JIF 2026 au Bénin : Les femmes fonctionnaires du parlement sensibilisées sur leur rôle dans la lutte contre le terrorisme
Dans le cadre de la célébration de la Journée Internationale des Droits des Femmes, le Réseau des Femmes Fonctionnaires Parlementaires du Bénin (RFFP-Bénin) a pris part, le vendredi 13 mars 2026, à un séminaire de formation consacré au rôle des femmes dans la lutte contre le terrorisme. La rencontre s’est déroulée à l’auditorium de la caserne de Dessa à Allada.
Placée sous l’égide d’autorités parlementaires et de responsables de l’armée béninoise, cette initiative a réuni de nombreuses femmes civiles et militaires autour des enjeux sécuritaires auxquels le Bénin est confronté.
Le programme de la journée s’est déroulé en trois principales séquences : les allocutions d’ouverture, les communications thématiques et une visite guidée des installations de la caserne.
Plusieurs personnalités ont pris la parole à l’ouverture du séminaire. Il s’agit notamment du Chef de bataillon Abdoulaye Fousseni, de la présidente du RFFP-Bénin, Vioutou Apklogan, du Chef d’État-major de la Garde nationale, le Général Faïzou Gomina, de la présidente de la commission parlementaire C4, Éléonore Ladékan Yayi, ainsi que du Directeur de Cabinet du Président de l’Assemblée nationale, Abou Torou.
Dans leurs interventions, les différents orateurs ont souligné l’importance d’impliquer davantage les femmes dans les processus de prévention des crises et dans les mécanismes de prise de décision liés à la paix et à la sécurité nationale. Ils ont également salué l’appui des autorités parlementaires et militaires ayant contribué à l’organisation de cette rencontre, tout en rendant un hommage particulier au Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Joseph Djogbénou.
La cérémonie a également été marquée par une remise de distinctions honorifiques par le Général Faïzou Gomina au Président de l’Assemblée nationale, à son Directeur de Cabinet et à la présidente du RFFP-Bénin, suivie d’une photo de famille.
Des communications instructives sur les enjeux sécuritaires
Après une animation musicale assurée par l’orchestre de la Garde nationale, place a été faite aux communications scientifiques, au nombre de quatre.
La première, présentée par le Lieutenant-colonel Yarou Saka DAFIA, commandant d’armes de la caserne de Dessa, portait sur le thème : « Les Forces armées béninoises face aux nouvelles menaces sécuritaires ».
L’officier supérieur a dressé un état des lieux du contexte sécuritaire du Bénin, mettant en évidence les principales menaces contemporaines telles que le terrorisme et l’extrémisme violent, la criminalité transnationale organisée, les cybermenaces ainsi que la désinformation et la guerre informationnelle.

Il a également évoqué les conséquences de ces menaces, notamment la pression sécuritaire aux frontières nord du pays, les risques de déstabilisation locale et les menaces pesant sur les infrastructures stratégiques. Face à ces défis, il a rappelé les missions fondamentales des Forces armées béninoises, notamment la défense de l’intégrité territoriale, la protection des populations et la contribution à la stabilité nationale.
Le Lieutenant-colonel DAFIA a par ailleurs présenté les différentes réponses opérationnelles mises en œuvre par l’armée, parmi lesquelles le déploiement dans les zones sensibles, les opérations conjointes interforces, la surveillance renforcée des frontières et les actions de renseignement. À ces mesures s’ajoutent les efforts de modernisation des forces armées, la coopération internationale et l’implication des communautés locales dans une approche globale de sécurité.
La seconde communication majeure a été présentée par la Lieutenante Claudia EKPANGO sur le thème : « Le rôle stratégique des femmes dans la prévention de l’extrémisme violent ».
Son intervention s’est articulée autour de trois axes principaux : l’analyse de la menace actuelle au Bénin, la valorisation de l’intelligence féminine dans les mécanismes de sécurité et le renforcement du lien entre l’armée et la société.
Elle a notamment expliqué les facteurs favorisant la radicalisation ainsi que les stratégies de recrutement utilisées par les groupes extrémistes, souvent fondées sur des promesses financières ou sécuritaires dans des contextes de fragilité sociale.
Selon elle, les femmes occupent une position stratégique dans la prévention de ces phénomènes. Grâce à leur rôle au sein des familles et des communautés, elles peuvent contribuer à la détection précoce des signes de radicalisation, à la médiation sociale et au dialogue intrafamilial, participant ainsi à la prévention de l’extrémisme violent. La Lieutenante EKPANGO a également insisté sur les défis liés à la guerre numérique et à l’utilisation des réseaux sociaux par les groupes extrémistes. Elle a souligné, à ce titre, l’importance du rôle du Parlement dans l’adoption de cadres législatifs adaptés pour encadrer ces nouvelles menaces.
Les deux autres communications ont été présentées par le Chef de bataillon Abdoulaye Fousseni sur « Le rôle du Parlement dans la gouvernance démocratique de la sécurité » et par la Lieutenante Roseline Chabi sur « L’approche genre et la sécurité ».
Les différentes présentations ont suscité de riches échanges avec les participants, permettant d’apporter des éclairages supplémentaires sur les questions soulevées.
Le séminaire s’est finalement achevé par une visite guidée des installations de la caserne de Dessa. Conduits par le commandant d’armes et ses collaborateurs, les participants ont pu découvrir de plus près les dispositifs opérationnels de la Garde nationale, mettant ainsi un terme à cette journée de formation et de sensibilisation.
Source : DSICOM/AN