La junte militaire au pouvoir au Niger a annoncé, mardi, la libération d’une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles d’anciens ministres, responsables politiques, militaires et journalistes. Cette décision s’inscrit dans le cadre des recommandations issues des assises nationales de février, qui ont prolongé le mandat des putschistes pour cinq ans.
Parmi les personnalités concernées figurent Mahamane Sani Issoufou, fils de l’ex-président Mahamadou Issoufou, ainsi que Kalla Moutari (ancien ministre de la Défense), Ahmed Djidoud (ex-ministre des Finances) et Ibrahim Yacoubou (ex-ministre de l’Énergie). Le président du PNDS, Foumakoye Gado, le journaliste Ousmane Toudou et l’ex-ambassadeur au Nigeria, Alat Mogaskia, font également partie des personnes libérées.
Côté militaire, le général Salou Souleymane, ancien chef d’État-major des Armées, ainsi que trois officiers condamnés en 2018 pour une tentative de coup d’État en 2015, ont également retrouvé la liberté.

Ces libérations interviennent alors que Mohamed Bazoum, président renversé en juillet 2023, demeure détenu par la junte. Accusé de « complot contre la sûreté de l’État », il a vu son immunité levée, mais aucune date de procès n’a encore été fixée.
Le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, affirme vouloir « œuvrer pour le pardon et la réconciliation entre Nigériens », tout en insistant sur la nécessité de concilier justice et réconciliation.
Les assises nationales de février ont consolidé la position de la junte en validant son maintien au pouvoir pour cinq ans et en dissolvant les partis politiques. Cette vague de libérations s’inscrit dans une stratégie d’apaisement visant à atténuer les tensions tout en renforçant l’autorité du régime militaire.
Médard CLOBECHI