Le gouvernement du Zimbabwe a donné son aval, mardi 10 février 2026, à un projet de révision constitutionnelle portant sur la durée du mandat présidentiel.
D’après le communiqué publié à l’issue du conseil des ministres, la réforme envisage un report de l’échéance présidentielle de 2028 à 2030, soit une prorogation de deux années. Arrivé au pouvoir en 2017, le président Emmerson Mnangagwa verrait ainsi son second mandat prolongé, alors que la Loi fondamentale encadre actuellement l’exercice du pouvoir à deux mandats.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique engagée en octobre dernier par la Zanu-PF, formation politique majoritaire et dominante sur la scène nationale depuis plusieurs décennies, qui avait adopté une résolution en faveur de cet allongement. Le projet ne se limite pas à la durée du mandat. Il prévoit également une modification du mode de désignation du chef de l’État. L’élection présidentielle, jusqu’ici organisée au suffrage universel direct, serait désormais confiée au Parlement. Une telle évolution marquerait un changement majeur dans l’architecture institutionnelle du pays, en redéfinissant les mécanismes de légitimation du pouvoir exécutif. Le texte doit à présent être examiné par les députés. Compte tenu de la majorité qualifiée dont dispose la Zanu-PF à l’Assemblée nationale, son adoption semble probable. Si le Parlement entérine la réforme, la Constitution sera amendée conformément aux orientations proposées par l’exécutif.
Au Zimbabwe, cette perspective de révision institutionnelle alimente déjà le débat public et soulève des interrogations sur l’équilibre des pouvoirs ainsi que sur l’évolution du système politique à moyen terme.
Laura LEKE