Accès universel à l’eau potable : Des investissements de l’Etat qui changent le quotidien à Kouarfa, commune de Toucountouna
Dans l’arrondissement de Kouarfa (commune de Toucountouna, département de l’Atacora), l’accès à l’eau potable n’est plus une promesse abstraite. Il prend désormais la forme d’un système structuré, pensé pour desservir plusieurs villages et réduire définitivement la dépendance aux marigots, rivières et points d’eau insalubres. Les témoignages locaux convergent : l’eau potable rapproche les services essentiels, améliore la santé et libère du temps, notamment pour les femmes et les enfants.
Du marigot à la borne-fontaine : une rupture sanitaire et sociale
À Peperkou, les habitants racontent une réalité d’hier : l’eau provenait des marigots, souvent loin des maisons et parfois au cœur des champs. Aujourd’hui, des fontaines aménagées permettent l’approvisionnement de proximité avec la possibilité de faire des branchements particuliers. L’impact est absences sur la santé : moins de maladies hydriques, moins de dépenses en soins, et absence de corvée d’eau. À Kouarfa, les infrastructures décrites et les témoignages recueillis montrent un basculement : la ressource n’est plus seulement “trouvée” au gré des saisons, elle est produite, traitée, stockée et distribuée.
Un responsable local rappelle qu’avant l’arrivée des bonnes fontaines, les femmes et les enfants parcouraient 1 à 2 km pour trouver de l’eau, parfois sans considération de qualité. En saison sèche, la rareté imposait des pratiques de fortune, comme creuser pour espérer obtenir un filet d’eau. Aujourd’hui, l’accès à l’eau potable est décrit comme un facteur majeur de6 mieux-être et de prévention.
Le “cœur” technique du projet

Le système mis en avant dans la localité s’inscrit dans le PASAEP 24 (Projet d’Amélioration des Systèmes d’Approvisionnement en Eau Potable dans 24 localités), financé sur Budget national. Dans l’arrondissement de Kouarfa, la fiche technique présente un Système d’Approvisionnement en Eau Potable multi Villages (SAEPmV) moderne qui dessert Takissari, Kouarfa, Peperkou…, pour une population totale de 3 563. Le coût des travaux est de 331 066 300 FCFA TTC.
Sur le plan des infrastructures, le dispositif comprend notamment :
1 nouveau forage (profondeur 71,10 m), avec une capacité d’exploitation annoncée à 13 m³6/h ;
un schéma de pompage/énergie incluant groupe électrogène 25 KVA, branchement SBEE et 1 transformateur ;
une unité de traitement par chloration (pompes doseuses + bacs), et des locaux techniques/administratifs ;
un réservoir de 100 m³ (Hsc 21 m) et 17 bornes-fontaines.
Un tarif social
Le tarif appliqué est de 15 FCFA le bidon de 25 litres. À Peperkou, le chef village salue ce prix très abordable. Sur la borne-fontaine n°15 à Takissari, une fontainière en poste depuis plus de deux ans confirme une fréquentation plus forte en saison sèche.
Professionnaliser pour sécuriser l’eau potable en milieu rurale
Dans les départements de l’Atacora et de la Donga, la SBA des Eaux (agence Nord) explique que la réforme vise à professionnaliser l’approvisionnement rural : état des lieux des AEV fonctionnels, mise en place d’un système de facturation validé, maintenance préventive/curative et mécanismes de suivi pour limiter les pannes prolongées.
B. K. S