Kpingni dans la commune de Dassa-Zoumè : Un nouveau système d’adduction d’eau pour tourner définitivement la page des bidons jaunes

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Dans l’arrondissement de Kpingni, commune de Dassa-Zoumè (département des Collines), l’approvisionnement en eau potable franchit une étape structurante avec la mise en place d’un Système d’Approvisionnement en Eau Potable multi-villages (SAEPmV). L’enjeu est clair : passer d’une logique d’ouvrages isolés ou vieillissants à un réseau moderne, mieux dimensionné, plus sûr sur le plan sanitaire et capable d’accompagner la croissance démographique et les besoins futurs.

SAEPmV : changer d’échelle et de fiabilité

 

Le SAEPmV de Kpingni vise explicitement une desserte multi-villages : Bakema, Fita, Kpingni, Togon et Vedji. Les projections démographiques prises en compte montrent le dimensionnement des ouvrages face à l’ampleur de la demande à absorber : une population totale passant de 9 656 (2021) à 13 647 (2031), puis 19 288 (2041) pour l’ensemble des villages raccordés. Le schéma retenu repose sur un principe éprouvé : produire, traiter, stocker et distribuer. Le forage principal identifié est le forage de Fita, réhabilité, avec des performances techniques confirmées. L’équipement de pompage est une électropompe de 27 m³/h à HMT 91 m (11 kW), avec une alimentation énergétique assurée par un groupe électrogène 90 KVA.

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Un stockage renforcé par un château d’eau de 250 m³
Le système est articulé autour d’un château d’eau de 250 m³ (hauteur sous cuve 18 m) implanté à Fita, avec tuyauterie et équipements de distribution dimensionnés (DN 200 mm). Le dispositif prévoit des équipements de dosage (pompes doseuses, bacs, accessoires) et de régulation (réducteurs stabilisateurs de pression), ainsi qu’un nombre important d’organes de manœuvre (vannes, vidanges, ventouses), essentiels pour la maintenance et la sécurité hydraulique.

 

Un réseau de distribution repensé et modernisé

 

Le SAEPmV de Kpingni combine réseau existant et nouvelles conduites, pour un linéaire total de 49 317 m. Le choix de matériaux (PVC existant conservé lorsque compatible, et PEHD en remplacement/extension) vise généralement à améliorer la durabilité, réduire les fuites et faciliter l’exploitation. Côté desserte, la nouvelle gouvernance de l’eau potable prévoit :
les bornes-fontaines (BF) pour une desserte communautaire ;
les branchements particuliers (BP) pour un accès à domicile de l’eau potable.
Des infrastructures au “service public” performant
L’expérience récente d’exploitation dans la zone Collines met en avant la nécessité de professionnaliser la gestion du service public de l’eau potable. M. Shalom Accrombessi, responsable régional Centre-Sud de OmiLayé (zone Collines, Ouémé, Plateau), explique qu’après plus de deux ans d’exploitation, la phase d’adaptation aux réalités locales est désormais maîtrisée, avec des équipes et une organisation dédiées. L’objectif est de satisfaire les demandes de branchements et d’anticiper sur les éventuelles pannes sur le réseau. Sur la qualité de l’eau, il rappelle une exigence centrale : l’eau distribuée fait l’objet d’analyses régulières (physico-chimiques et bactériologiques) et d’un traitement au chlore à la source pour garantir la potabilité jusqu’au point de puisage. Sur la continuité, l’opérateur met en avant des équipes d’astreinte capables d’intervenir rapidement, y compris les week-ends, tout en reconnaissant des défis : vétusté d’équipements hérités et casses non signalées ou provoquées par des tiers, d’où l’appel à la responsabilité communautaire.
Le contexte des Collines : des défis techniques qui expliquent le “pari” des grands réseaux
Dans le département des Collines, la mobilisation de la ressource en eau est un enjeu technique majeur. La mission de supervision du projet des 95 SAEP (Lot 2) rappelle que, dans cette zone de socle, le taux d’échec des forages peut atteindre 70%, et que des contraintes géotechniques (roches affleurantes) compliquent les travaux de terrassement et ralentissent les chantiers. Ces contraintes donnent toute sa cohérence à l’option “réseau multi-villages” : lorsqu’un forage est difficile à réussir ou à pérenniser, la mutualisation (production, stockage, distribution) devient une solution plus robuste et plus rationnelle à l’échelle territoriale.
“Les bidons jaunes” comme symbole d’un passé révolu
Au niveau communal, le Maire Oscar DJIKPENOUDÉ résume le changement avec une formule forte : “le phénomène des bidons jaunes est désormais du passé”, en référence aux longues corvées et à la rareté de l’eau qui marquaient la vie quotidienne. Il salue les SAEPmV comme réponse concrète, et souligne que la réforme a changé la logique : il ne s’agit plus d’aller chercher de l’eau à un point isolé, mais de bénéficier d’une adduction directe dans les localités, avec une gestion confiée à une agence spécialisée.

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