Des faits d’accusation d’escroquerie présumée en bande organisée, le président de la Fondation Œcuménique pour la Paix en Afrique (FOPA), Gilbert Dakè Abiakou Djokess Kpotokan II, a été interpellé depuis le mardi 1er septembre 2026 à Cotonou par les éléments de la Brigade économique et financière (BEF). L’affaire fait suite à une plainte déposée contre lui et plusieurs autres personnes, accusées d’avoir soutiré plusieurs dizaines de millions de FCFA à une victime en lui promettant notamment une nomination comme membre du gouvernement.
L’interpellation est intervenue en milieu de journée devant les locaux du bureau de Gilbert Dakè Djokess Kpotokan II, à Sikecodji dans la ville de Cotonou. Quelques instants auparavant, un agent de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP), identifié comme David Zoutougou avait également été interpellé dans son bureau pour les mêmes faits présumés.
Une promesse de nomination au gouvernement
Selon les informations exclusives recueillies par le département enquête et investigation (DEI) du Groupe de presse Le Potentiel, l’affaire remonterait à plusieurs semaines. La plainte aurait été introduite entre fin juillet et début août 2026, après plusieurs démarches restées sans suite.
Au cœur du dossier figure une promesse qui aurait été faite à la victime, obtenir une nomination à un poste de responsabilité dans l’administration publique, avec en perspective une entrée au gouvernement.
David Zotogo aurait joué un rôle dans la mise en relation de la victime avec Gilbert Dakè Djokess Kpotokan II, qu’il connaissait depuis plusieurs années. Pour convaincre son interlocuteur de la réalité de ses relations, l’agent de l’ANIP aurait notamment fait état de sa proximité avec le fils de l’ancien président de la République, aujourd’hui président du Sénat, et aurait montré des photographies prises avec ce dernier.
Selon les mêmes sources, cette relation aurait contribué à convaincre la victime de la capacité des mis en cause à faciliter sa nomination.
Des dizaines de millions de FCFA en jeu
Dans le cadre de cette opération présumée, plusieurs dizaines de millions de FCFA auraient été remis aux personnes mises en cause. En contrepartie, la victime aurait reçu l’assurance d’obtenir un poste nominatif, notamment celui de ministre.
La promesse aurait été maintenue au fil des changements politiques intervenus en 2026. A l’approche de la fin du régime du président Patrice Talon et avant la constitution du premier gouvernement dirigé par Romuald Wadagni, la victime aurait encore été rassurée sur sa prochaine nomination au gouvernement.
Mais la formation de la nouvelle équipe gouvernementale n’a pas consacré la nomination annoncée. Face à l’absence de résultat et après plusieurs attentes, la victime aurait finalement entrepris des démarches pour récupérer les sommes versées.

C’est dans ce contexte que la plainte a été déposée et que l’enquête de la BEF a été ouverte.
Une enquête qui s’élargit
Placés en garde à vue à la BEF, Gilbert Dakè Djokess Kpotokan II et David Zotogo devraient être entendus sur leur rôle respectif dans cette affaire. D’autres personnes seraient également recherchées dans le cadre de l’enquête et se trouveraient actuellement en fuite.
Au terme des investigations, les personnes retenues dans la procédure pourraient être présentées au procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), selon l’évolution du dossier.
A ce stade, les faits demeurent présumés et les personnes interpellées bénéficient de la présomption d’innocence. Leur responsabilité pénale ne pourra être établie qu’à l’issue de la procédure judiciaire.
Une figure connue du milieu associatif
Gilbert Dakè Abiakou Djokess Kpotokan II est le président de la Fondation Œcuménique pour la Paix en Afrique (FOPA), une organisation panafricaine active au Bénin dans la promotion du dialogue interreligieux, de la cohésion sociale et de la paix.
Son interpellation dans cette affaire d’escroquerie présumée en bande organisée donne donc une dimension particulière au dossier, compte tenu de sa visibilité dans le milieu associatif et des fonctions qu’il exerce.
L’enquête de la BEF devra désormais déterminer la nature exacte des engagements pris, la destination des fonds versés et le rôle de chacun des protagonistes dans les faits dénoncés.
Joseph Sossou





















































