Au Sénégal, les députés ont adopté une loi prévoyant désormais des peines de cinq à dix ans de prison et des amendes pouvant atteindre 10 millions de FCFA pour toute personne reconnue coupable d’actes homosexuels. La réforme inclut également l’apologie et le financement de l’homosexualité, passibles de trois à sept ans d’emprisonnement.
Selon le nouveau dispositif, les personnes reconnues coupables d’actes qualifiés « contre nature » s’exposent désormais à des peines pouvant aller de cinq à dix ans d’emprisonnement. Jusqu’ici, la législation prévoyait des sanctions comprises entre un et cinq ans de prison. Les amendes encourues sont également revues à la hausse et pourraient atteindre jusqu’à dix millions de francs CFA, contre un plafond auparavant fixé à 1,5 million.
Le texte adopté apporte par ailleurs une clarification juridique en intégrant explicitement les relations sexuelles entre personnes de même sexe dans la définition des actes dits « contre nature ». Deux nouvelles infractions font également leur apparition dans la législation : l’apologie de l’homosexualité et son financement, toutes deux passibles de peines de trois à sept ans d’emprisonnement.

Cette réforme intervient dans un contexte marqué par plusieurs interpellations de personnes soupçonnées d’homosexualité dans le pays. Pour certains parlementaires, la modification de la loi répond à une promesse politique formulée lors de la dernière campagne électorale.
L’adoption du texte a été rendue possible grâce à la majorité parlementaire détenue par le parti au pouvoir, Pastef, qui dispose de 109 sièges sur les 165 que compte l’Assemblée nationale.
Laura LEKE