Décision présidentielle américaine: Washington acte une rupture avec l’ordre multilatéral

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Le retrait des États-Unis des organisations internationales n’est plus une hypothèse, mais un acte posé, signé et transmis aux administrations fédérales. Le 7 janvier 2026, Donald Trump a ordonné la sortie immédiate de son pays de 66 organisations, programmes, conventions et mécanismes multilatéraux, dont plusieurs piliers du système des Nations Unies. À Washington, la décision est présentée comme une ligne de défense des intérêts nationaux. Ailleurs, elle résonne comme une cassure nette dans une architecture patiemment construite depuis des décennies.

 

Dans un mémorandum à portée juridique directe, le président américain invoque la constitution et un rapport du secrétaire d’État pour justifier ce retrait des États-Unis des organisations internationales jugées contraires à la politique nationale. Sont visées des structures actives sur le climat, la biodiversité, les droits humains, l’égalité de genre, la paix, la justice internationale ou encore le développement. La liste est longue, méthodique, sans nuance apparente.

Ce choix engage plus qu’une ligne budgétaire ou un désaccord diplomatique. Il retire la voix américaine de forums où se discutent des normes, des arbitrages et des équilibres fragiles. Pour nombre de partenaires, notamment en Afrique et en Asie, ce retrait des États-Unis des organisations internationales crée un vide politique et financier, mais surtout un sentiment d’abandon dans des espaces déjà sous tension.

L’émotion tient à ce contraste, la puissance qui a contribué à façonner le multilatéralisme s’en éloigne par décret. Le texte laisse peu de place au doute. La mise en œuvre est immédiate, le financement cesse, la participation aussi. Le signal est clair. Il marque une étape lourde de conséquences pour la diplomatie mondiale et pour ceux qui, loin de Washington, comptaient encore sur ces cadres de coopération.

Joseph Sossou

 

 

Retrait des États-Unis des organisations, conventions et traités internationaux contraires aux intérêts des États-Unis

*Mémorandums présidentiels*

7 janvier 2026

 

NOTE DE SERVICE À L’ATTENTION DES CHEFS DES MINISTÈRES ET AGENCES EXÉCUTIFS

 

En vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la Constitution et les lois des États-Unis d’Amérique, je donne les instructions suivantes :

 

Article 1. Objet .   (a) Le 4 février 2025, j’ai promulgué le décret présidentiel 14199 (Retrait des États-Unis de certaines organisations des Nations Unies et cessation de leur financement, et examen du soutien des États-Unis à toutes les organisations internationales). Ce décret chargeait le secrétaire d’État, en consultation avec le représentant des États-Unis auprès des Nations Unies, de procéder à un examen de toutes les organisations intergouvernementales internationales dont les États-Unis sont membres et auxquelles ils apportent un financement ou un soutien quelconque, ainsi que de toutes les conventions et tous les traités auxquels les États-Unis sont parties, afin de déterminer quelles organisations, conventions et quels traités sont contraires aux intérêts des États-Unis. Le secrétaire d’État a remis son rapport conformément au décret présidentiel 14199.

(b) J’ai examiné le rapport du secrétaire d’État et, après avoir délibéré avec mon cabinet, j’ai déterminé qu’il est contraire aux intérêts des États-Unis de rester membre, de participer ou de fournir un soutien aux organisations énumérées à la section 2 du présent mémorandum. 

c) Conformément au décret présidentiel 14199 et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la Constitution et les lois des États-Unis d’Amérique, j’ordonne par la présente à tous les ministères et organismes exécutifs (ci-après « organismes ») de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour mettre en œuvre le retrait des États-Unis des organisations énumérées à la section 2 du présent mémorandum, et ce, dans les meilleurs délais. Pour les entités des Nations Unies, le retrait signifie la cessation de toute participation ou de tout financement à ces entités, dans la mesure permise par la loi.

 

d) Mon examen des autres conclusions du secrétaire d’État se poursuit.

 

Art . 2. Organisations dont les États-Unis se retirent . (a) Organisations non membres des Nations Unies :  

(i) Pacte énergétique sans carbone 24h/24 et 7j/7 ;

 

(ii) Conseil du Plan de Colombo ;

(iii) Commission de coopération environnementale ;

(iv) L’éducation ne peut pas attendre ;

(v) Centre européen d’excellence pour la lutte contre

Menaces hybrides ;

(vi) Forum des laboratoires nationaux européens de recherche routière ;

(vii) Coalition pour la liberté en ligne ;

(viii) Fonds mondial pour l’engagement et la résilience des communautés ;

(ix) Forum mondial de lutte contre le terrorisme ;

(x) Forum mondial sur l’expertise en cybersécurité ;

(xi) Forum mondial sur la migration et le développement ;

(xii) Institut interaméricain de recherche sur les changements globaux ;

(xiii) Forum intergouvernemental sur les mines, les minéraux, les métaux et le développement durable ;

(xiv) Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ;

(xv) Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques ;

(xvi) Centre international d’études sur la préservation et la restauration des biens culturels ;

(xvii) Comité consultatif international du coton;

(xviii) Organisation internationale de droit du développement;

(xix) Forum international de l’énergie;

(xx) Fédération internationale des conseils des arts et des agences culturelles;

(xxi) Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale;

(xxii) Institut international pour la justice et l’état de droit ;

(xxiii) Groupe international d’étude du plomb et du zinc ;

(xxiv) Agence internationale pour les énergies renouvelables ;

(xxv) Alliance solaire internationale;

(xxvi) Organisation internationale des bois tropicaux;

Banniere carrée

(xxvii) Union internationale pour la conservation de la nature;

(xxviii) Institut panaméricain de géographie et d’histoire;

(xxix) Partenariat pour la coopération atlantique;

(xxx) Accord de coopération régionale sur la lutte contre la piraterie et les vols à main armée contre les navires en Asie ;

(xxxi) Conseil de coopération régionale ;

(xxxii) Réseau de politiques énergétiques renouvelables pour le 21e siècle ;

(xxxiii) Centre scientifique et technologique en Ukraine ;

(xxxiv) Secrétariat du Programme régional océanien pour l’environnement; et

(xxxv) Commission de Venise du Conseil de l’Europe.

b) Organisations des Nations Unies (ONU) :

(i) Département des affaires économiques et sociales ;

(ii) Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) — Commission économique pour l’Afrique ;

(iii) ECOSOC — Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes ;

(iv) ECOSOC — Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique ;

(v) ECOSOC — Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale ;

(vi) Commission du droit international;

(vii) Mécanisme international résiduel pour les tribunaux pénaux ;

(viii) Centre du commerce international;

(ix) Bureau du conseiller spécial pour l’Afrique;

(x) Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés;

(xi) Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la question des violences sexuelles commises en période de conflit ;

(xii) Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la question de la violence contre les enfants ;

(xiii) Commission de consolidation de la paix;

(xiv) Fonds pour la consolidation de la paix;

(xv) Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine;

(xvi) Alliance des civilisations des Nations Unies;

(xvii) Programme de collaboration des Nations Unies pour la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement ;

(xviii) Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement ;

(xix) Fonds des Nations Unies pour la démocratie ;

(xx) Énergie des Nations Unies ;

(xxi) Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ;

(xxii) Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ;

(xxiii) Programme des Nations Unies pour les établissements humains ;

(xxiv) Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche ;

(xxv) Océans des Nations Unies;

(xxvi) Fonds des Nations Unies pour la population;

(xxvii) Registre des armes conventionnelles des Nations Unies ;

(xxviii) Conseil des chefs de secrétariat des Nations Unies pour la coordination ;

(xxix) École des cadres du système des Nations Unies ;

(xxx) Eau des Nations Unies ; et

(xxxi) Université des Nations Unies.

Art . 3. Directives de mise en œuvre . Le secrétaire d’État fournira aux agences, au besoin, des directives supplémentaires lors de la mise en œuvre du présent mémorandum .  

Art . 4. Dispositions générales . (a) Aucune disposition   du présent mémorandum ne saurait être interprétée comme portant atteinte ou affectant de quelque manière que ce soit :

(i) l’autorité conférée par la loi à un département ou organisme exécutif, ou à son chef; ou

(ii) les fonctions du directeur du Bureau de la gestion et du budget relatives aux propositions budgétaires, administratives ou législatives.

(b) Le présent mémorandum sera mis en œuvre conformément à la loi applicable et sous réserve de la disponibilité des crédits.

(c) Ce mémorandum n’a pas pour but, et n’a pas pour effet, de créer un droit ou un avantage, substantiel ou procédural, exécutoire en droit ou en équité par une partie quelconque contre les États-Unis, leurs ministères, agences ou entités, leurs fonctionnaires, employés ou agents, ou toute autre personne.

d) Le secrétaire d’État est autorisé et chargé de publier ce mémorandum au  Journal officiel fédéral .

      DONALD J. TRUMP

 

 

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