Contrôle de la 10ᵉ législature au Bénin : La majorité face à elle-même, le perchoir au centre d’un duel discret*

0 232

Le perchoir aimante toutes les attentions à la veille de l’installation des députés de la 10ᵉ législature, prévue pour le dimanche 8 février 2026. Après la proclamation des résultats officiels par la Cour constitutionnelle à l’issue des législatives du 11 janvier 2025, la configuration est nette, 109 sièges, répartis entre deux partis de la mouvance présidentielle. L’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) de Joseph Djogbénou obtient 60 sièges, le Bloc Républicain (BR) en a levé 49. Une majorité sans partage, mais une question entière, qui tiendra le perchoir ?

La singularité de cette législature tient à un fait politique lourd, les deux chefs de parti sont élus députés. L’UP-R et le BR ont un accord de gouvernance. Le bureau de l’Assemblée nationale sera partagé. Reste la présidence, poste convoité, symbole d’autorité parlementaire et pivot des rapports avec l’exécutif. Sur ce point, aucune certitude. Et aucun des deux camps n’entend s’effacer.

Joseph Djogbénou avance un parcours connu, avocat, professeur d’université, ancien député, ex-président de la commission des lois, ancien garde des Sceaux, ex-président de la Cour constitutionnelle. Il connaît l’hémicycle et ses règles. Il connaît aussi l’État, ses lignes et ses limites. Pour ses partisans, le perchoir serait une continuité logique.

Articles Relatifs

Séance plénière de ce jeudi au parlement : les lois…

10e législature de l’Assemblée nationale : CV détaillé…

Banniere carrée

Face à lui, Abdoulaye Bio Tchané affiche une autre trajectoire , économiste, ancien cadre du FMI, ex-président de la BOAD, ancien ministre de l’Économie et des Finances, ministre d’État chargé de la Coordination de l’Action gouvernementale depuis une décennie. Son profil rassure ceux qui veulent une assemblée alignée, méthodique, en phase avec l’exécutif.

Derrière les équilibres internes et les discussions feutrées, une réalité s’impose, le dernier mot revient à Patrice Talon. Chef de la mouvance présidentielle, il arbitre. Selon nos sources, les consultations se poursuivent. Aucune décision arrêtée à ce stade. Ce silence nourrit l’attente, parfois l’impatience.

Le perchoir n’est pas qu’un fauteuil. Il incarne une orientation, un rapport de force, une lecture de la fin de mandat. Le choix dira beaucoup sur la place du parlement, sur la confiance accordée à l’un ou l’autre, sur la manière dont le pouvoir entend se projeter. Dimanche approche. Le verdict aussi.

B. K. S

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

error: Content is protected !!