Plusieurs usagers de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) font état de dysfonctionnements administratifs qui affectent directement leurs démarches, qu’il s’agisse de la déclaration de naissance de leurs enfants ou de leur propre inscription au Registre national des personnes physiques (RNPP). Cette remontée d’information se faisait avec insistance par plusieurs béninois depuis quelques mois. Pas de jour sans que le département enquête et investigation ( DEI) du groupe de presse Le Potentiel ne soit alerté sur des difficultés mal vécues par les usagers qui croyaient pourtant que les lourds investissements du gouvernement les mettrait à l’abri des casse-têtes. Un cas illustre assez bien les erreurs imputable au système de l’Anip. Le Dei a pu consulter le dossier d’un nouveau-né déclaré à la formation sanitaire de Kaki-Koka, dans la commune de Tchaourou. Sur le formulaire d’inscription au RNPP rempli à la formation sanitaire, la date de naissance de l’enfant est enregistrée au 15 septembre 2025. Or, l’acte de naissance sécurisé délivré par la suite mentionne une date différente. Le même enfant serait finalement né le 15 novembre 2025, soit un écart de deux mois entre les deux documents relatifs au même enfant. Selon les informations recueillies, cette discordance ne serait pas un cas isolé. Elle s’expliquerait par les ruptures fréquentes de stock de formulaires de déclaration de naissance dans certaines formations sanitaires, ainsi que par des dysfonctionnements récurrents de la plateforme électronique de déclaration. Pour éviter qu’une déclaration ne soit considérée comme tardive, le délai légal étant de trente jours après la naissance, certains agents procéderaient à l’enregistrement d’une date de naissance différente de la date réelle, de manière à ramener l’intervalle entre naissance et déclaration en deçà de ce délai. Une pratique qui, si elle se confirme, aurait pour conséquence de modifier l’âge réel de l’enfant sur ses documents d’identité. Ces erreurs notoires alimentent des débats et plongent les usagers dans le supplice. Un second dysfonctionnement concerne des usagers, enfants comme adultes, qui n’ont pas pu être enrôlés au Ravip faute de disposer des documents requis. Depuis la réforme de l’état civil au Bénin, ces personnes doivent d’abord obtenir auprès de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) un certificat de non-inscription au RNPP, préalable indispensable pour solliciter ensuite auprès du juge une autorisation d’enrôlement. Plusieurs personnes que notre rédaction a pu joindre affirment avoir déposé une telle demande depuis près de deux ans, sans avoir reçu à ce jour de réponse, malgré plusieurs relances auprès des services concernés. Une situation qui les maintient dans une forme d’incertitude administrative, sans document d’identité en règle. Dans les deux cas, ce sont des données de plusieurs citoyens qui sont biaisées ou non prises en compte dans le registre de l’état civil au Bénin. Cet état de chose produit non seulement des effets néfastes sur les personnes concernées mais aussi assure sans nul doute une fausse base au système d’état civil. C’est de loin, la vision de l’exécutif béninois qui s’est attelé à injecter des fonds conséquents pour la modernisation de l’État civil. Le Département enquête et investigation (Dei) du Groupe de presse Le Potentiel a par ailleurs été saisi de plusieurs irrégularités similaires aux deux cas palpables exposés dans cet article. Fidèle à sa mission, le Dei a ouvert une enquête journalistique sur le fonctionnement de la chaîne de déclaration et d’identification des personnes. Avec ce travail en cours, le Dei devrait mettre sous projecteur d’autres facettes de la manifestation de ces dysfonctionnements et des effets produits prochainement avec d’autres articles. Les
lecteurs ont juste à prendre rendez-vous dans nos prochaines parutions pour la suite de ce dossier. À suivre…






















































