Nigéria : 43 000 morsures de serpent et 2 500 décès enregistrés chaque année

Le Nigéria enregistre environ 43 000 morsures de serpent et 2 500 décès par an, selon des données présentées lors d’un atelier national consacré à la prise en charge des victimes, organisé mardi au Lekki Conservation Centre, à Lagos. Face à cette menace sanitaire, des experts appellent les populations à éviter tout contact avec ces reptiles et à consulter rapidement un médecin en cas de morsure.
Lors de cette rencontre, l’expert médical Abubakar Ballah a rappelé que les morsures de serpent constituent une « maladie tropicale négligée ». Selon lui, la vipère des tapis, également appelée vipère carénée, serait responsable d’environ 66 % des décès liés à ces morsures au Nigéria. Les États de Gombe, du Plateau, de Bauchi, de Benue et de Taraba figurent parmi les zones les plus touchées. Les agriculteurs, les éleveurs, les enfants et les chasseurs sont particulièrement exposés, notamment pendant la saison des pluies et les périodes de récolte.
Abubakar Ballah a identifié trois espèces préoccupantes : la vipère des tapis, la vipère heurtante et le cobra cracheur à cou noir. Leurs venins peuvent provoquer des hémorragies, des lésions tissulaires, des atteintes rénales, des troubles neurologiques et une paralysie respiratoire. L’expert met également en garde contre les premiers secours inappropriés, notamment les garrots serrés, les incisions, l’application d’excréments animaux et les remèdes traditionnels. Ces pratiques, combinées aux retards de consultation, peuvent aggraver l’état des victimes. Le coût des sérums antivenimeux, estimé entre 170 000 et 250 000 nairas le flacon, ainsi que les difficultés d’accès aux structures sanitaires, compliquent davantage la prise en charge. Abubakar Ballah plaide pour un approvisionnement régulier en sérums antivenimeux de qualité, une meilleure orientation des patients et une sensibilisation accrue.
De son côté, le spécialiste de la conservation de la faune sauvage, le Dr Mark Ofua, déconseille formellement de capturer, tuer ou manipuler les serpents. Il recommande de faire appel à des professionnels équipés, notamment en cas de présence de reptiles dans les habitations, les jardins, les exploitations agricoles ou les entrepôts.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les morsures de serpent provoquent chaque année entre 81 000 et 138 000 décès dans le monde.
Médard Clobechi



































































