G20: L’Afrique du Sud se retire temporairement pour désamorcer les tensions avec Washington

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En marge du forum économique mondial de Davos l’Afrique du Sud a annoncé son retrait temporaire du G20, une décision dévoilée la semaine dernière par le ministre sud-africain des Finances, Enoch Godongwana. Cette initiative vise à éviter une escalade diplomatique avec les États-Unis, dans un contexte de relations particulièrement tendues entre Pretoria et Washington.

Les rapports entre les deux pays se sont fortement détériorés depuis le retour de Donald Trump à la maison blanche. En novembre 2025, le président américain avait boycotté le sommet du G20 organisé à Johannesburg, une première historique pour le continent africain. Il avait alors accusé l’Afrique du Sud de mener un supposé « génocide des blancs », des allégations fermement rejetées par les autorités sud-africaines.

Selon RFI, la situation s’est encore aggravée avec la décision de Washington, qui assurera la présidence tournante du G20 en 2026, de ne pas inviter l’Afrique du Sud au sommet prévu en septembre 2026 à Miami. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a dénoncé ce qu’il qualifie de « campagne de désinformation » visant son pays. Les désaccords portent également sur la position de Pretoria, opposée au soutien américain à Israël dans le conflit à Gaza.

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Pour le ministre Enoch Godongwana, ce retrait temporaire constitue un « acte de souveraineté », destiné à apaiser les tensions et à préserver les intérêts diplomatiques du pays. Il assure toutefois que l’Afrique du Sud réintégrera le G20 à l’issue du mandat américain. D’après France 24, le climat politique jugé « toxique » sous l’administration Trump, marqué notamment par des politiques commerciales agressives, a rendu la participation sud-africaine difficilement soutenable. Pretoria minimise la portée de cette décision et espère transformer cette pause en levier diplomatique.

Pour rappel, lors de sa présidence du G20 en 2025, l’Afrique du Sud avait réussi à faire adopter une déclaration finale malgré l’absence des États-Unis. Cependant, ce retrait inédit d’un membre fondateur du G20 soulève de sérieuses interrogations sur la cohésion et l’avenir du forum, alors que Washington en prend les rênes en 2026.

Laura LEKE

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