Un nouveau code de procédure pénale, promulgué par les talibans début janvier 2026, légalise certaines formes de violence domestique et institutionnalise des sanctions inégalitaires selon le statut social des individus. Les femmes et les enfants sont les principales victimes de ce texte, qui suscite l’inquiétude des organisations de défense des droits humains.
Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, les droits des femmes et des filles ont été progressivement restreints en Afghanistan. Le nouveau code de procédure pénale, signé par le chef suprême Hibatullah Akhundzada, va encore plus loin. Selon l’ONG Rawadari, il autorise explicitement les violences physiques tolérables sur les épouses et les enfants tant qu’elles n’entraînent ni fractures ni blessures ouvertes. Dans les cas les plus graves, la peine maximale prévue n’excède pas quinze jours de détention.
Le texte instaure également une hiérarchie des sanctions selon le statut social de l’accusé, créant ce que les observateurs qualifient d’inégalités structurelles. Les personnes désignées comme libres ou esclaves sont jugées différemment, et les chefs religieux ou mollahs bénéficient d’une quasi‑immunité. Les violences psychologiques et sexuelles envers les femmes restent non sanctionnées, tandis que l’accès à la justice est rendu extrêmement difficile : les victimes doivent se présenter voilées et accompagnées par leur mari ou un chaperon masculin, souvent l’agresseur lui-même.

Le code prévoit en outre des sanctions contre les femmes qui se rendraient chez leur famille sans l’autorisation de leur mari, y compris lorsqu’elles cherchent à échapper à des violences, avec une peine pouvant aller jusqu’à trois mois de prison. Ces dispositions assimilent de fait les femmes à la propriété de leur mari et suppriment les protections prévues par la loi EVAW de 2009 sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Rawadari alerte que ce texte pourrait légitimer abus, mauvais traitements et châtiments infligés aux femmes et aux enfants, instaurant une violence domestique prolongée. L’organisation appelle la communauté internationale à mobiliser tous les instruments juridiques pour empêcher la mise en œuvre de ce code dans les tribunaux talibans.
Laura LEKE