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Mobilisations lycéennes en France : Les blocus, manifestations et incidents se multiplient

Après plusieurs jours de mobilisation autour des conditions d’études et du manque de moyens dans les lycées, la contestation a pris une nouvelle ampleur jeudi 1er octobre, avant de se poursuivre vendredi 2 octobre avec de nouveaux blocages, des fermetures d’établissements et des interpellations dans plusieurs régions.

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Depuis la fin septembre, des lycéens se mobilisent dans plusieurs villes françaises. Leurs revendications portent sur les classes surchargées, le manque d’enseignants et de personnels, les bâtiments dégradés ainsi que les conditions d’apprentissage. Au fil des jours, les blocages se multiplient et gagnent également des établissements universitaires. La journée de jeudi marque un tournant. Des affrontements opposent des manifestants aux forces de l’ordre dans plusieurs villes. Des incendies et des dégradations sont également signalés, devant ou à proximité d’établissements scolaires. À Nantes, le hall du lycée Nelson-Mandela est fortement endommagé par un incendie. D’autres départs de feu sont signalés à Marseille et dans plusieurs villes.

Selon le ministère de l’Intérieur, 1 949 personnes sont interpellées jeudi. Les autorités recensent aussi 305 policiers et gendarmes blessés au cours de la journée. Face à la multiplication des incidents, le gouvernement évoque désormais des « violences urbaines ». Dans la soirée, les préfets prennent des arrêtés interdisant les rassemblements aux abords de plusieurs lycées fermés le lendemain. Ce Vendredi matin, la mobilisation ne retombe pas. Plus de 400 établissements doivent rester fermés à travers le pays, avec, selon les situations, des cours organisés à distance. À Reims, plusieurs lycées restent fermés et les rassemblements sont interdits à leurs abords. Des groupes de jeunes sont dispersés par les forces de l’ordre, tandis que plusieurs interpellations sont effectuées. À la mi-journée, le parquet de Reims fait état de neuf gardes à vue, dont six concernant des mineurs.Dans l’Aube, des actions sont signalées devant six établissements et près d’un millier de manifestants sont recensés par les services de l’État. Sept interpellations sont annoncées. Dans les Ardennes, les autorités font état de 19 interpellations en 24 heures.

La journée de vendredi est également marquée par plusieurs incidents. À Paris, une enquête est ouverte après l’agression filmée d’une policière en marge d’un blocus. À La Ciotat, un proviseur est agressé devant son établissement et aspergé d’essence, selon une source policière citée par TF1 Info. À Livry-Gargan, une tentative d’incendie visant un lycée entraîne plusieurs interpellations. Dans la Loire et dans le Rhône, des véhicules sont dégradés et des incidents sont signalés autour de plusieurs établissements.

Une mobilisation désormais sous forte tension

Au même moment, le gouvernement engage plusieurs consultations avec les acteurs de l’éducation. Le ministre de l’Éducation nationale rencontre ce vendredi les syndicats enseignants, puis les représentants des parents d’élèves, avant des échanges prévus avec les organisations lycéennes. Le mouvement conserve ainsi son double visage. Il s’agit non seulement des revendications portant sur les moyens et les conditions d’enseignement, mais aussi une série d’incidents violents qui ont conduit les autorités à renforcer les mesures de sécurité et à fermer de nombreux établissements.

Laura LEKE

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