Manigri, commune de Bassila : l’accès universel à l’eau potable et ses bénéfices concrets pour les communautés
À Manigri, dans la commune de Bassila, l’accès à l’eau potable n’est plus seulement une aspiration : il prend corps à travers des infrastructures structurantes, pensées pour desservir plusieurs villages et rapprocher durablement le service public d’eau des ménages. Au cœur de cette dynamique, le SAEP multi-village “Manigri-2 (Wanou Igberé)” constitue un levier majeur de santé publique, de développement local et de résilience face aux aléas climatiques.
Le cœur de SAEPmV de Manigri-2 (Wanou Igbèré) est localisé dans l’arrondissement de Manigri, commune de Bassila, et dessert un ensemble de localités : Idi Agougou, Agougou Igberé, Ayewanangni, Odo Kpako 1 & 2, Modogui (et CP Modogui), Ile Lakou, Issalè Owodè, Ogbe Issa, Idiroko, CP Alpha, Mokafô, Wannou Lokpa, entre autres.
La planification intègre une projection démographique importante : 14 612 habitants à l’horizon 2041, avec une base de 7 573 habitants en 2022, ce qui traduit une volonté d’anticipation et de pérennité du service.
Sur le plan technique, le dispositif s’appuie sur trois forages équipés, avec des débits de 12 m³/h, 8 m³/h et 6 m³/h, et des hauteurs manométriques totales (HMT) significatives, adaptées aux exigences d’acheminement.
Le stockage est assuré par un château d’eau de 100 m³, sur une hauteur sous cuve de 20 m, garantissant une distribution plus régulière et une meilleure gestion des pointes de consommation.
Le réseau de distribution totalise 31 400 mètres de canalisations (plus de 31 km) et alimente 18 bornes fontaines, qui jouent un rôle clé pour l’accès immédiat des populations, notamment dans les zones où les branchements domestiques ne sont pas encore généralisés.
Qualité, sécurité sanitaire et confiance : le socle du service public d’eau

L’accès universel ne se mesure pas uniquement en kilomètres de réseau ou en nombre de bornes fontaines. Il repose aussi sur la qualité sanitaire de l’eau et la confiance des usagers. Dans l’exploitation, l’opérateur met en avant un contrôle régulier : l’eau est analysée (physico-chimie et bactériologie), et un traitement au chlore est appliqué “à la source” pour sécuriser la potabilité jusqu’au point de puisage. Concrètement, cette assurance qualité permet de réduire les risques liés aux eaux non contrôlées (puits, forages domestiques non suivis), souvent sans garantie sanitaire.
Les bienfaits attendus à Manigri : santé, économie, éducation, cohésion sociale
Quand l’eau potable est disponible à proximité, les changements se lisent rapidement dans la vie quotidienne.
– Santé publique : la consommation d’une eau contrôlée et traitée réduit les risques de maladies hydriques et allège la pression sur les ménages (soins, absentéisme, dépenses de santé). L’enjeu n’est pas seulement l’eau “visible” (claire), mais l’eau sanitairement sûre, ce que rappellent les analyses et le traitement mis en œuvre.
– Gain de temps et protection des enfants : l’eau plus proche signifie moins de longues corvées, moins de fatigue, et davantage de temps pour l’école, les activités productives ou la vie familiale.
– Dynamisme économique local : disponibilité de l’eau pour les petits métiers (restauration, transformation, maçonnerie, coiffure, etc.), meilleure stabilité des activités et amélioration progressive du cadre de vie.
– Cohésion sociale : un service mieux organisé, des règles de gestion plus claires et des points d’eau fonctionnels réduisent les tensions liées au partage de la ressource.
L’accès universel est une trajectoire : on commence par rapprocher le service (bornes fontaines, extension de réseau), puis on vise un niveau de confort et de sécurité plus élevé grâce aux branchements domestiques. L’objectif affiché par l’opérateur est explicite : un branchement par ménage.
Pour y parvenir, la sensibilisation s’appuie sur plusieurs canaux : autorités locales, campagnes de proximité, annonces radios et communication communautaire.
Cette approche s’inscrit dans une ambition nationale plus large, avec des cibles annoncées à l’horizon 2030 pour accélérer l’accès en milieu rural, tout en améliorant la performance et la maintenance.
B. K. S