Christian Migan, coordonnateur chargé de la prise en charge du patrimoine et de la liquidation des engagements de la Commission électorale nationale autonome (CENA), a rencontré, ce mardi 29 septembre 2026, l’ensemble du personnel de l’institution, au siège de la CENA, à l’ex-Infosec. Devant les agents, il a présenté un rapport d’étape sur l’avancement de sa mission, avec pour objectif d’échanger avec le personnel et de faire le point sur ce qui a été accompli depuis que la liquidation lui a été confiée. L’action du coordonnateur s’inscrit dans un cadre fixé par la loi et deux décrets. Au cours de la rencontre, le coordonnateur a d’abord rappelé le cadre réglementaire de sa mission, fixé notamment par la loi de 2026, complétée par deux décrets : le décret n°2026-456, relatif à la liquidation des engagements de la CENA, et le décret n°2026-457, relatif à la prise en charge du patrimoine de l’institution. Il a indiqué avoir multiplié, depuis sa prise de fonction, les échanges avec le directeur général des élections (DGE), les directeurs techniques (DT) et les membres du Conseil électoral (CE), tout en menant un travail approfondi avec le directeur des affaires financières (DAF) et ses collaborateurs pour établir la situation exacte de l’institution.

Plus de 900 millions de francs CFA de marchés sans contrat
Le point le plus préoccupant du rapport d’étape porte sur l’état des engagements financiers de la CENA. En l’absence de tout logiciel comptable au sein de l’institution, le coordonnateur a expliqué avoir dû reconstituer, charge après charge, l’ensemble des engagements de la CENA arrêtés à la date du 22 juillet 2026. Ce travail s’est avéré plus difficile dans un contexte où de nouvelles charges continuent d’être découvertes, jusqu’à ce mardi 29 septembre 2026, jour de la rencontre. Cette réalité décrite par le coordonnateur a retenu les attentions. Au terme de ce travail de recensement, le coordonnateur a fait état de 1,5 milliard de francs CFA de marchés identifiés à la CENA, dont plus de 900 millions de francs CFA correspondant à des prestations exécutées sans contrat, et qui n’ont jamais été validées par le contrôleur financier (CF). Un volume de dépenses irrégulières que Christian Migan a jugé nécessaire de porter à la connaissance de l’ensemble du personnel. Le coordonnateur a par ailleurs tenu à préciser les limites de son mandat. Selon Christian Migan, il ne peut prendre aucune décision de son propre chef sur ces dossiers. Chaque arbitrage relève de l’autorité qui lui a confié la mission de liquidation.
Une soixantaine d’agents dans la balance
Sur le volet social, le coordonnateur a détaillé la situation du personnel concerné par la liquidation, soit environ 70 personnes au total. Au niveau du Conseil électoral (CE), 33 agents sont recensés dont les conseillers, les assistants, les chauffeurs, les gardes du corps et le personnel de maison. Au niveau de la direction générale des élections (DGE), 40 agents sont concernés, dont 16 agents de l’État (AE) et 24 personnes sans statut ni contrat, dont l’ancienneté va de 5 ans à plus de 10 ans de service. Concernant le sort du personnel, le coordonnateur a annoncé que les agents de l’État seront remis à la disposition de la fonction publique, conformément aux textes en vigueur. Pour les agents sans statut ni contrat, en revanche, un licenciement économique sera engagé, sur la base d’un calcul de leurs droits arrêté au 22 juillet 2026. Quant aux fonctionnaires actuellement en détachement à la CENA, au nombre de 16, il sera mis fin à leur détachement, avec calcul de leurs droits. À ce sujet, une information individuelle leur sera communiquée, et le ministère de tutelle dont ils dépendent sera informé de leur retour. Le coordonnateur a également évoqué la possibilité de bénéficier, en cas de besoin, d’une mise à disposition d’agents pour l’accompagner dans la suite de sa mission. Un processus est déjà engagé à cet effet. Christian Migan a enfin rappelé que sa mission de coordonnateur chargé de la liquidation des engagements et de la prise en charge du patrimoine de la CENA prendra fin le 31 octobre 2026, délai dans lequel il devra boucler l’ensemble des opérations engagées depuis sa nomination. A suivre
























































