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Cameroun : 50 féminicides enregistrés en quatre mois, un projet de loi réclamé

Cameroun : 50 féminicides enregistrés en quatre mois, un projet de loi réclamé

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📍Une institutrice battue à mort à Yaoundé

Le Cameroun a enregistré 50 féminicides entre janvier et avril 2026, selon les chiffres officiels cités par le ministère de la Promotion de la femme et de la famille. Face à la multiplication des meurtres de femmes, les organisations de la société civile intensifient leur mobilisation et réclament un cadre juridique spécifique pour mieux lutter contre ces violences. Un projet de loi, annoncé comme consensuel, pourrait être soumis au Parlement lors de la session de novembre 2026.

Les chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène. Après 67 cas recensés en 2024 et 77 en 2025, les 50 féminicides enregistrés au cours des quatre premiers mois de 2026 ravivent les inquiétudes des associations de défense des droits des femmes. Ces dernières dénoncent notamment la persistance des violences conjugales et le sentiment d’impunité qui, selon elles, favorise leur répétition.

Derrière ces statistiques, le drame de Géraldine Achia montre les conséquences des violences faites aux femmes. Cette institutrice d’une trentaine d’années a été battue à mort, laissant sa fille de 18 ans, Courage Anushuni, se préparer à ses funérailles. Le conjoint de la victime, principal suspect dans cette affaire, a été arrêté plusieurs jours après les faits, à plus de 300 kilomètres de Yaoundé. Il nie avoir tué sa femme.

La sœur de Géraldine Achia, Régina Mbatiabuh Ngukum, affirme avoir découvert à l’hôpital un corps présentant de nombreuses traces de coups. Elle indique également avoir retrouvé sur le téléphone de la victime des photographies montrant son visage couvert de contusions. La famille conteste par ailleurs la version du conjoint, qui aurait expliqué qu’une dispute avait éclaté après une sortie de la victime.

Les organisations appellent à une réponse judiciaire plus systématique et à une meilleure prise en compte des violences conjugales.

Au-delà de la mobilisation sociale, la reconnaissance juridique du féminicide constitue l’une des principales revendications. Actuellement, le Code pénal camerounais ne prévoit pas d’infraction spécifique portant cette qualification. Les meurtres de femmes sont poursuivis sous les qualifications générales de meurtre ou d’assassinat.

Fin août 2026, la Ministère de la Promotion de la femme et de la famille a annoncé qu’un projet de loi avait obtenu un consensus et devait être soumis au Parlement lors de la session de novembre. L’examen de ce texte pourrait ainsi ouvrir une nouvelle étape dans la lutte contre les féminicides dans le pays.

Médard Clobechi

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