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Coopération Sud-Sud/ Convention tripartite AGASA-AUMT-IRGIB AFRICA : IRGIB Africa, cheville ouvrière d’une alliance Sud-Sud de dix ans

C’est au siège d’IRGIB Africa University, à Cotonou, que s’est jouée, le 16 octobre 2026, une séquence peu banale de la coopération universitaire africaine. L’université béninoise a accueilli la signature d’une convention-cadre tripartite de dix ans, aux côtés de l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA) et de l’African University of Management and Technologies (AUMT). La date n’a rien d’un hasard. Le 16 octobre est, depuis plus de quatre décennies, la Journée mondiale de l’alimentation. C’est ce jour symbolique qu’un régulateur gabonais et deux universités, l’une gabonaise, l’autre béninoise, ont choisi pour lier leurs destins autour d’une question aussi simple que vitale. Qui garantit ce que mangent les populations, et avec quels moyens ? La réponse, scellée à Cotonou, tient en un texte de trente et un articles, et rompt avec une habitude tenace sur le continent. Cette habitude qui veut que l’expertise se commande ailleurs et s’importe clés en main.

 

Une cérémonie solennelle dans la salle des Actes, à Akpakpa

 

La signature s’est tenue dans la salle des Actes de l’université IRGIB Africa, à Akpakpa, et a été marquée par l’exécution des hymnes nationaux du Bénin et du Gabon. Il s’agit d’un protocole à la hauteur de l’événement. Prenant la parole, le Président d’IRGIB Africa, le Professeur Virgile Ahyi, a salué l’accompagnement des universités aînées publiques, rappelant que des acteurs de ces établissements soutiennent cet accord tripartite. Il a insisté sur la portée concrète du texte pour les praticiens. Grâce à cette convention, des ingénieurs béninois et gabonais pourront travailler sur les mêmes référentiels, donnant ainsi corps au partage réciproque des compétences entre les deux pays. Le Professeur Ahyi a, dans la foulée, appelé les ingénieurs polytechniciens à se tenir prêts à relever les défis qu’ouvre ce partenariat. De son côté, le Directeur général de l’AGASA a estimé que l’État gabonais, à travers cette convention, venait de donner corps au partenariat public-privé dans les domaines de l’enseignement, de l’éducation et de l’innovation.

 

IRGIB Africa, la structure d’appui technique et scientifique de l’alliance

 

Dans ce montage à trois, IRGIB Africa n’est pas un simple hôte de cérémonie. L’université béninoise y est désignée comme structure d’appui technique et scientifique, aux côtés de l’AGASA, structure institutionnelle d’accueil, et de l’AUMT, structure académique d’accompagnement et de mise en œuvre. Fondée en 2005-2006 à Cotonou, IRGIB Africa apporte à la convention des laboratoires accrédités ISO/IEC 17025 VS 2017 ainsi qu’une expertise éprouvée sur les normes ISO 17020 et 22000, des procédés et des processus déjà certifiés que le Bénin met au service de la sécurité sanitaire des aliments pour tout le Gabon. L’établissement, présidé par le Professeur Virgile Ahyi, signataire de la convention pour le compte d’IRGIB Africa, y engage également son réseau international. L’université entretient des conventions avec des écoles polytechniques européennes et israéliennes, un capital de partenariats versé à cette alliance Sud-Sud. Comme le résume le texte de la convention lui-même, « l’Afrique ne vient plus chercher la compétence : elle la met en commun ».

 

Une codiplomation AUMT–IRGIB Africa pour former les gardiens de l’assiette

 

Créée en 2011, l’AGASA s’appuie sur neuf délégations provinciales et quatorze postes d’inspection frontaliers. Mais une décision sanitaire ne vaut que par la solidité de l’analyse qui la fonde. Un résultat de laboratoire contesté à l’export, c’est une parole de l’État affaiblie. D’où le cœur du dispositif, l’AGASA-AUMT ACADEMY, hébergée au campus AUMT de Libreville, qui formera d’abord les inspecteurs, contrôleurs et analystes de l’Agence, avant de s’ouvrir aux étudiants, aux professionnels de l’agroalimentaire, aux douanes, aux ports et aux aéroports. Certificats, licence professionnelle et master, selon le système LMD, y seront délivrés en codiplomation AUMT–IRGIB Africa. L’expertise béninoise va directement irriguer les diplômes délivrés à Libreville. Un laboratoire de référence sera par ailleurs équipé pour les analyses physico-chimiques et microbiologiques (pesticides, métaux lourds, mycotoxines). Les deux universités accompagneront l’AGASA jusqu’à l’accréditation, laquelle restera en son nom propre. Le Gabon ne délègue pas sa souveraineté sanitaire, il se donne les moyens de l’exercer.

 

Banniere carrée

Du déchet au compost : un mécanisme d’économie circulaire adossé à l’Académie

 

La disposition la plus novatrice du texte concerne le sort des denrées saisies, périmées ou impropres à la consommation, qui doivent chaque année être détruites. D’un coût et d’un risque, elles deviendront une ressource. Ce qui doit être détruit le sera par incinération à haute température, avec traitement des émanations, tandis que les fractions organiques seront valorisées en compost et en amendements, dans le respect de la réglementation sanitaire. Le compost sera destiné aux champs gabonais. Autour de cette filière naît un mécanisme national d’économie circulaire adossé à l’Académie. Un programme d’incubation accompagnera étudiants et jeunes porteurs de projets, de l’idée au plan d’affaires jusqu’aux financeurs, avec un accès encadré aux flux de déchets valorisables. Le succès de cette chaîne se peut se lire à travers la saisie et la destruction ordonnées par l’AGASA, le tri et l’incinération des déchets dangereux, la valorisation des fractions organiques en compost et biogaz, puis l’incubation de start-up par l’Académie. Ce succès se mesurera en tonnes valorisées, en entreprises créées et en emplois générés. L’idée inverse la logique ordinaire de l’employabilité. Au lieu d’un diplôme qui attend un emploi, c’est une entreprise naîtra d’un problème public.

 

Une alliance en chiffres

 

La convention de Cotonou, c’est dix ans de partenariat renouvelable par tacite reconduction, trois institutions et deux pays réunis autour d’une codiplomation AUMT–IRGIB Africa. C’est aussi six (06) composantes, notamment l’académie, le laboratoire, les déchets, l’accréditation, la mobilité, l’économie circulaire. Les neuf délégations provinciales et quatorze postes frontaliers de l’AGASA seront mis à contribution, et deux normes sont visées. Il s’agit des normes ISO/IEC 17020 et ISO/IEC 17025, sur lesquelles l’expertise d’IRGIB Africa pèsera tout particulièrement.

 

Une signature, et dix ans pour la tenir

 

Rien ne part de zéro. L’AUMT et l’AGASA avaient déjà signé une première convention le 27 janvier 2026, conduit un atelier de terrain en février, puis cartographié en mai les opérateurs alimentaires du Grand Libreville. En y associant IRGIB Africa, Cotonou donne àISO/IEC 17025 VS cette collaboration sa dimension régionale et place l’expertise béninoise au centre du dispositif. Une convention n’est qu’un texte. Cette convention sera jugée sur des faits comme des indicateurs sur des agents formés, le laboratoire accrédité, les tonnes de déchets devenues compost, les jeunes devenus entrepreneurs. Mais le geste mérite d’être salué. Quand les universités africaines ne demandent pas à être consultées, mais qu’elles prennent des engagements datés et évalués, cela s’appelle du courage et de la vision. En accueillant cette signature, IRGIB Africa confirme sa place d’établissement de référence pour l’accréditation scientifique en Afrique de l’Ouest, et rappelle qu’à Cotonou aussi, la coopération Sud-Sud peut être autre chose qu’un slogan de sommet. Un laboratoire, une salle de classe, et bientôt, un champ fertilisé jusqu’au Gabon. Le rêve est grand. La vision est noble. Elle tient le pari des défis frappant sur le continent. Et il reste dix ans pour le démontrer. Observons, mais encourageons aussi !

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