Sénégal : plus de 50 milliards FCFA d’avoirs criminels recouvrés

L’Office national de Recouvrement des Avoirs criminels (ONRAC) a recouvré plus de 50 milliards de francs CFA depuis sa création. Le chiffre a été annoncé ce lundi à Dakar par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr. Il appelle à renforcer la chaîne pénale pour que les auteurs d’infractions ne puissent pas conserver les bénéfices financiers de leurs actes.
« Le crime ne doit pas payer », a martelé le ministre à l’ouverture d’un atelier consacré au renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale en matière de saisie, de confiscation et de recouvrement des avoirs criminels. Organisée du 5 au 8 octobre 2026 à Dakar, la rencontre vise à améliorer la coordination entre les différents intervenants de la justice financière.
Pour Me Moussa Sarr, une condamnation pénale perd une partie de son efficacité lorsque le produit de l’infraction reste entre les mains de son auteur. « Si le produit de l’infraction demeure intact, son auteur en retrouve la jouissance et l’infraction lui aura, en définitive, profité », a-t-il souligné. Le ministre estime ainsi que la lutte contre la criminalité doit dépasser la seule condamnation des personnes poursuivies. Elle doit également permettre d’identifier, saisir, confisquer et recouvrer les biens issus des infractions.
Cette approche place l’enquête patrimoniale au centre de la procédure pénale. Selon le garde des Sceaux, celle-ci doit intervenir dès les premiers actes de procédure afin d’empêcher la disparition, la dissimulation ou le transfert des avoirs susceptibles d’être liés à une infraction.
La traque des avoirs criminels se heurte toutefois à des mécanismes de dissimulation de plus en plus sophistiqués. Me Moussa Sarr a notamment cité les sociétés écrans, les contrats d’assurance-vie et les cryptoactifs parmi les instruments susceptibles d’être utilisés pour masquer ou déplacer des patrimoines. Face à ces pratiques, l’efficacité du dispositif repose sur une intervention coordonnée de l’ensemble des acteurs de la chaîne pénale.
L’enquêteur doit identifier le patrimoine et retracer les avoirs. Le procureur doit requérir les mesures de saisie, tandis que le juge d’instruction peut les ordonner. La juridiction compétente prononce ensuite, le cas échéant, les confiscations. L’ONRAC intervient enfin pour assurer la gestion des biens et l’exécution des décisions.
Médard Clobechi
























































