A la frontière sud-ouest du Bénin, la Douane béninoise intensifie la lutte contre les trafics illicites. En 45 jours, la Brigade des douanes de Hounsahoué a réalisé quatre saisies portant sur 862.000 comprimés de diazékin-5 et 640 boulettes de produits stupéfiants. Derrière ces chiffres, une même réalité, des cargaisons dissimulées dans des véhicules de transport en provenance du Togo et des agents mobilisés pour empêcher leur introduction dans les circuits de distribution.
Quatre opérations, des cargaisons interceptées
Du 8 août au 24 septembre 2026, les agents de la brigade ont multiplié les contrôles et porté plusieurs coups d’arrêt aux trafics. Sous la conduite du Contrôleur principal Romuald ZOCLANCLOUNON, avec le commandement de l’Inspecteur de deuxième classe Benjamin KOUAGOU, les équipes ont mis au jour des cargaisons transportées dans des sacs ou dissimulées dans des compartiments aménagés.
La première opération remonte au 8 août 2026. A bord d’un bus de transport en commun, les douaniers découvrent 431 sachets de produits pharmaceutiques, soit 862.000 comprimés de diazékin-5, pour un poids total de 208 kilogrammes. Une prise considérable qui donne le ton d’une séquence marquée par la répétition des interceptions.
Le 5 septembre 2026, les agents saisissent environ 28 kilogrammes de produits présentés comme du chanvre indien dans deux sacs transportés à bord d’un autre bus. Neuf jours plus tard, le 14 septembre, une nouvelle cargaison d’environ 300 kilogrammes de produits de même nature est interceptée dans un minibus de transport de marchandises en provenance du Togo. La marchandise était dissimulée dans un compartiment aménagé pour échapper aux contrôles.
Le 24 septembre 2026, une quatrième opération aboutit à la découverte de 69 kilogrammes de produits stupéfiants répartis dans quatre sacs parmi les bagages d’un bus venant également du Togo.
Ces saisies successives mettent en évidence un mode opératoire récurrent : utiliser les véhicules de transport pour acheminer des marchandises illicites en profitant des flux ordinaires de voyageurs et de bagages.
Le renseignement, au cœur du dispositif douanier
La répétition de ces résultats traduit une mobilisation qui repose sur le renseignement, le ciblage et la vigilance des unités sur le terrain. Cette orientation correspond à la doctrine défendue par le Directeur général des Douanes, le Colonel Raouf Malèhossou ABOUDOU, qui place l’exploitation du renseignement au centre de l’action opérationnelle.

L’objectif est de mieux anticiper les mouvements suspects, d’orienter les contrôles vers les risques identifiés et d’intercepter les cargaisons avant qu’elles ne poursuivent leur route. À Hounsahoué, les quatre opérations réalisées en moins de deux mois illustrent la portée de cette approche.
La coopération entre services et la circulation de l’information demeurent également des leviers importants pour contrer des trafics qui exploitent les déplacements transfrontaliers et les circuits de transport ordinaires.
Une bataille qui concerne aussi la santé publique
Au-delà des quantités saisies, l’enjeu est humain. Les produits pharmaceutiques illicites peuvent exposer les consommateurs à des substances mal identifiées, à des dosages inadaptés ou à des traitements inefficaces. Quant aux stupéfiants, leur circulation alimente des circuits clandestins dont les conséquences dépassent largement les postes frontaliers.
En interceptant ces cargaisons, les douaniers contribuent à limiter leur circulation et à protéger les populations, notamment les jeunes. Leur mission dépasse ainsi la perception des droits et taxes : elle participe également à la défense du territoire et à la protection de la santé publique.
Les enquêtes en cours devront préciser les responsabilités des personnes impliquées et déterminer l’existence éventuelle de réseaux organisés derrière ces transports.
A Hounsahoué, les quatre saisies constituent un signal fort adressé aux trafiquants. La vigilance douanière se poursuit à la frontière sud-ouest, avec un objectif clair : empêcher les marchandises illicites de franchir les contrôles et d’atteindre les populations.
Joseph Sossou





























































