Cybercriminalité et chantage visant une élue parlementaire béninoise : Une députée victime de sextorsion, 2 escrocs jetés en prison

Ils séjournent en prison depuis le 12 février 2025. Deux escrocs particulièrement ingénieux accusés de chantage et de sextorsion visant une députée à l’Assemblée Nationale du Bénin croupissent derrière les barreaux à la prison civile d’Akpro-Misséreté après avoir été placés sous mandat de dépôt.
Le dossier est une affaire de mœurs. A l’aide des nouveaux outils de technologie de l’information et de la communication (TIC), le sieur Bernardin K. a réussi à extraire d’un support vidéo la tête d’une femme députée dont nous taisons volontairement le nom. Ensuite, grâce aux techniques de montage, l’escroc Bernardin K. a monté l’image de la tête de la députée à une autre vidéo montrant une femme nue dans une posture de jambe en l’air.
L’idée du cybercriminel est toute simple : faire croire que c’est la députée qui a été filmée dans cette position d’intimité. Selon nos sources, le sieur Bernardin K. a ensuite envoyé cette vidéo via un autre numéro utilisé par un de ses collègues brouteurs présentés comme son beau-frère.
Ce dernier a envoyé la photo à la députée avec la menace de publier la vidéo nude, racontent nos sources. Débute alors un chantage. Les deux escrocs auraient exigé de la députée une rançon de deux millions (2.000.000) francs CFA avant d’appliquer la loi de l’omerta sur la vidéo. Le ton a été ferme chez les escrocs. Soit l’élue parlementaire paye, soit la fausse vidéo montée de toute pièce sera publiée pour salir son nom. C’est ainsi qu’une stratégie a été mise en œuvre pour démasquer tout le réseau de ce filou.
Selon nos sources, la députée a demandé exprès le numéro qui devrait recevoir les fonds étant donné que la bande d’escrocs n’a voulu avoir le moindre contact physique avec la victime. Mais ils tomberont dans l’appât.

C’est à ce moment-là que la Police Républicaine entre en scène et localise, grâce à la géolocalisation, le premier brouteur qui a été arrêté très facilement. Interrogé, il va citer le nom de son patron qui n’est rien d’autre que Bernardin K. Lui aussi sera aussitôt interpellé et placé en garde à vue. Selon nos sources, entre sa garde à vue et sa présentation au procureur spécial de la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), il (Bernardin K.) a changé plusieurs fois de version.
Le sieur Bernardin K. aurait dit dans un premier temps qu’il entretenait des relations amoureuses avec la députée bien avant qu’elle ne soit élue. Selon lui, c’est à l’époque de leur prétendue relation amoureuse qu’elle (la députée) a filmé leurs ébats sexuels.
L’escroc soutient même que c’est sûrement par inadvertance que cette vidéo a fuité du téléphone de la députée. Fort heureusement que sa première version et celle de son beau-frère l’ont cloué au pilori. A l’issue d’une longue audition, il a été écroué et déposé en prison en attendant son jugement dans les semaines à venir. Nos sources renseignent que les voyous ont été arrêtés à Lokossa.
Pour éviter à la victime d’avoir encore à subir tout préjudice aggravant dans cette affaire de mœurs, notre rédaction a décidé de ne pas révéler l’identité de la députée encore moins sa circonscription électorale et sa formation politique. Les deux escrocs seront jugés dans les prochains jours.
B. K. S