Journée mondiale des zones humides 2026 : le Bénin mise sur les savoirs traditionnels pour préserver son patrimoine écologique

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À l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE) a organisé, ce mercredi 04 Février un atelier national de réflexion consacré au thème « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel ». Objectif, renforcer la protection durable des zones humides au Bénin.

Prenant la parole en ouverture, le Directeur général de l’ABE, François Corneille Kedowidé a rappelé le rôle des zones humides, qualifiées d’« écosystèmes parmi les plus productifs mais aussi les plus menacés au monde ». Selon lui, le Bénin n’échappe pas aux multiples pressions qui fragilisent ces milieux. Il s’agit de l’urbanisation anarchique, pollution, surexploitation des ressources naturelles et effets du changement climatique. Face à ces défis, il a souligné que son institution agit au quotidien pour garantir une gestion durable des zones humides.

Au cœur des échanges, la reconnaissance des savoirs traditionnels comme leviers essentiels de conservation. « Nos ancêtres ont su protéger les marécages, les mangroves et les plaines inondables grâce à des règles coutumières, des interdits sociaux et des rites communautaires » a rappelé François Corneille Kedowidé. À l’en croire que ces pratiques ont largement contribué à la préservation de la biodiversité et à la résilience climatique des populations. Toutefois, il a déploré le recul progressif de ces savoirs face à la modernisation et à l’urbanisation, appelant à leur documentation et à leur transmission intergénérationnelle. 

Représentant le ministère du Cadre de vie et des Transports, le Professeur Constant Houndenou, conseiller technique au développement durable, a salué la pertinence du thème retenu pour l’édition 2026. Pour lui, les zones humides béninoises ne sont pas seulement des espaces naturels, mais aussi « des lieux de civilisation, de spiritualité et de régulation sociale, gérés depuis des générations grâce à des pratiques traditionnelles éprouvées ».

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Face à la pression démographique et à la dégradation accélérée de ces écosystèmes, il a affirmé que le gouvernement du Bénin reconnaît pleinement la valeur de ce patrimoine immatériel et promeut une gestion intégrée des zones humides. La jeunesse béninoise est invitée à se réapproprier cet héritage comme un levier d’avenir et de développement durable.

De son côté, le préfet du département du Littoral, Alain Orounla a insisté sur la responsabilité des autorités locales dans la préservation des zones humides, particulièrement dans un territoire fortement exposé à la pression urbaine. Selon lui, la dégradation environnementale est principalement liée au progrès mal maîtrisé et aux prélèvements anarchiques.

Le préfet a exprimé son ambition de faire de l’écotourisme durable une véritable valeur ajoutée pour le Littoral. Il a notamment évoqué la possibilité d’aménager certaines zones humides de Cotonou afin de permettre aux visiteurs de découvrir les lagunes et mangroves locales, dans le respect de l’environnement.

 Les échanges et panels prévus au cours de cet atelier devraient permettre d’enrichir les stratégies nationales et de consolider les mécanismes de protection de ces écosystèmes essentiels en droite ligne avec la vision Bénin 2060.

Médard Clobechi

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