Face à la résurgence de l’exploitation illégale des carrières et aux stratégies de contournement des exploitants clandestins, la brigade mixte de contrôle a effectué une descente musclée ce samedi 26 septembre 2026 dans le département. Dêdêgnon Bienvenu Milohin, préfet du département du Mono, promet une lutte sans merci et pointe du doigt la responsabilité des élus locaux et des parents.
La lutte contre l’exploitation illégale des carrières dans le département du Mono connaît un nouveau tournant. Sur instruction du préfet Dêdêgnon Bienvenu Milohin, la brigade mixte de contrôle a déployé ses équipes sur le terrain pour une opération de vérification et de répression. Une sortie qui intervient dans un contexte de regain d’activités clandestines, malgré les multiples mises en garde des autorités. L’autorité préfectorale n’a pas caché sa déception face à la persistance du phénomène. « Depuis 2021, nous menons cette lutte. À un moment, nous avons cru que les exploitants étaient rentrés dans les rangs. Mais depuis quelques semaines, nous notons une recrudescence des dénonciations », a-t-il déclaré. La descente a révélé un niveau de préméditation inquiétant de la part des contrevenants. Des exploitants illégaux ont érigé des barricades et tendu des embuscades pour entraver le passage des autorités. « Cela témoigne de leur détermination à poursuivre dans l’illégalité, mais nous restons engagés : tant qu’il y aura une seule carrière illégale dans le département, la lutte ne saurait être déclarée gagnée », a martelé le préfet.
Au-delà de la répression, le préfet Milohin a tenu à réaffirmer la responsabilité des élus locaux et des populations dans cette lutte. « Le premier appel, c’est de remettre ces acteurs devant leurs responsabilités. La lutte contre l’exploitation illégale des carrières, c’est d’abord leur lutte, ce n’est pas la lutte du préfet », a-t-il insisté. Il a rappelé que les carrières légalement exploitées créent de l’emploi, de la richesse pour les communes et obligent les exploitants à restaurer les sites après exploitation. « Mais une fois que c’est dans l’illégalité, ces carrières deviennent des trous à mort », a-t-il averti, faisant référence aux drames passés dans le département. Le préfet s’est également adressé aux chefs de village, « premiers combattants de cette lutte », selon lui : « Personne ne peut rentrer dans un village pour installer une carrière sans que le chef de village ne soit informé. C’est à eux de vérifier si l’exploitant a l’autorisation et, le cas échéant, de le dénoncer. »
Alors que les exploitants illégaux ne cessent d’innover pour contourner les mesures, le préfet Milohin a prévenu : « Nous avons été agréablement surpris de savoir qu’ils font preuve d’intelligence pour contourner toutes les dispositions que nous avons prises. Le reste, vous allez constater à la prochaine descente. » Le préfet Milohin lance un appel solennel à une prise de conscience collective: « Cette lutte appelle tout un chacun à jouer sa partition, du sommet jusqu’à la base. Demain, lorsque l’État voudra construire des infrastructures socio-communautaires dans certains villages, nous ne pourrons même pas trouver un hectare. Or nous avons laissé prospérer des pratiques qui ont pris toutes les terres utilisables pour bâtir des infrastructures profitables à tous. »
Des autorisations en souffrance, le ministre à l’écoute

Interrogé sur la question des autorisations d’exploitation arrivées à terme et dont le renouvellement traîne, le préfet Milohin a tenu à rassurer. « Mon engagement est sans faille. Cette semaine, j’ai eu la chance d’être reçu par le ministre de l’Eau et des Mines pour lui poser cette problématique exactement comme je l’ai fait il y a 5 ans. Il a pris l’engagement de me soutenir. Avant de lutter contre les carrières illégales, il faut des carrières légales. Il m’a promis de faire de son mieux pour nous donner la matière pour avancer. »
Le directeur départemental de l’eau , de l’énergie et des mines du Mono, Edid Amouzounvi a abondé dans le même sens, appelant les artisans miniers à faire confiance à l’administration. « Nous plaidons pour que les dossiers qui sont dans le pipe puissent sortir et permettre à ces artisans qui mènent des démarches pour être autorisés à travailler dans la légalité. Dans ce cas, la brigade mixte de contrôle n’aura plus trop de travail à faire. »
Notonos que le préfet a déploré la rétention des informations relatives à ertaines mesures sociales et d’insertion des jeunes notamment le projet Azôli.
La détermination affichée par les autorités départementales et la coordination avec le niveau central laissent entrevoir une intensification des opérations dans les semaines à venir. Les exploitants illégaux sont prévenus : la traque ne fait que commencer.
Aristide Agbonagban
























































