\u00e9dit \u00e0 un taux de 9%, le FNDA vous autorise \u00e0 payer peut-\u00eatre 2% et le reste est assur\u00e9. Dans ces conditions, vous avez un cr\u00e9dit \u00e0 taux plus faible. Pour le moment, nous avons une bonne brochette d\u2019une quarantaine de projets d\u00e9j\u00e0 \u00e9ligibles. Certains ont commenc\u00e9 \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier du financement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les petites et moyennes entreprises agricoles et les coop\u00e9ratives peuvent-elles aussi b\u00e9n\u00e9ficier du cr\u00e9dit\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bien entendu. Tout d\u00e9pend du dossier que vous montez. Il y a des coop\u00e9ratives des producteurs de semences qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ces subventions. Il y a des r\u00e9seaux de producteurs et de transformateurs d\u2019ananas qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cet appui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Monsieur le ministre, il n\u2019y a pas que les r\u00e9formes institutionnelles. Il y a surtout les fili\u00e8res \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e, l\u2019ananas, le cajou, le maraichage\u2026 Quel point peut-on faire sur les actions men\u00e9es \u00e0 la date d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Vous savez, nous sommes dans une \u00e9mission tr\u00e8s p\u00e9dagogique. En termes de r\u00e9formes, il y a deux autres choses dont je dois parler rapidement. Le Recensement National de l\u2019Agriculture (RNA). Pendant longtemps, nous ne savons plus combien de t\u00eates de b\u0153ufs nous avons\u00a0; nous ne savons plus combien d\u2019hectares de ci ou de \u00e7a on cultive. Aujourd\u2019hui, on a mis tout \u00e0 plat. Le processus de recensement a commenc\u00e9 sur financement propre de l\u2019Etat. C\u2019est une premi\u00e8re. Et au terme de juin, juillet 2021, on va boucler cela pour savoir exactement combien d\u2019hectares nous avons et quelles superficies on peut attribuer \u00e0 chaque culture. On va maintenant mettre en place une base de contr\u00f4le, une base de pr\u00e9l\u00e8vement de donn\u00e9es pour une vision sur tout ce qu\u2019on a produit. Et c\u2019est important pour nous pour pouvoir \u00e9valuer les efforts faits.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me chose, c\u2019est la recherche agricole. N\u2019oublions pas. Si nous voulons accompagner les gens, il faut le faire dans leur \u00e9lan de d\u00e9veloppement. Le paysan n\u2019est pas l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus b\u00eate. Il a des innovations endog\u00e8nes \u00e0 valoriser. Et par rapport aux dispositions, nous avons install\u00e9 23 sites de recherches dans des villages. Ces sites accompagnent les innovations mises en place par les habitants. Ils d\u00e9veloppent cela de mani\u00e8re \u00e0 ce que la technique que nous d\u00e9veloppons puisse rapidement passer au niveau de toutes ces bases et de la zone que vous cultivez.<\/p>\n<p>Mieux, nous avons r\u00e9organis\u00e9 les centres r\u00e9gionaux de recherches. Nous avons un centre r\u00e9gional \u00e0 Malanwi qui s\u2019occupe des cultures de ma\u00efs, du riz, de l\u2019ananas et autres. Nous avons un centre r\u00e9gional \u00e0 Sav\u00e8 qui s\u2019occupe du Cajou. Nous avons un centre de diversification \u00e0 Ina et puis un autre \u00e0 Natitingou. Mais apr\u00e8s ceux-l\u00e0, nous avons des centres sp\u00e9cialis\u00e9s. Donc tout cela rentre dans le package de la r\u00e9forme institutionnelle du secteur de l\u2019agriculture.<\/p>\n<p>Vous aviez parl\u00e9 des fili\u00e8res \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e. Je vous remercie beaucoup pour cette question tr\u00e8s pertinente. Disons que la particularit\u00e9 de l\u2019organisation du travail par le pr\u00e9sident TALON, c\u2019est de cibler ce qui est important pour faire lever la mayonnaise. Au nombre des fili\u00e8res que nous pouvons brasser partout, il y a certaines qui sont \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e. C\u2019est l\u2019ananas, c\u2019est le cajou et ce sont les cultures maraich\u00e8res. Ces trois fili\u00e8res ont connu un d\u00e9veloppement assez impressionnant. Regardons l\u2019ananas. Il y a deux types d\u2019ananas, le cayenne lisse et le pain de sucre, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur desquels nous avons des morphotypes. Il y en a qui sont ronds, d\u2019autres sont en bouteille. Bref\u00a0! Pour aller \u00e0 l\u2019exploitation, il faut des calibres. Certains morphotypes acceptent de donner que des fruits quelle que soit la sp\u00e9culation que vous faite sur ce calibre-l\u00e0. C\u2019est important de mettre \u00e7a \u00e0 part et de d\u00e9velopper pour qu\u2019ils soient pour l\u2019exportation.<\/p>\n<p>D\u2019autres ont de gros fruits qui peuvent donner beaucoup de jus. Il faut trouver les morphotypes correspondants. Et pour \u00e7a, nous avons un dispositif d\u2019\u00e9puration. Ce sont des fruits d\u00e9licieux. Il faut donc regarder le profil du paysan pour lui proposer les r\u00e9gions correspondantes de production. Et pour \u00e7a, nous sommes partis faire des \u00e9purations au niveau des champs pour trier les morphotypes. De ce fait, lorsque les paysans qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ces rejets tri\u00e9s et calibr\u00e9s plantent, ils ont 90% de bons produits contre \u00e0 peine 10% de hors types. Contrairement \u00e0 ce qu\u2019on a connu il y a de cela trois ans o\u00f9 c\u2019est 25% \u00e0 30% de bons produits. A ce niveau-l\u00e0, on a jou\u00e9 aussi sur les techniques de production en utilisant le \u00ab\u00a0much plastic\u00a0\u00bb. C\u2019est une technique qui consiste \u00e0 planter l\u2019ananas sur des toiles sp\u00e9cialis\u00e9es. Ces toiles permettent de r\u00e9duire l\u2019infestation de l\u2019ananas du champ. Les herbes n\u2019arrivent pas \u00e0 pousser \u00e0 travers la b\u00e2che plastique. Ces toiles arrivent \u00e0 maintenir l\u2019humidit\u00e9 pendant longtemps au niveau du plan. Cela fait que de toute fa\u00e7on l\u2019ananas dont le cycle devait durer 16 mois est r\u00e9duit \u00e0 12 mois. Rien qu\u2019avec cette technologie. Et si en plus vous arrivez \u00e0 faire une irrigation d\u2019appoint au niveau de votre champ, vous r\u00e9duisez le cycle et vous avez des fruits tr\u00e8s bons pour le march\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que tous les producteurs b\u00e9n\u00e9ficient de cette technologie\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Non, tous les producteurs ne peuvent pas b\u00e9n\u00e9ficier de cela. Ce sont les plus m\u00e9ritants qui en b\u00e9n\u00e9ficient. Mais progressivement nous y parviendrons.<\/p>\n<p><strong>Y-a-t-il de crit\u00e8re pour s\u00e9lectionner ces producteurs\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Il y a bien de crit\u00e8res. Il faut d\u2019abord une certaine exp\u00e9rience en mati\u00e8re de production d\u2019ananas, une certaine fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la production d\u2019ananas et une certaine rigueur dans le suivi des itin\u00e9raires techniques. Et l\u00e0 aussi, en termes des diff\u00e9rentes techniques lourdes, des plants que nous avons d\u00e9j\u00e0 franchis, c\u2019est des types de fumures, le type d\u2019engrais que nous mettons sur l\u2019ananas. La formule a \u00e9t\u00e9 bien trouv\u00e9e et cela passe bien. En plus des champs d\u2019ananas avec fumures, il y a beaucoup de champs d\u2019ananas bio sans fumures que nous utilisons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019en est-il du cajou\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le cajou, deuxi\u00e8me produit d\u2019exportation apr\u00e8s le coton. La technologie premi\u00e8re que nous avons pr\u00e9conis\u00e9e, c\u2019est de mettre aux normes les vieilles plantations \u00e0 partir des brigades de prestation de services. Lorsque le champ d\u2019anacarde est touffu, et les feuilles se touchent et il n\u2019y a pas d\u2019ensoleillement qui enrobe le plan, le cajou ne fait pas de fleurs. Lorsque la densit\u00e9 est serr\u00e9e, on passe et on \u00e9limine un certain nombre de plants, on a\u00e8re le champ puis on le nettoie. On a form\u00e9 des brigades qui gagnent de l\u2019argent \u00e0 raison de 55.000 FCFA par hectare trait\u00e9 et pay\u00e9 par l\u2019Etat. Deux ans apr\u00e8s, ceux qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ces prestations ont vu leur rendement augmenter. La premi\u00e8re ann\u00e9e, le rendement a baiss\u00e9 naturellement. Mais la deuxi\u00e8me ann\u00e9e, la production a augment\u00e9 sensiblement. Les producteurs qui avaient 300 kilogrammes \u00e0 l&rsquo;hectare sont pass\u00e9s \u00e0 600 kilogrammes aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me chose sur laquelle nous jouons, ce sont les plants greff\u00e9s. Nous avons identifi\u00e9 des plantes m\u00e8res. Avec l\u2019appui de la Tanzanie qui a un tr\u00e8s bon institut de recherche sur le cajou, nous avons identifi\u00e9 les bouts de germe, des types de cajou productifs. On les pr\u00e9pare. On produit des greffons et on pr\u00e9l\u00e8ve pour produire des plants greff\u00e9s. Ainsi, les plants greff\u00e9s ont un produit homog\u00e8ne en termes de couleur, de grosseur et de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me chose que nous sommes en train de faire, c\u2019est tout ce qui est technologie d\u2019accompagnement pour g\u00e9rer l\u2019espace dans lequel se font les cultures de cajou et les autres techniques contre l\u2019incendie. L\u2019anacardier n\u2019aime pas le feu. Non seulement la noix d\u2019anacarde est transform\u00e9e chez nous mais la pomme est beaucoup transform\u00e9e en jus. Les entreprises de transformation de pomme de cajou en jus ne sont pas nombreuses. Quatorze ont \u00e9t\u00e9 certifi\u00e9es avec l\u2019aide d\u2019une ONG am\u00e9ricaine du nom de \u00ab\u00a0Technoserve\u00a0\u00bb. Et aujourd\u2019hui, nous sommes en train de faire les dossiers pour onze entreprises de femmes, essentiellement pour transformer le cajou.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Abordons maintenant ce qui int\u00e9resse la population urbaine et p\u00e9ri urbaine, le maraichage. Quelle politique d\u2019organisation et de transformation de ces produits\u00a0est mise en place ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Je suis d\u2019accord avec vous que sur le maraichage, le chantier est assez grand. D\u2019abord, le maraichage se fait partout. Autour de nos grandes villes, il faut n\u00e9cessairement des cultures maraich\u00e8res. Une agriculture p\u00e9riurbaine qui nous permettra de manger. Le piment, la tomate, le poivre, et autres que nous produisons. Ici, nous avons mis en chantier un projet de d\u00e9veloppement de maraichage \u00ab\u00a0PADMA\u00a0\u00bb, financ\u00e9 par le FIDA, \u00e0 hauteur de 18 milliards FCFA qui op\u00e8re dans au moins dans 27 communes. Ce projet a pu am\u00e9nager 530 hectares. Mais au cours de cette saison, par la maitrise d\u2019ouvrage d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e, nous sommes en train d\u2019am\u00e9nager 1150 hectares de cultures maraich\u00e8res. C\u2019est important pour nous. Mais l\u00e0 encore, \u00e7a ne suffit pas. Si vous allez maintenant dans la vall\u00e9e du Niger, les communes de Karimama, de Malanville, c\u2019est l\u2019une de leurs sp\u00e9cialit\u00e9s. L\u00e0, nous avons une bonne production de tomate, de piment et aussi d\u2019oignon. Mais aussi des champs de pomme produite au B\u00e9nin. Ces initiatives nous devrons les d\u00e9velopper le plus possible. Il faut mettre l\u2019activit\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 nous avons un point d\u2019eau. Faire du maraichage, il faut n\u00e9cessairement de l\u2019eau. Si l\u2019endroit cibl\u00e9 est un endroit d\u2019une propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, l\u2019espace se n\u00e9gocie. Il y a juste quelques d\u00e9dommagements \u00e0 faire pour aider des maraichers \u00e0 s\u2019installer. Mieux, si nous regardons le long de notre c\u00f4te aujourd\u2019hui, nous avons des cocotiers. On peut faire le maraichage sous les cocotiers sans probl\u00e8me de fonciers. \u00c7a d\u00e9veloppe aussi les cocotiers. Donc ces questions se r\u00e8glent au cas par cas. Je pense que nous allons vers une politique de gestion responsable de nos probl\u00e8mes fonciers. Ce qui nous permettra de s\u00e9curiser la terre pour les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir.<\/p>\n<p><strong>Il y en a qui s\u2019accaparent des terres\u00a0; ils ach\u00e8tent des centaines d\u2019hectares qui sont cl\u00f4tur\u00e9s alors que certains en ont besoin pour faire le maraichage. Qu\u2019en dites-vous\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est bon s\u2019ils l\u2019exploitent. Mais si c\u2019est th\u00e9sauris\u00e9 la terre, \u00e7a pose de probl\u00e8me. La loi bannit la th\u00e9saurisation des terres. Je pense que progressivement, nous allons vers ces dispositions qui nous permettraient de rentrer en discussion avec le pr\u00e9sum\u00e9 propri\u00e9taire afin de mettre en valeur l\u2019espace. Mais pour le moment, cette question ne se pose pas avec acuit\u00e9, au moins sur le maraichage. On a encore beaucoup d\u2019espace et d\u2019opportunit\u00e9s \u00e0 saisir pour d\u00e9velopper le maraichage. Nous allons mettre en place une \u00e9tude de faisabilit\u00e9 sur le maraichage qui va d\u00e9sormais prendre le relais du programme financ\u00e9 par le FIDA. Alors, sur financement national, nous allons d\u00e9velopper beaucoup d\u2019autres \u00e9tudes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Vous aviez promis que dans les deux prochaines saisons, vous allez atteindre un million de tonnes de production de riz. Ce n\u2019est pas trop r\u00eaver\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>S\u2019il n\u2019y pas de r\u00eave, on ne peut pas faire de grandes choses. Nous devons r\u00eaver et r\u00eaver grand. La fermeture des fronti\u00e8res par le Nig\u00e9ria \u00e9tait pour moi un d\u00e9clic. Une opportunit\u00e9 \u00e0 saisir. Je ne reviens pas sur les conditions qui ont pr\u00e9valu \u00e0 cela. Mais mon pays, le B\u00e9nin, tax\u00e9 de pays r\u00e9-exportateur de riz deviendra un pays producteur et exportateur de riz. Il n\u2019y a rien \u00e0 faire. Ce n\u2019est pas de la d\u00e9claration politique. En 2016, quand le pr\u00e9sident TALON a pris les r\u00eanes de ce pays, nous \u00e9tions \u00e0 216.000 tonnes de production de riz. Aujourd\u2019hui, avec les technologies que nous utilisons, nous sommes d\u00e9j\u00e0 \u00e0 407.000 tonnes. Mais lorsque nous allons revisiter nos capacit\u00e9s intrins\u00e8ques en mati\u00e8re d\u2019am\u00e9nagement des p\u00e9rim\u00e8tres rizicultivables, en mati\u00e8re d\u2019am\u00e9nagement des basfonds et autres sites, en mati\u00e8re de mise \u00e0 disposition des semences certifi\u00e9es de riz, facteur important pour d\u00e9clencher la r\u00e9volution verte, lorsque nous avons aussi des intrants disponibles aujourd\u2019hui on peut r\u00eaver. Et, on doit pouvoir r\u00eaver. En fait, j\u2019ai mis tout le monde au boulot. Les producteurs de semences ont de quoi servir au moins 40% de nos emblavures. Mais avec cette intersaison, on essaie de produire, de densifier pour avoir les 20% compl\u00e9mentaire. Ainsi, l\u2019Etat pourra mettre \u00e0 disposition des producteurs des semences \u00e0 bas prix\u00a0; ce qui va r\u00e9volutionner la fili\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les intrants sont-ils disponibles\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque vous cultivez le riz, vous avez de quoi fertiliser votre riz et m\u00eame l\u2019entretenir contre l\u2019enl\u00e8vement. Mais l\u2019autre chose qui est importante, ce sont les am\u00e9nagements. Aujourd\u2019hui, nous avons 1125 ha qui sont en cours d\u2019am\u00e9nagement. Et pour lesquels nous frappons toutes les portes dans tout le pays. Il y a quatre projets \u00e0 financement ext\u00e9rieur pour cela. Mais nous-m\u00eames, au niveau national, nous avons d\u00e9velopp\u00e9 des initiatives, surtout dans la vall\u00e9e du Niger, singuli\u00e8rement \u00e0 Karimama, o\u00f9 il n\u2019est pas question de faire des am\u00e9nagements trop co\u00fbteux. Avec des puits tub\u00e9s, l\u2019eau est \u00e0 peine \u00e0 7 ou 8 m\u00e8tres\u00a0; vous mettez une pompe et puis vous tirez l\u2019eau vers le haut. L\u2019espace est juste am\u00e9nag\u00e9, les diguettes sont couvertes et il faut du mat\u00e9riel plastique pour \u00e9viter l\u2019\u00e9rosion.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Dans la vall\u00e9e du Niger justement, comment pensez-vous lutter contre l\u2019inondation\u00a0? Parce que quand le fleuve Niger d\u00e9borde, il emporte tout sur son passage.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>La question du fleuve Niger est un peu d\u00e9licate parce que l\u00e0, il faut endiguer la r\u00e9gion. Et cela n\u2019est pas une mince affaire. Il nous faut jusqu\u2019\u00e0 40 voire 45 milliards pour y arriver.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Comme \u00e7a, cela ne pourrait-il pas emporter toute la production\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Non. Les am\u00e9nagements que nous faisons aujourd\u2019hui sont tels que si le niveau d\u2019eau grimpe, on peut drainer. Il y a des techniques pour creuser. Ce que nous devons faire davantage sur le riz, c\u2019est la transformation, le d\u00e9corticage. Et au jour d\u2019aujourd\u2019hui, beaucoup d\u2019ONG, l\u2019Etat lui-m\u00eame, aident les petites organisations de femmes transformatrices de riz \u00e0 disposer de trieur optique. C\u2019est \u00e0 peine 20 \u00e0 30 millions. Lorsque vous avez \u00e7a, vous allez d\u00e9cortiquer votre riz, les grains noirs passent par le trieur optique et votre riz est nickel. Au niveau de mon d\u00e9partement, les femmes ont organis\u00e9 une foire agricole. Le riz pr\u00e9sent\u00e9 sur ce march\u00e9 a coul\u00e9 comme de petits pains. Les forains ont fait venir plusieurs chargements de riz. Ils ont tout vendu. C\u2019est pour dire que de plus en plus je suis heureux de constater que le B\u00e9ninois consomme B\u00e9ninois.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quels sont les moyens pour d\u00e9courager ceux qui am\u00e8nent du riz import\u00e9 parce que souvent leur prix est plus bas\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Nous faisons l\u2019effort d\u2019accompagner nos producteurs pour avoir de mat\u00e9riels de bonne qualit\u00e9. En l\u2019occurrence le riz IR-285 qui est un riz de basfond aromatis\u00e9, parfum\u00e9. Il est cultiv\u00e9 un peu partout. Uri lisse 6 vient seconder le IR-285 avec toujours de l\u2019ar\u00f4me. Sur les basfonds et les autres p\u00e9rim\u00e8tres, nous avons le n\u00e9rica 14, ne n\u00e9rica L-19\u00a0; L-20 cultivables en termes de qualit\u00e9, en termes de pr\u00e9sentation. Si nous arrivons \u00e0 accompagner les paysans pour avoir les semences \u00e0 prix bas, pour avoir les intrants sp\u00e9cifiques \u00e0 prix pratiquement r\u00e9duits, \u00e0 disposer du mat\u00e9riel de battage, de vannage, \u00e0 avoir aussi l\u2019installation des unit\u00e9s de transformation, le co\u00fbt de production deviendra de fa\u00e7on intrins\u00e8que moins cher aux paysans. Il va pouvoir soutenir le march\u00e9. Si nous n\u2019avons pas le volume qu\u2019il nous faut, environ 450.000 tonnes pour les besoins de consommation domestique, il va \u00eatre tr\u00e8s difficile pour le pays de dire qu\u2019il ne faut plus importer du riz. Mieux, le riz import\u00e9 au B\u00e9nin n\u2019est pas seulement pour le B\u00e9nin. Si on bloque l\u2019exportation d\u2019un volume donn\u00e9, le Niger n\u2019aura rien. C\u2019est par ici que le Niger a son riz. La politique de la production domestique, nous allons la densifier. Si nous arrivons \u00e0 faire un million de tonnes, on peut arr\u00eater l\u2019importation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Monsieur le ministre, qu\u2019en est-il des autres fili\u00e8res conventionnelles, le palmier \u00e0 huile\u00a0par exemple ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le palmier \u00e0 huile, la richesse de notre pays depuis les temps coloniaux\u00a0! Aujourd\u2019hui, dans les exploitations priv\u00e9es, il y a beaucoup de palmiers plant\u00e9s, tr\u00e8s bien entretenus avec une agro technique simple et facile, l\u2019alignement, le traitement, la fumure et l\u2019entretien v\u00e9g\u00e9tatif. Ce qui reste, c\u2019est de voir dans quelle mesure irriguer encore davantage ces plantations pour passer de 16, 18 tonnes \u00e0 30, 35 tonnes \u00e0 l\u2019hectare. Avec les m\u00eames mat\u00e9riels.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me chose importante, nous mettons \u00e0 disposition des producteurs des semences, des plants greff\u00e9s \u00e0 bas prix. L\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e, on avait plus de dix mille plants de palmier \u00e0 huile \u00e0 prix r\u00e9duit pour r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer les vieilles plantations. La grande r\u00e9volution qui a \u00e9t\u00e9 faite dans ce domaine, c\u2019est l\u2019assainissement des CAR et UCAR. On est sorti de la crise. Toutes les 36 Coop\u00e9ratives d\u2019Am\u00e9nagement Rural ont leur conseil d\u2019administration renouvel\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Justement, comment aviez-vous fait pour r\u00e9soudre ces conflits\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Rendons \u00e0 C\u00e9sar ce qui est \u00e0 C\u00e9sar. En abordant cette question en 2006, \u00e7a m\u2019a br\u00fbl\u00e9 le doigt. Et lorsque vous avez des propositions assez r\u00e9volutionnaires pour changer les mod\u00e8les de vie et que pour des pr\u00e9textes politiques on dit il y a troubles \u00e0 l\u2019ordre public et que vous n\u2019\u00eates pas soutenu par la hi\u00e9rarchie, \u00e7a n\u2019aboutit pas. En 2006, nous avons entam\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s quelque chose du genre qui n\u2019a pas march\u00e9. Mais cette ann\u00e9e, ce que nous avons commenc\u00e9, c\u2019est d\u2019abord la mise en place d\u2019un comit\u00e9 interminist\u00e9riel compos\u00e9 du Ministre de l\u2019Agriculture, des ministres de la Justice, de l\u2019Int\u00e9rieur et de la S\u00e9curit\u00e9, de la d\u00e9centralisation, et du ministre du Cadre de vie. Nous avons travaill\u00e9 sur les textes de loi qui r\u00e9gissent la r\u00e9organisation des Coop\u00e9ratives d\u2019Am\u00e9nagement Rural. Nous avons travaill\u00e9 \u00e0 reconnaitre les vrais coop\u00e9rateurs. Ceux qui sont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, comment leurs enfants pouvaient les repr\u00e9senter\u00a0? Nous avons fait les r\u00e9unions foraines. Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 faire le dialogue entre la famille et la justice. Nous avons identifi\u00e9 le repr\u00e9sentant de telle famille dans telle coop\u00e9rative. Lorsque tout cela a \u00e9t\u00e9 fait, on a programm\u00e9 les Assembl\u00e9es G\u00e9n\u00e9rales. Tous ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans la gestion d\u2019une coop\u00e9rative ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart. L\u2019objectif \u00e9tait d\u2019avoir de nouvelles t\u00eates, parce que nous voulons formater l\u2019ancien syst\u00e8me pour autre approche de gestion coop\u00e9rative. On les a accompagn\u00e9s pour avoir les documents de gestion administrative de sorte que les coop\u00e9ratives qui \u00e9taient la vache \u00e0 lait de quelques individus deviennent l\u2019affaire de tout le monde. S\u2019ils sont tellement conscients que les palmiers \u00e0 huile donnent \u00e0 manger \u00e0 leur famille, ils vont rajouter d\u2019autres plantations. Nous sommes pr\u00eats. Nous sommes en train de faire de la s\u00e9lection aujourd\u2019hui pour leur trouver les quantit\u00e9s de semences qu\u2019il leur faut. Les p\u00e9pini\u00e9ristes agr\u00e9\u00e9s qui sont dans les r\u00e9gions, les coop\u00e9ratives elles-m\u00eames, ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s pour conduire et g\u00e9rer des p\u00e9pini\u00e8res de palmier \u00e0 huile.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les pr\u00e9visions que vous faites pour les ann\u00e9es \u00e0 venir\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Les vieilles plantations qui ne sont pas entretenues, on va les rafraichir. Les coop\u00e9ratives le feront avec les ressources dont elles disposent. Pendant un an seulement on a mis en place des comit\u00e9s paritaires pour g\u00e9rer les coop\u00e9ratives. Aucune coop\u00e9rative n\u2019a eu un bilan n\u00e9gatif. Donc l\u2019argent est frais chez eux. Ils ont les ressources. Il faut de la transparence au niveau de la gouvernance des coop\u00e9ratives. Il faut reprendre les anciennes parcelles et les nettoyer. C\u2019est la transformation qui est un autre facteur. Au jour d\u2019aujourd\u2019hui, nous n\u2019avons plus les grandes huileries d\u2019avant mais il y a de petites unit\u00e9s de transformations qu\u2019on peut d\u2019abord exploiter. Il faut appuyer ces petites unit\u00e9s \u00e0 travers les projets-programmes. Si une coop\u00e9rative d\u00e9cide d\u2019acqu\u00e9rir son usine pour la transformation, elle le ferait.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ces petites unit\u00e9s ne peuvent-elles pas supporter le cap de la production\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Nous pensons d\u2019abord \u00e0 cela puisqu\u2019ils ont perdu l\u2019habitude de le faire. Et c\u2019est de mani\u00e8re traditionnelle et archa\u00efque qu\u2019ils font la transformation.<\/p>\n<p><strong>Ils ont beaucoup cri\u00e9, ces producteurs d\u2019huiles de palme\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Non. Ils n\u2019ont pas cri\u00e9. Parce que gouverner c\u2019est pr\u00e9voir, nous avons anticip\u00e9. Nous avons eu un projet d\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 qui nous a permis de construire des tanks de stockage d\u2019huile de palme le long de la fronti\u00e8re du Nig\u00e9ria. Ils peuvent vendre un bidon de 25 litres \u00e0 10.000 FCFA \u00e0 la station de collecte. Cela est consign\u00e9. Lorsque le prix est int\u00e9ressant sur le march\u00e9, on va peut-\u00eatre vendre le bidon \u00e0 15\u00a0000. On retourne 3500 \u00e0 celui qui l\u2019avait c\u00e9d\u00e9 \u00e0 10.000. Qui perd\u00a0dans ces conditions ? Personne. Et aujourd\u2019hui, nous avons vraiment besoin de production. Le march\u00e9 am\u00e9ricain demande de l\u2019huile rouge.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Est-ce que le march\u00e9 existe vraiment pour couler tout ceci\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>D\u2019abord, le march\u00e9 domestique. Vous \u00e9tiez \u00e0 la foire des femmes du minist\u00e8re de l\u2019agriculture. Vous aviez vu ce que les femmes ont fait du beurre de Karit\u00e9, du savon, du beurre, des huiles, beaucoup de produits. Si vous aviez vu ce que les femmes ont fait du ma\u00efs, des produits d\u00e9riv\u00e9s de bonne qualit\u00e9 ou ce qu\u2019elles ont fait avec du manioc national. Mon probl\u00e8me \u00e0 moi c\u2019est que le B\u00e9ninois doit d\u2019abord accepter de consommer b\u00e9ninois. Il faudrait que nos valeurs puissent \u00eatre achaland\u00e9es \u00e0 ces produits. C\u2019est nous qui allons au supermarch\u00e9 pour revenir \u00e0 la maison avec des produits faits au B\u00e9nin. On a mis des ressources pour mettre en place des entreprises capables d\u2019amener des emballages. On distribue ces emballages \u00e0 prix subventionn\u00e9. C\u2019est important pour que nous puissions aller \u00e0 cette \u00e9cole-l\u00e0. Le march\u00e9 local est le premier march\u00e9 s\u00fbr. D\u2019autres pays qui ont 90 millions d\u2019habitants, 100 millions d\u2019habitants, rien qu\u2019avec la production locale, ils arrivent \u00e0 tenir. Nous avons produit du riz pour le march\u00e9 \u00e9quitable belge. Trois, quatre tonnes sont \u00e9coul\u00e9es sans aucun probl\u00e8me. C\u2019est nous qui ne donnons pas de la valeur \u00e0 la chose. Il faut oser r\u00e9v\u00e9ler les qualit\u00e9s de nos productions, de nos transformations pour que les gens comprennent et s\u2019abonnent \u00e0 cela.<\/p>\n<p><strong>Faut-il commencer par demander aux enfants de consommer ce qui est produit chez eux\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Bien entendu. Avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM), nous avons sign\u00e9 un contrat pour faire de la culture domestique pour nourrir les enfants. Ils ont besoin du haricot produit chez eux. Ils veulent bien manger du mouton produit chez eux, ils veulent bien manger du manioc produit chez eux. Les agents institutionnels doivent \u00eatre organis\u00e9s. Regardez combien de cantines scolaires et universitaires dont le B\u00e9nin dispose. Combien nous avons des gens dans l\u2019arm\u00e9e, dans les prisons. Il faudrait que la collecte des produits de ces alimentations soit de la production domestique prioritairement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Monsieur le ministre, nous avons le march\u00e9 local, le d\u00e9fi c\u2019est aussi d\u2019aller au-del\u00e0. Aujourd\u2019hui, est-ce que ces produits sont certifi\u00e9s au niveau de la Dana\u00a0? Qu\u2019est-ce qui est fait pour que ces produits soient accept\u00e9s sur le march\u00e9 international\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Je vous remercie beaucoup parce que l\u2019exploitation doit \u00eatre accompagn\u00e9e. C\u2019est pouvoir faire r\u00e9v\u00e9ler les qualit\u00e9s, les caract\u00e9ristiques du produit et le respect des normes exig\u00e9es pour assurer cette exploitation. Le miel du B\u00e9nin a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 dans les autres laboratoires. Le B\u00e9nin est agr\u00e9\u00e9 pour exporter son miel. Le soja b\u00e9ninois est pratiquement bio. Les asiatiques le veulent beaucoup. Les Chinois sont venus signer des contrats avec nous. Il faut vous dire que nous exportons 179.000 tonnes de soja en deux ou trois mois. Il y a des choses qui se font, sur lesquelles on ne crie pas. Le karit\u00e9 qui se cultive chez nous, il y a des endroits o\u00f9 la noix collect\u00e9e est bio. C\u2019est-\u00e0-dire sans produit phytosanitaire. Le karit\u00e9 qui est l\u00e0 est sans pesticide. Dans la for\u00eat class\u00e9e o\u00f9 personne ne va faire du riz ou du coton, le karit\u00e9 qui est l\u00e0 est sans pesticide. Il y a des entreprises qui sont sp\u00e9cialis\u00e9es dans la collecte de ces noix pour les transformer et les placer \u00e0 prix d\u2019or sur le march\u00e9 international. Notre agriculture pr\u00e9sente un certain nombre d\u2019atouts. L\u2019ananas dont nous parlions, le \u00ab\u00a0pain de sucre\u00a0\u00bb, est de bonne qualit\u00e9. Il nous faut des professionnels pour nous aider \u00e0 obtenir certaines indications g\u00e9ographiques pour montrer que l\u2019origine de l\u2019ananas \u00ab\u00a0pain de sucre\u00a0\u00bb bien sucr\u00e9 se produit seulement au B\u00e9nin. Mais regardez, quand le fruit est vert, les Europ\u00e9ens ne comprennent pas qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 m\u00fbr. Il nous faut des sp\u00e9cialistes. Aujourd\u2019hui, nous avons plac\u00e9 cet ananas au niveau du march\u00e9 europ\u00e9en et sur d\u2019autres march\u00e9s du monde. Et \u00e7a coule bien. En deux ou trois mois, nous avons export\u00e9 plus de 500 tonnes. Mieux, ce qui nous est arriv\u00e9 il y a deux ans sur l\u2019ananas avec la crise d\u2019\u00e9t\u00e9fon, c\u2019est arriv\u00e9 au Ghana, au Cameroun, \u00e0 la C\u00f4te d\u2019ivoire. Ceux-l\u00e0 qui nous ont pris le march\u00e9. Avec quel \u00e9quipement nous allons transporter ces produits\u00a0? Voil\u00e0 que les cargos n\u2019atterrissent pas facilement ici. Donc, il nous faut travailler durablement sur ces questions pour pouvoir atteindre des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>On va parler de la culture locomotive de notre agriculture, le coton. Aujourd\u2019hui, le B\u00e9nin bombe le torse et dit je suis le premier producteur de l\u2019or blanc en Afrique. Comment avez-vous fait pour atteindre ce niveau\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le B\u00e9nin ne dit pas qu\u2019il est le premier producteur. Le constat a \u00e9t\u00e9 fait que de toutes les productions africaines, la production la plus forte au cours de la campagne derni\u00e8re est celle du B\u00e9nin, 678.000 tonnes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le Mali semble \u00eatre jaloux quand on dit \u00e7a\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Pour le peu que je sache, l\u2019augmentation, l\u2019am\u00e9lioration de nos rendements depuis l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir du pr\u00e9sident Talon passe par l\u2019am\u00e9lioration de nos rendements par unit\u00e9 de surface. Ce n\u2019est pas par l\u2019augmentation des emblavures. Nous \u00e9tions \u00e0 900 kilogrammes \u00e0 l\u2019hectare. En un an, nous sommes pass\u00e9s \u00e0 1100 kilogrammes \u00e0 l\u2019hectare. Puis nous sommes \u00e0 1217 kilogrammes par hectare. Aujourd\u2019hui, nous sommes en train d\u2019aller \u00e0 1250, 1300 kilogrammes \u00e0 l\u2019hectare. Visiblement, dans un an nous irons en moyenne \u00e0 une tonne cinq. On a avanc\u00e9 davantage parce qu\u2019avec le d\u00e9veloppement des autres fili\u00e8res qui permettent aussi aux paysans de gagner de l\u2019argent, nous allons sortir les zones marginales qui ne peuvent pas donner au-del\u00e0 d\u2019une tonne. Puisque nous avons un bouchon de plus important \u00e0 faire sur les zones propices pour le coton. On intensifiera les actions sur les zones riches pour le coton. Comme aujourd\u2019hui, le sahel est \u00e0 deux tonnes \u00e0 l\u2019hectare, on peut avoir le rendement commun. Puisque nos vari\u00e9t\u00e9s telles que c\u2019est s\u00e9lectionn\u00e9 peuvent donner deux tonnes \u00e0 l\u2019hectare, m\u00eame 4 tonnes avec les m\u00eames techniques agro-techniques. Deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment, la SODECO s\u2019est professionnalis\u00e9e en mati\u00e8re de gestion des intrants. A l\u2019heure o\u00f9 je parle, plus de trois bateaux d\u2019intrants engrais coton sont d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9s. Et d\u2019engrais vivriers, on aura encore deux bateaux. Nous produisons du coton. Mais nous produisons aussi du vivrier. Dans l\u2019espace UEMOA, le B\u00e9nin est 2\u00e8 producteur derri\u00e8re la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Ce n\u2019est pas un hasard. Nous avons su associer intelligemment la production du coton et celle des vivriers.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les gens disent que ces engrais d\u00e9truisent notre terre. D\u00e9montrez-nous le contraire, monsieur le ministre<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est du vocabulaire. Si nous prenons les surfaces sur culture au B\u00e9nin et nous regardons r\u00e9solument les quantit\u00e9s d\u2019engrais utilis\u00e9es, on ne fait pas une moyenne de 150 kilogrammes \u00e0 l\u2019hectare sur toutes les cultures. Ailleurs, les gens mettent 300, 400 kg. Comment on peut nous dire que nous d\u00e9truisons nos sols\u00a0? Non\u00a0! Je suis d\u2019accord avec certaines sp\u00e9culations qui ont besoin de la lumi\u00e8re et de l\u2019espace comme le coton. C\u2019est pour cela on dit que les zones cotonni\u00e8res ont d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9. Qu\u2019avons-nous fait\u00a0? Nous avons initi\u00e9, avec l\u2019appui de l\u2019AFD, un projet d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab\u00a0Transition Agro-\u00e9cologique en Zone Cotonni\u00e8re\u00a0\u00bb (TAZCO), qui a mis au point des innovations technologiques pour mieux recycler la terre, maintenir sa fertilit\u00e9. Et c\u2019est l\u2019un des d\u00e9fis que le B\u00e9nin a promis relever. Maintenir la fertilit\u00e9 du sol, lutter contre l\u2019\u00e9rosion en utilisant les plantes de couverture en utilisant les plantes am\u00e9liorantes du sol capables de capter l\u2019oxyg\u00e8ne du sol. Cette technologie permet maintenant de ne plus labourer tous les ans les champs mais de tracer leur ligne de semis. \u00c7a permet aussi de faire des semis en ligne sous couvert v\u00e9g\u00e9tal. La fertilisation se fait \u00e0 bonne date. Ce qui va aussi booster la culture du coton. Et je suis s\u00fbr que le million de tonnes, on l\u2019aura incessamment.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>On l\u2019aura quand\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Attendons qu\u2019on finisse cette campagne, et on vous dira que nous avons franchi le seuil de 700 mille tonnes au moins. Dans un an, on fera encore 850.000 tonnes. Et comme nous savons faire des bonds de 100 ou 150 tonnes, devinez le reste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019en est-il de la production biologique\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui va am\u00e9liorer la production cotonni\u00e8re maintenant, c\u2019est que nous utilisons d\u00e9sormais des semences <strong>\u00ab\u00a0d\u00e9lint\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/strong> Les graines sont travaill\u00e9es pour \u00eatre nues. Sur la peau des graines, il n\u2019y a plus de fibres. Alors, mise en terre, la graine germe automatiquement parce que l\u2019eau du sol rentre en m\u00eame temps, la graine se gonfle au bout de 3, 4 jours et amorce sa germination. Au bout de six jours, la plante s\u2019est d\u00e9j\u00e0 lev\u00e9e. Alors que l\u2019autre, vous devrez mettre plusieurs graines, 6 ou 8 dans le trou. Cela va faire deux jours avant de commencer par sentir l\u2019humidit\u00e9 du sol et engendre un retard dans la germination.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Est-ce qu\u2019on a d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 l\u2019usine de d\u00e9lintage\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Nous l\u2019avons install\u00e9e dans la commune de Bemb\u00e8r\u00e8k\u00e8. Avec \u00e7a, nous utiliserons au plus 10 kg de graines par hectare contre 20 kg que nous utilisons aujourd\u2019hui. C\u2019est des revenus importants que nous captons \u00e0 partir de l\u00e0. Si vous prenez la graine <strong>d\u00e9lint\u00e9e<\/strong>, c\u2019est deux ou trois graines au plus par bouque. Par contre, avec l\u2019autre technologie, il faut mettre six ou huit graines\u00a0et si toutes les 8 graines ont pouss\u00e9 vous devrez enlever 4 graines au moins. En enlevant ainsi vous cr\u00e9ez d\u2019espace sur l\u2019orifice qui capte de l\u2019air chaud et ass\u00e8che autour des racines du plant. Les plantules s\u2019arr\u00eatent dans leur croissance. Vous constatez qu\u2019avec la graine d\u00e9lint\u00e9e, on va r\u00e9duire davantage le cycle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019en est-il du coton bio\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est le coton sans intrant chimique. C\u2019est une question de traitement cotonnier. Au lieu d\u2019utiliser des produits chimiques, on va utiliser peut-\u00eatre des produits de synth\u00e8se. Des produits \u00e0 base de nime, d\u2019insecticide biologique. C\u2019est tout le probl\u00e8me. On continue de produire du coton biologique. Et on continue d\u2019encourager les producteurs \u00e0 le faire. C\u2019est beaucoup plus cher parce que son rendement est tr\u00e8s faible par rapport \u00e0 l\u2019autre. C\u2019est une question de pression parasitaire. Une des rares plantes qui acceptent beaucoup de parasites selon le d\u00e9veloppement de la culture donc les produits de synth\u00e8se que nous allons mettre ne couvrent pas toutes les g\u00e9n\u00e9rations de parasites, ni tous les types de parasites. Nous avons d\u00e9j\u00e0 des rendements d\u2019au moins 400, 500 kg \u00e0 l\u2019hectare. Mais ce qui est bon, il y a des firmes qui ach\u00e8tent tr\u00e8s cher les cotons biologiques. Nous devons encourager les producteurs pour qu\u2019ils s\u2019y adonnent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui est fait en 4 ans pour encourager ces acteurs\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>La m\u00e9canisation de l\u2019agriculture n\u2019est plus aujourd\u2019hui un slogan. Rien que l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, nous avons mis en place 400 kits de tracteurs, en plus de ce que les producteurs ont d\u00e9j\u00e0 achet\u00e9. Nous avons achet\u00e9 les \u00e9quipements pour aplanir la terre et faire des semis en bonnets pour le coton, pour le ma\u00efs, le riz \u00e9galement. L\u2019enjeu ici, c\u2019est de savoir quel type d\u2019\u00e9quipement il faut pour quelle culture. Sur le riz, c\u2019est la m\u00eame chose\u00a0; sur le ma\u00efs, c\u2019est la m\u00eame histoire. Mieux, il n\u2019y a pas que le labour et le semis. Il y a aussi les op\u00e9rations d\u2019entretien v\u00e9g\u00e9tatives et puis la r\u00e9colte et le conditionnement. A part le coton qui est r\u00e9colt\u00e9 strictement \u00e0 la main, le riz est r\u00e9colt\u00e9 avec des batteuses en plus des moissonneuses qui viennent battre maintenant et emporter les plants pour le s\u00e9chage.<\/p>\n<p>Nous avons mis en place l\u2019Agence Nationale de la M\u00e9canisation qui a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e cette ann\u00e9e \u00e0 hauteur de 800 millions FCFA pour essayer premi\u00e8rement d\u2019acqu\u00e9rir des \u00e9quipements compl\u00e9mentaires \u00e0 ceux que nous avions. Nous avons d\u00e9j\u00e0 mis en place trois camions attel\u00e9s qui disposent de tous les \u00e9quipements de r\u00e9paration. Les \u00e9quipes de m\u00e9caniciens sont en train d\u2019\u00eatre constitu\u00e9es pour rentrer dans les grands bassins que nous avons. Les engins en nombre important pour intervenir, les pr\u00e9parer pour la saison. Nous avons fait des formations pour les tractoristes. Puis nous sommes en train d\u2019aller vers la formation des propri\u00e9taires d\u2019engins pour une exploitation plus judicieuse de ces \u00e9quipements-l\u00e0.<\/p>\n<p><strong>Parlons aussi de l\u2019igname avant d\u2019aborder l\u2019\u00e9levage et la p\u00eache\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Je voudrais surtout que vous remarquiez qu\u2019au B\u00e9nin, depuis deux ans au moins, dans les maquis des grandes villes, vous avez l\u2019igname pil\u00e9e du 1<sup>er<\/sup> janvier au 31 d\u00e9cembre. Cela veut dire qu\u2019il y a plus de disponibilit\u00e9. Nous avons tenu compte des technologies endog\u00e8nes de conservation de l\u2019igname pour que l\u2019igname reste encore en bonne qualit\u00e9 pour \u00eatre pil\u00e9e. C\u2019est tr\u00e8s fort. Au march\u00e9, il y a des syst\u00e8mes d\u2019alignement en cercle pour conserver les tubercules, pour qu\u2019ils ne soient pas bless\u00e9s afin de pourrir tr\u00e8s vite dans les m\u00e9nages. Mais l\u2019autre question c\u2019est qu\u2019il y a des vari\u00e9t\u00e9s qui sont tardives, qui r\u00e9sistent au temps, \u00e0 la s\u00e8cheresse. Et ces vari\u00e9t\u00e9s-l\u00e0 vous les trouvez dans les r\u00e9gions des Collines, dans la Donga pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Copargo, Djougou et un peu vers Tchaourou.<\/p>\n<p><strong>L\u2019igname, c\u2019est aussi une sp\u00e9culation qui d\u00e9vaste les for\u00eats. Qu\u2019est-ce qui est fait\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons des technologies aussi simples aujourd\u2019hui pour tutoyer l\u2019igname avec des plants vivants. On met des tuteurs vivants qu\u2019on peut couper. Les plantes qui ont une croissance tr\u00e8s rapide qu\u2019on peut couper pour mettre de la lumi\u00e8re sur les parcelles. Mais aussi, vous savez, il y a les technologies li\u00e9es \u00e0 la rotation. D\u00e8s que vous finissez de faire l\u2019igname, le coton comme le ma\u00efs passe tr\u00e8s bien. Le soja peut passer, l\u2019arachide apr\u00e8s. Mais sur une ancienne parcelle sur laquelle vous mettez un peu de <strong>moucounan<\/strong> ou de plantes fertilisantes, si vous revenez planter l\u2019igname \u00e7a marche. On fait simplement comme t\u00eate d\u2019achoppement. Ici, on peut revenir sur l\u2019ancienne parcelle et produire de l\u2019igname de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9, ce qu\u2019il y a de nouveau dans notre agro technique aujourd\u2019hui. Dans l\u2019agro technique de l\u2019igname, le facteur limitant c\u2019est les \u00ab\u00a0semenceaux\u00a0\u00bb d\u2019igname. Aujourd\u2019hui, il y en a qui sont sp\u00e9cialis\u00e9s dans la production des \u00ab\u00a0semenceaux\u00a0\u00bb d\u2019igname. Avec des technologies de mini fragment, ils sont vite germ\u00e9s et mis en terre, on assure l\u2019entretien v\u00e9g\u00e9tatif. C\u2019est suffisant pour aller alimenter une bute l\u2019ann\u00e9e prochaine. De cette fa\u00e7on, vous risquez de perdre 25 \u00e0 30% de la production, le paysan peut vendre all\u00e8grement ce qu\u2019il a sem\u00e9 et trier les petites bulles pour produire des semences.<\/p>\n<p><strong>Monsieur le ministre, on vient maintenant sur le lac Ah\u00e9m\u00e9. Le lac qui, entre temps, pourrissait d\u2019engins prohib\u00e9s. Aujourd\u2019hui, vous avez fait une action salvatrice qui permet \u00e0 ce lac de respirer. Ils sont encore de retour sur le plan d\u2019eau\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes tr\u00e8s t\u00eatus. Mais les comportements vertueux vont commencer par s\u2019installer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Et Comment\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Par la persuasion des femmes de nos m\u00e9nages qui, apr\u00e8s avoir d\u00e9guerpi tous ces engins prohib\u00e9s, ont captur\u00e9 des poissons de mer, des crabes et des crevettes. Elles vont nous aider \u00e0 faire le combat contre les pollueurs.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Est-ce qu\u2019il ne faut pas aller aux sanctions\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Nous allons vraiment mettre de la p\u00e9dagogie. Aujourd\u2019hui, il est retenu qu\u2019il faut aller \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une brigade de surveillance de ces plans d\u2019eau. \u00c7a n\u2019existait pas. Et pour le moment, nous utilisons la police fluviale pour faire des interventions sporadiques. Au niveau de nos directions d\u00e9partementales, les techniciens charg\u00e9s de faire ce suivi aquacole ont re\u00e7u un minimum de financement pour intervenir et cr\u00e9er la force de gendarme. Apr\u00e8s les brigades, nous allons proc\u00e9der \u00e0 la mise en place d\u2019un programme d\u2019assainissement coh\u00e9rent surtout pour le lac Ah\u00e9m\u00e9 avec l\u2019association pour le d\u00e9veloppement du lac Ah\u00e9m\u00e9, avec les communaut\u00e9s pour que nous puissions avoir des zones de navigation l\u00e0 o\u00f9 on peut produire de poisson, l\u00e0 o\u00f9 on peut avoir acc\u00e8s facile aux sites touristiques et autres.<\/p>\n<p>Mais s\u2019agissant de l\u2019aquaculture, nous ne sommes pas arr\u00eat\u00e9s l\u00e0. Il y a une politique responsable qui a \u00e9t\u00e9 mise en place pour aborder la question des alevins. Quelle qualit\u00e9 d\u2019alevins nous avons\u00a0? Si la qualit\u00e9 que nous avons ne peut grossir en quatre mois, le pisciculteur perd de l\u2019argent. Jusque-l\u00e0 les alevins dont nous disposons ont vieilli. Nous avons deux producteurs de g\u00e9niteurs qui y travaillent. Il faudrait que chacun puisse avoir disons 40.000 g\u00e9niteurs pour nous permettre de les utiliser p\u00e9riodiquement, de mani\u00e8re alternative. En ce moment, nous avons des alevins de tr\u00e8s grandes qualit\u00e9s pour les grossir en cinq mois maximum. L\u2019aliment du poisson c\u2019est le b\u00e2t qui blesse l\u2019aquaculture. 65% des d\u00e9penses vont vers l\u2019aliment. Nous importons tout. C\u2019est vrai qu\u2019il y a les technologies que nous allons d\u00e9velopper ce jour pour apprendre aux gens \u00e0 produire avec des formules vari\u00e9es. Si certains aquaculteurs arrivent \u00e0 le faire, c\u2019est bien. Mais nous avons donn\u00e9 l\u2019autorisation \u00e0 un entrepreneur pour installer une usine d\u2019aliment de poisson \u00e0 Dangbo. Lorsque cette usine va commencer par travailler, nous allons voir le prix de l\u2019aliment \u00e0 la baisse puisqu\u2019on va soutenir l\u2019exploitation. Et en ce moment, on ne nous vendra plus le poisson \u00e0 2100 le kg. On pourra m\u00eame l\u2019acheter \u00e0 1000 ou 1500 francs CFA maximum.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment important, il faut fixer les gens \u00e0 l\u2019activit\u00e9 qui leur donne les raisons d\u2019exister. L\u2019an dernier, nous avions cr\u00e9\u00e9 un village aquacole \u00e0 Ouando Tokpa dans la vall\u00e9e de l\u2019Ou\u00e9m\u00e9 o\u00f9 nous disposons de 10 hectares. Nous avons travaill\u00e9 sur plus de 4 \u00e0 5 hectares. L\u2019alimentation de poisson se fait \u00e9galement l\u00e0-bas. L\u2019ann\u00e9e en cours, nous avons act\u00e9 d\u2019installer deux autres villages aquacoles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Est-ce qu\u2019on pourra atteindre les 20 mille tonnes de poisson\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>De toutes les fa\u00e7ons, les statistiques du moment rassurent. L\u2019aquaculture nous donne d\u00e9j\u00e0 8 \u00e0 9 mille tonnes par rapport \u00e0 tout ce que nous avons enregistr\u00e9 comme chiffres il y a trois ans.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>On fait quoi sur le lac Nokou\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il est ouvert. Il est diff\u00e9rent du lac Ah\u00e9m\u00e9. Au jour d\u2019aujourd\u2019hui, le gouvernement a mis en place un dispositif d\u2019assainissement des berges depuis la lagune de Cotonou, et on va continuer pour \u00e9viter que les gens y d\u00e9versent \u00e0 nouveau les d\u00e9chets. Nous avons ouvert le chenal ici, apr\u00e8s le premier pont. Nous avons fait sortir pr\u00e8s de 3500 engins prohib\u00e9s. Et les poissons migrent all\u00e8grement. Maintenant nous allons faire le plan d\u2019occupation du lac Nokou\u00e9\u00a0: L\u00e0 o\u00f9 on peut mettre les acadja et autres engins\u00a0; L\u00e0 o\u00f9 on va laisser passer les bateaux mouches et l\u00e0 o\u00f9 on peut acc\u00e9der \u00e0 des sites touristiques qui sont des destinations importantes pour gagner de l\u2019argent au niveau de ces plans d\u2019eau. Mieux, il y a aussi les techniques de gestion de la jacinthe d\u2019eau pour assainir ce cadre de vie. Et que les gens qui habitent l\u00e0 vivent de leurs activit\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Alors monsieur le ministre, on nous reproche souvent d\u2019importer du poisson alors que nous sommes un pays c\u00f4tier. Est-ce que vous avez espoir qu\u2019un jour vous allez pouvoir inverser la tendance\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Nous allons inverser la tendance afin de r\u00e9duire sensiblement les importations de poisson. Il va \u00eatre important aussi d\u2019encourager nos pisciculteurs \u00e0 avoir des cycles de production plus courts et on pourra acheter chez eux des poissons de 300 grammes. C\u2019est faisable en trois mois. Avec de bons \u00e9leveurs, on peut le faire. On commence par avoir un cycle assez rapide de gestion de leur p\u00eacherie. La deuxi\u00e8me chose est sur la p\u00eache maritime.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les gens viennent p\u00eacher dans nos eaux alors que nous en avons besoin<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Nous distinguerons deux types de p\u00eaches maritimes. Il y a la p\u00eache maritime industrielle et la perche maritime artisanale. La p\u00eache maritime artisanale, elle seule, peut nous produire d\u00e9j\u00e0 plus de 60 mille de tonnes de poissons. Mais le gap est l\u00e0. Que ferons-nous\u00a0? Nous projetons de construire des embarcad\u00e8res et d\u00e9barcad\u00e8res au moins \u00e0 trois niveaux de la c\u00f4te pour permettre aux p\u00e9cheurs de venir accoster, traiter leurs bateaux, leurs filets et repartir. Les embarcad\u00e8res nouveaux seront mis \u00e0 disposition des p\u00eacheurs. Les p\u00eacheurs seront dot\u00e9s d\u2019un syst\u00e8me de tracking pour qu\u2019en mer s\u2019il y a un probl\u00e8me nous puissions leur porter secours. C\u2019est d\u2019abord \u00e7a que nous pouvons faire pour augmenter les chances de capter ce que la nature nous donne gratuitement comme richesse. Par contre, nous sommes dans une recherche positive, r\u00e9gionale, o\u00f9 nous voulons nous disposer d\u2019une p\u00e9riode VSM pour faire l\u2019observation et voir les bateaux qui p\u00eachent de fa\u00e7on illicite sur nos c\u00f4tes. Mieux, je pense que progressivement nous allons vers des coop\u00e9rations techniques qui nous permettraient de disposer ne serait-ce que d\u2019engins d\u2019\u00e9tude et de surveillance pour que nos techniciens, nos inspecteurs puissent aller au fond de la mer et assurer la surveillance sur 125 km d\u2019au moins.<\/p>\n<p><strong>Comment se porte v\u00e9ritablement le sous-secteur de l\u2019\u00e9levage\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le secteur \u00e9levage renait tr\u00e8s bien de ses cendres. Les derni\u00e8res statistiques, \u00e0 partir du dernier recensement de l\u2019agriculture, nous r\u00e9v\u00e8lent 2 millions cinq cent mille tonnes de bovins et 3 millions deux cent mille tonnes de bovins et de caprins. Premi\u00e8re chose, l\u00e0-dessus, il y a des actions d\u2019importance qui se m\u00e8nent en termes de sant\u00e9 animale. La syst\u00e9matisation des vaccinations. Il y a des actions qui se m\u00e8nent en termes de productivit\u00e9 \u00e0 partir des ins\u00e9minations artificielles. Nous avons un centre d\u2019ins\u00e9mination artificielle bien \u00e9quip\u00e9. Avec cette pratique, on va am\u00e9liorer la productivit\u00e9 en viande et en lait. Ce qui est bon de noter ici, les pays qui avancent dans cette technologie n\u2019ont pas eu les r\u00e9sultats que nous avons eus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pourquoi\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Les jeunes ont appris le m\u00e9tier et l\u2019ont pratiqu\u00e9. Nous avons des scores de 80% de r\u00e9ussite. Ils sont 40 ins\u00e9minateurs form\u00e9s pour mener cette op\u00e9ration. Dans le m\u00eame secteur, nous avons rapproch\u00e9 les services de v\u00e9t\u00e9rinaires des \u00e9leveurs. Ainsi, nous avons install\u00e9 et autoris\u00e9 44 v\u00e9t\u00e9rinaires en client\u00e8le priv\u00e9e pour renforcer le dispositif public. Aujourd\u2019hui, nous avons d\u00e9marr\u00e9 la construction du march\u00e9 \u00e0 b\u00e9tail de Z\u00e8\u00a0pour mettre de l\u2019ordre dans la commercialisation des b\u0153ufs au sud du B\u00e9nin. Nous avons aussi renforc\u00e9 les march\u00e9s \u00e0 b\u00e9tail de Banikoara, de Siki dans la commune Sinend\u00e9. Nous avons pu proscrire la transhumance interne et surtout la transhumance transfrontali\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019autre programme phare qui vient compenser la lutte contre la transhumance, c\u2019est la s\u00e9dentarisation des troupeaux \u00e0 travers les cultures fourrag\u00e8res. Les animaux sont appel\u00e9s \u00e0 brouter sur place. Ils ne bougent donc pas. Cette forme d\u2019\u00e9levage permet de gagner en poids par jour et s\u00e9curisent le troupeau. Beaucoup d\u2019\u00e9leveurs disposent d\u00e9j\u00e0 de leurs champs fourragers sur plusieurs hectares. L\u2019exp\u00e9rience sera progressivement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Nous avons d\u00e9j\u00e0 des appuis financiers dans ce sens. A terme, nous ambitionnons de confiner les troupeaux par commune. Les b\u00eates seront identifiables par commune si bien que des troupeaux d\u2019une commune ne peuvent aller dans une autre commune. Mais ce que j\u2019ai promis, on l\u2019a d\u00e9j\u00e0. C\u2019est de pasteuriser le bloc en faisant des plants de s\u00e9paration, en regarnissant le champ pour cr\u00e9er de <strong>Panicocekira<\/strong> des plantes qui produisent plus de l\u00e9gumineuse. Nous avons commenc\u00e9. Pendant cette nouvelle saison de pluie, on va densifier cela. Il y a deux planteurs dans la commune de Bassila qui ont 25 hectares d\u2019un seul tenant face \u00e0 un certain projet de s\u00e9dentarisation qui consiste premi\u00e8rement \u00e0 s\u00e9curiser un certain nombre de terre. Nous aurons \u00e0 mettre en place un village d\u2019\u00e9leveurs de mille hectares dans les environs de Gogounou. Les prospections sont en cours o\u00f9 on va am\u00e9nager par dizaine d\u2019hectares, installer des volontaires d\u2019\u00e9leveurs. Nous allons les accompagner. On met les forages pour les besoins d\u2019eaux.<\/p>\n<p><strong>Que deviendront ceux qui vivent de la transhumance\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019on gagne \u00e0 faire d\u00e9placer les animaux sur de tr\u00e8s longues distances\u00a0? Au contraire, ils viennent fatigu\u00e9s et perdent presque tout ce qu\u2019ils ont mang\u00e9. C\u2019est peut-\u00eatre un mode de vie pour certaines communaut\u00e9s. Mais il faut que \u00e7a change.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019avez-vous \u00e0 dire \u00e0 la population parce que c\u2019est l\u2019heure de la moisson\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons parl\u00e9 du couvert v\u00e9g\u00e9tal, de la production halieutique et animale, mais il y a des questions transversales qui aujourd\u2019hui doivent \u00eatre vues. L\u2019irrigation de l\u2019agriculture, les techniques de production intensive. La m\u00e9canisation, on en a parl\u00e9 tr\u00e8s rapidement. Mais il y a la digitalisation dans l\u2019agriculture parce que c\u2019est le secteur qui va le plus consommer les produits de la digitalisation des agents de la plateforme qui pourra r\u00e9f\u00e9rencer les terres pleins. Nous allons faire la cartographie de tous les exploitants de fili\u00e8re ananas dans les quatre zones productrices. Et, nous sommes en train de faire le recensement des maraichers sous forme de tracking qui permet de les suivre dans 25 communes identifi\u00e9es. La deuxi\u00e8me chose avec la digitalisation, nous allons \u00e0 une meilleure approche de conseils agricoles. Nous avons \u00e9quip\u00e9 des agents avec des portables, aliment\u00e9s par l\u2019\u00e9nergie solaire, pour d\u00e9rouler ces bandes-l\u00e0 dans les villages. De l\u2019animation pour permettre de faire le changement de comportement. Une chose dont on r\u00eave existe aujourd\u2019hui, la finance digitale apr\u00e8s tout. Nous avons pris l\u2019exemple sur les producteurs du riz qui sont traqu\u00e9s et on a activ\u00e9 le porte-monnaie \u00e9lectronique. S\u2019il faut commander, c\u2019est \u00e0 travers ce dispositif de smartphone. S\u2019ils ont des produits \u00e0 placer qu\u2019ils nous le disent en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>Nous avons dans cinq communes comme Cov\u00e8, Zagnanado, Grand-Popo mis en place un dispositif qui impacte au moins trois \u00e0 cinq riziculteurs.<\/p>\n<p>Sur l\u2019agriculture, nous devons pouvoir \u00eatre fiers de notre pays. Etre au moins fier de notre gouvernement. Le gouvernement est arriv\u00e9 \u00e0 donner \u00e0 chaque terroir la capacit\u00e9 de r\u00e9v\u00e9ler son potentiel. On ne peut tout faire \u00e0 la fois. Les zones qui peuvent produire le mieux telle ou telle sp\u00e9culation le feront. Et les acteurs commerciaux vont assurer les \u00e9changes entre les diff\u00e9rentes r\u00e9gions. C\u2019est un travail \u00e0 la chaine.<\/p>\n<p>La transformation agroalimentaire aujourd\u2019hui est un imp\u00e9ratif. Nous devons apporter de la valeur ajout\u00e9e. Les interprofessions agricoles, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9. Mais le syst\u00e8me cross storing autour des agriculteurs pour les impacter, est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9. Je voudrais que nous puissions nous faire confiance mutuellement. Chacun se professionnalise dans un domaine et la suite on reprend. En chaine, nous cr\u00e9erons de la valeur ajout\u00e9e. Je crois que le B\u00e9nin gagnera et le B\u00e9ninois pourra manger \u00e0 sa faim.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Le 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 2020. Ce sera le 60\u00e8 anniversaire de notre ind\u00e9pendance. Je voudrais motiver tous les producteurs \u00e0 tenir compte de cette date pour que le plat de ce jour-l\u00e0 soit made in B\u00e9nin. <\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Journaliste\u00a0: Monsieur le ministre, merci d\u2019accepter de nous faire le bilan de vos actions. 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