Syphilis et grossesse : des risques inutiles encore méconnus en 2026

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Nous allons aborder la question de la syphilis, sous un autre angle, selon les questions adressées par les uns les autres. Il s’agit des issus éventuels d’une grossesse chez une femme atteinte de syphilis. La survenue d’une syphilis en cours de grossesse peut être responsable de complications tant pour la femme enceinte que pour le fœtus. Avant d’entrer dans le vif du sujet, faisons un rappel.

1- Qu’est-ce que la syphilis ?

La syphilis est une maladie, une infection qui est transmissible par la voie sexuelle. Elle est due à une bactérie, scientifiquement appelée Treponema pallidum. Après une infection par Treponema pallidum, le test qui permet de savoir si on est atteint de la maladie ou non (la sérologie syphilitique) peut être négatif au début ; ce test devra alors être répété 2 à 4 semaines plus tard.

2- Agent pathogène et transmission

Treponema pallidum ou est une bactérie strictement humaine, transmise sexuellement ou verticalement au cours de la grossesse. Cette bactérie est très fragile et ne survit pas en dehors de l’organisme humain.
Après avoir pénétré la peau ou les muqueuses, le tréponème pâle se multiplie localement avant de diffuser dans l’organisme par voie lymphatique et par le sang. Un contact sexuel avec un partenaire infecté comporte un risque de transmission interhumaine estimé à environ 30 %.
La période d’incubation est d’environ 3 semaines (10-90 jours) avant que n’apparaisse la plaie au point de pénétration de la bactérie.

3- Les risques et issus de la grossesse

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Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’issu d’une grossesse chez une femme atteinte de la syphilis est défavorable dans 50 à 80% des cas.
Les risques sont ceux :
d’un avortement spontané ou fausse couche spontanée.
de la mort du fœtus.
d’un accouchement prématuré.
de la naissance d’un enfant mort-né (mortinaissance) ou de faible poids.
d’un décès du nouveau-né.
d’une infection de l’enfant.
Le spirochète (terme technique désignant un stade de croissance du microbe qui cause la syphilis) peut traverser le placenta dès les 14ième au 16ième semaine de grossesse (ou semaine d’aménorrhée SA) et le risque d’infection du fœtus augmente avec la croissance de la grossesse. Toutefois, c’est possible que l’infection soit transmise au fœtus dès la 9ième SA. Lorsque la syphilis n’est pas traitée et que la grossesse arrive à terme, sa transmission, qualifiée de ‘’transmission verticale’’ est estimée à 29 % en cas de syphilis primaire, de 59 % en cas de syphilis secondaire, de 50 % en cas de phase de latence de moins d’un an et de 13 % en cas de phase de latence de plus d’un an. Dans chacun de ces cas, une partie de ces fœtus aboutira à la ‘’mort fœtale’’, et l’autre partie, à l’accouchement d’un nouveau-né vivant. Lorsque la syphilis n’a pas été traitée au premier trimestre, le risque de la mort du nouveau-né dans les jours qui suivent l’accouchement est grand.
Si l’infection est transmise au fœtus, l’enfant va naître avec des symptômes spécifiques ou non de syphilis congénitale, comme un retard de croissance par exemple. Les enfants qui vont naître avec la syphilis congénitale peuvent n’avoir aucun symptôme à la naissance, mais, pourront le développer dans le temps ou en décéder par la suite. Par ailleurs, l’infection du placenta est la principale cause de décès du fœtus dans l’utérus.

4- Risques pour le fœtus et le nouveau-né

La syphilis congénitale est responsable d’une atteinte de plusieurs organes, ce qui peut, causer des problèmes des nerfs, des os, et même des décès du fœtus pendant sa vie dans l’utérus (comme signalé plus haut) ou du nouveau-né avant les 28 premiers jours de vie.

En résumé

En résumé, une femme enceinte qui contracte la syphilis, ou toute femme qui contracte la syphilis et qui ne l’a pas traité, et qui tombe enceinte court le risque de perdre sa grossesse par une fausse couche spontanée. Au cas où la grossesse arrive à terme, il pourra avoir la mort fœtale ou la mort du nouveau-né. Si l’enfant naît vivant (souhait de tous), il pourra faire une syphilis congénitale et décéder par la suite, ou développer une syphilis congénitale (dans ses deux premières années de vie) ou une syphilis tardive (syphilis survenue après son deuxième anniversaire). Par ailleurs, la grossesse peut ne pas être interrompu, et n’arrive pas à terme, autrement dit, la femme pourra faire un accouchement prématuré avec ses conséquences.

5- Mesures préventives

Il y a de fortes raisons de croire qu’un traitement adapté au premier trimestre réduit, voire annule les risques de la mort du fœtus et du nouveau-né ou les conséquences de la syphilis congénitale. L’enjeu est donc de dépister la syphilis et traiter ces femmes enceintes au premier trimestre de la grossesse. Ainsi, plus le dépistage et le traitement de la syphilis sont faits tôt à l’âge jeune de la grossesse, moins est le risque de la transmission et de ses conséquences.
Il ressort alors qu’en dehors des mesures de prévention énumérées dans le numéro précèdent, il est important de dépister et de traiter tôt la syphilis chez la femme enceinte.

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