Le Vodun Days 2026 a rempli Ouidah du 8 au 10 janvier. Les chiffres parlent, mais ils ne disent pas tout. Derrière les données de l’INStaD, il y a une ville tenue debout par les rites, les chants, la ferveur, et une organisation qui a tenu la charge. Vodun Days 2026 n’est plus un pari culturel, c’est un fait social mesuré.
Sur trois jours, la fréquentation atteint 740 668 participants, contre 435 250 en 2025. La hausse est nette, +70,2 %. Les visites cumulées sur les sites montent à 1.942 949, en progression de 17,9 %. La Place des concerts concentre l’essentiel du flux avec 1 856 567 visites, mais les autres lieux tiennent leur rang : Place Maro (30 818), Fort Français (18 772), Forêt sacrée (14 205). Chaque espace a compté, chaque pas a pesé.
La composition du public confirme l’ouverture. 80,5 % de Béninois, 19,5 % d’étrangers, venus de 56 pays. Les Français dominent (36 %), suivis des Togolais (20 %), des Nigérians (14,9 %) et des Américains (12 %). Côté profils, 44,6 % de femmes parmi les participants béninois, et 26,1 % de moins de 18 ans : la transmission est là, visible.

L’INStaD a travaillé serré. Données administratives, drones (neuf appareils), pointage des profils, enquêtes économiques, la méthode est assumée. Résultat, une image nette des retombées. 312 unités économiques installées autour des sites, en plus des 5 043 déjà présentes à Ouidah. Les commerçants (26,6 %) et restaurateurs (18,9 %) dominent. 28,4 % ont créé des emplois occasionnels, 4 928 postes, auxquels s’ajoutent 440 volontaires. Le chiffre d’affaires journalier a été multiplié par six en moyenne. Pour beaucoup, ces trois jours ont compté.
La satisfaction suit. 95,4 % des participants se disent globalement satisfaits. L’accueil recueille 97,6 % d’avis favorables. Information, installations, accès, sécurité, propreté, circulation, les taux dépassent partout 97 %. Ce sont des chiffres, mais ils portent une émotion simple , celle d’un public respecté.
Vodun Days 2026 s’impose par la constance et par l’effet mesurable sur la ville. La suite est connue, mieux encadrer les flux, affiner l’orientation du public, organiser davantage l’activité économique. Les chiffres sont là. L’émotion aussi. Ouidah a porté l’événement, et l’événement a rendu quelque chose à Ouidah.
Joseph Sossou