Est-il facile aujourd’hui pour les policiers d’avoir des prêts secours dans leur caisse ? Sera-t-il possible pour eux de s’offrir ces prêts secours demain ? Il s’agit des questions qui reviennent à l’esprit au regard des informations inquiétantes qui s’ébruitent ces derniers jours. L’administration du corps policier repose sur une organisation destinée à rendre encore plus gaie l’exercice de la fonction. Les prêts secours y sont institués.
Selon le cas et les besoins, les policiers peuvent, suivant un mécanisme rigoureux et transparent, solliciter et obtenir les prêts secours. Les fonds réservés pour satisfaire de telles demandes proviennent d’une caisse propre au corps policier. Pour nos interlocuteurs avertis, cette caisse en elle-même n’a aucun souci.
Tant le mécanisme de prêt est tel qu’il n’y a pas de possibilité de détournements. « La traçabilité est totale », entend-on çà et là dans les encablures du corps des agents de l’ex-police nationale. Cette caisse est dotée d’un Conseil d’Administration présidé par des agents en uniforme de qualité irréprochable. Ici, chacun fait son temps de gestion de la caisse et s’en va sans problème.
L’organisation et le sérieux dans la gestion ont d’ailleurs induit une surliquidité au niveau de la caisse des prêts secours. Le Conseil d’Administration de cette caisse avait alors décidé de mettre en épargne l’excédent de fond dans le but que ce fonds génère des intérêts à redistribuer aux agents plus tard. Les ex-policiers avaient aussi tiré profit de la bonne gestion de leur caisse de prêts secours.
Nos sources renseignent qu’à l’époque, la bonne santé financière et la gestion rigoureuse de la caisse avaient permis de revoir à la hausse les montants de prêts et de prélèvements pour toutes les catégories.
Une fusion problématique de caisses entre policiers et gendarmes.
Si la caisse des ex-policiers se porte apparemment bien, il n’est pas sûr d’en dire autant de la caisse des ex-gendarmes. Du moins, c’est ce qu’on retient des bruits de couloirs des deux corps fusionnés en police républicaine. Des différences de procédures de décaissement des fonds au niveau des deux caisses sont signalées. Au niveau de l’ex-police nationale, le mécanisme de décaissement à la caisse secours est le chèque individuel.

Tous ceux qui prennent des prêts sont contrôlés à plusieurs niveaux : registre d’enregistrement, photocopie de chèque retiré signé, décision de prélèvement. Il y a une différence entre la structure technique qui traite les demandes et ceux qui accordent le prêt. La structure technique de traitement devrait finir son travail avant que le conseil d’administration à travers le président et le trésorier ne donnent leur aval. Nos interlocuteurs qui présentent le cliché saluent d’ailleurs le mérite organisationnel au niveau de la gestion de la caisse des prêts secours à l’ex-police.
À l’opposé, les voyants sont moins au vert dans la description faite des procédures de gestion de la caisse de l’ex-gendarmerie nationale. À en croire nos sources, en un clic, les prêts secours pouvaient être décaissés sur la seule décision du Président du conseil d’administration et du trésorier.
De grands montants évalués en plusieurs dizaines de millions FCFA pouvaient être décaissés puis ensuite, les bénéficiaires pouvaient juste passer chacun signer des états financiers pour empocher les prêts secours en espèces. C’est ici que des doutes sur des cas de fraudes et de mauvaise gestion sont évoqués. Pour nos sources, la légèreté dans la gestion a causé beaucoup de tort à la caisse des prêts secours de l’ex-gendarmerie nationale.
Et l’idée de la fusion des deux caisses après la fusion des deux corps surgit. Les policiers de souche, à travers leur représentant auraient tenté de s’opposer à ce projet de fusion. Mais ils découvriront que leurs efforts ont été vains en raison d’usage de procédés souterrains, confidentiels et pas commodes pour acter la fusion. Les décaissements et les prélèvements de tous les policiers de souche seraient désormais virés dans une caisse fusionnée à l’insu du Conseil d’Administration de la caisse secours des ex-policiers de souche.
Depuis plusieurs mois donc, les fonds sortis de la caisse des ex-policiers sous forme de prêts, remboursements et cotisations seraient reversés dans une caisse secours soupçonnée d’être en réalité la caisse mal en point des ex-gendarmes. Et depuis, les dents sont assez lourdes au niveau du Conseil d’Administration de la caisse des ex-policiers.
Entre ceux qui ont fusionné les deux caisses par des procédés pas trop clairs et les membres du Conseil d’Administration de la caisse des ex-policiers, la brouille s’est installée.
L’ambiance est lourde à la police républicaine. Les ex-policiers, eux, veulent un retour à la séparation des deux caisses craignant, sans doute, une contagion des mauvaises pratiques qui ont mis mal en point la caisse des ex-gendarmes.
Brivaël Klokpê Sogbovi