Activité industrielle à haut risque à Cotonou malgré la délocalisation annoncée depuis 2021 : L’autorité de Talon dans la boue avec la SCB

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Le choix frise de la défiance. L’attitude humilie l’autorité de l’État et met à mal l’ordre établi au sommet de la pyramide. À Ganhi, la présence de la Société des ciments du Bénin (Scb) est devenue un symbole du mépris pour l’autorité de l’État. Au-delà de la pollution atmosphérique, des bruits assourdissants et la dégradation du relief, la Scb renvoie une image belliqueuse, d’insoumission et de rébellion par rapport aux décisions prises par le gouvernement.

En effet, depuis le 28 juillet 2021, le gouvernement du Président Patrice Talon avait décidé de la délocalisation de la Société des ciments du Bénin de la zone commerciale de Ganhi. La Scb avait jusqu’à fin décembre 2022 pour plier bagage et cesser toute activité dans la zone commerciale de Ganhi. Nous sommes en juin 2024 et cela fait plus de 16 mois que le délai de délocalisation est arrivé à expiration. Et pourtant, la Scb reste active à Ganhi. Les activités de production de la Société des ciments du Bénin se poursuivent allègrement dans la zone commerciale de Ganhi aggravant la dégradation de l’environnement et les effets néfastes sur la santé des riverains.

C’est d’ailleurs pour ces raisons que le gouvernement béninois avait enjoint aux responsables de la Scb de délocaliser la société de Ganhi. «L’existence de cette Société dans une zone de grande concentration urbaine est source de désagréments causés aux riverains de même qu’à l’environnement. En outre, cette implantation n’est plus en conformité avec les dispositions du décret n° 2001-289 du 8 août 2001 portant approbation du plan d’aménagement de la zone de Ganhi qui interdit le développement d’activités industrielles dans le périmètre concerné. Aussi, le Gouvernement a-t-il demandé aux responsables de la SCB, depuis juin 2020, de programmer le déménagement de l’unité de production pour le 30 juin 2022 au plus tard», lit-on en point 5 du compte rendu du conseil des ministres en date du 28 juillet 2021.

Le gouvernement en évaluant la situation à l’époque a été clair sur l’extension du délai butoir : «En évaluant la situation actuelle, le Conseil a décidé de confirmer ce délai pour la délocalisation de la Société. En tout état de cause, à cette date, il sera mis un terme aux activités de la Société qui disposera alors, à partir de cette échéance, d’un délai maximum de 6 mois pour procéder au démantèlement de son outil industriel et libérer définitivement le site au plus tard le 30 décembre 2022 ». Il s’agit ici d’une décision ferme du Conseil des ministres. Si la Scb n’a jusqu’ici pas obtempéré, l’on se demande ce qui donne ce courage indien aux responsables de ladite société. Plus de 16 mois se sont écoulés depuis la date butoir de délocalisation.

Mais la Scb est bien là, au vu et au su de tout le monde. L’environnement est toujours en souffrance avec l’activité industrielle polluante et intensive. Les riverains, eux, n’ont plus de choix que de traîner çà et là diverses affections. «Si le gouvernement a parlé et que la société refuse de partir, qui sommes-nous, nous pauvres populations pour aller forcer les gens à partir d’ici», a confié un des riverains en colère et visiblement fatigué.

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Si le Chef de l’État a présidé un conseil des ministres qui a pris une décision aussi forte avec des délais précis, il n’y a pas de raisons qu’une société passe outre cette décision.

Quelle est donc la motivation du maintien sur place de la Scb à Ganhi ? En l’absence d’une réponse crédible, il est loisible de constater que la Scb nargue simplement le gouvernement, foulant au pied l’autorité du Président de la République tout en continuant à créer des dégâts sur l’environnement et sur la santé des populations.

Au regard de cette situation, le Président Patrice Talon a désormais le devoir de restaurer l’autorité de l’État. Le Bénin n’est pas un faible au point où une entreprise en arriverait à avoir une attitude de mépris et d’insoumission vis-à-vis du gouvernement. Dans ce dossier, des mesures fortes et coercitives doivent être prises pour faire plier la Scb et ainsi dissuader tout autre acteur animé par le sentiment de rébellion et d’insoumission vis-à-vis des décisions du gouvernement.

Mais si rien n’est fait aujourd’hui pour rendre effective la délocalisation de la Scb, l’État en sortirait faible et se trouverait désormais dans une posture peu commode sur sa capacité à donner force exécutoire à ses décisions.

B. K. S

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