La fille aînée de Nelson Mandela, Makaziwe Mandela a remporté une victoire judiciaire majeure contre la South African Heritage Resources Agency (SAHRA). Une victoire qui ouvre la voie à la vente et à l’exportation de près de 70 objets personnels ayant appartenu à l’icône de la lutte anti-apartheid. La décision a été rendue vendredi par la Cour suprême d’appel d’Afrique du Sud, qui a rejeté la tentative de l’agence publique de bloquer cette opération.
Dans son arrêt, la haute juridiction sud-africaine estime que la SAHRA a fait une interprétation excessivement large de la National Heritage Resources Act, la loi encadrant la protection du patrimoine national. La cour a jugé que l’agence n’avait pas démontré de manière convaincante que ces biens relevaient du patrimoine national inaliénable.
Les juges ont notamment relevé que Makaziwe Mandela, ainsi que Christo Brand, ancien gardien de prison de Nelson Mandela à Robben Island, avaient clairement exposé les raisons pour lesquelles ces objets ne pouvaient être qualifiés de biens patrimoniaux. À l’inverse, la SAHRA n’a pas réussi à étayer juridiquement sa position.

La collection concernée comprend plusieurs pièces emblématiques de la vie de Nelson Mandela, parmi lesquelles la clé de sa cellule à Robben Island, ses lunettes Aviator, une chemise fleurie, un exemplaire signé de la Constitution sud-africaine de 1996, un dessin au fusain sa carte d’identité, une raquette de tennis utilisée en prison, ainsi que divers cadeaux diplomatiques offerts par des dirigeants du monde entier. Ces objets devaient initialement être mis aux enchères aux États-Unis, suscitant un vif débat en Afrique du Sud.
Au-delà de l’aspect judiciaire, Makaziwe Mandela a précisé que les fonds issus de la vente serviront à financer la construction d’un jardin mémorial sur la tombe de son père à Qunu. La tombe est dans la province du Cap-Oriental, lieu hautement symbolique de l’histoire sud-africaine.
Médard Clobechi