Plus d’un siècle après leur pillage par l’armée britannique, 116 artefacts du royaume du Bénin vont retourner au Nigeria. Le musée d’archéologie et d’anthropologie de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, a annoncé le dimanche 8 février la restitution des œuvres. Elles sont connues sous le nom de bronzes du Bénin, volées lors de l’expédition coloniale britannique de 1897 à Benin City, ancienne capitale du royaume du Bénin, dans le sud de l’actuel Nigeria.
Les œuvres concernées sont principalement des sculptures en bois et en ivoire, ainsi que des têtes commémoratives représentant le roi Oba et la reine mère Iyoba Idia, figures centrales de l’histoire et de la spiritualité du royaume du Bénin. Ces objets, d’une valeur historique et artistique inestimable avaient été arrachés à leur contexte culturel lors du pillage de Benin City par les troupes coloniales britanniques à la fin du XIXᵉ siècle. Les artefacts restitués devraient rejoindre le Nigeria dans les prochains mois, marquant une nouvelle étape dans le processus international de restitution des biens culturels africains.

En acceptant de céder 116 pièces sur les quelque 500 œuvres issues de Benin City conservées dans ses collections, le musée de Cambridge répond favorablement à une demande formulée en 2022 par la Commission nationale des musées et des monuments du Nigeria (NCMM).
Pour son directeur général, Olugbile Holloway, cette restitution va bien au-delà d’un simple transfert d’objets. « Le retour de ces biens culturels participe à la restauration de la fierté et de la dignité du peuple nigérian », a-t-il déclaré. Une position qui s’inscrit dans une dynamique mondiale de reconnaissance des injustices liées au pillage colonial du patrimoine africain. Avant l’Université de Cambridge, les Pays-Bas avaient déjà annoncé, en 2025, la restitution de plus de 100 bronzes du Bénin au Nigeria. Plusieurs musées européens ont ainsi engagé une réflexion sur la provenance de leurs collections et leur responsabilité historique.
Médard Clobechi