Incivisme gargantuesque dans le département de la Donga: un attroupement armé attaque le commissariat de Manigri, deux morts et un policier blessé

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La commune de Bassila s’est réveillée sous le choc après un attroupement armé et une attaque contre le commissariat de Manigri dans le département de la Donga. Le bilan est lourd, deux individus décédés dans les rangs des assaillants, un policier blessé par balle et plusieurs autres personnes touchées lors des heurts.

Selon des sources du département enquête et investigation (DEI) du groupe de presse Le Potentiel, l’origine de cette attaque contre le commissariat de Manigri remonte à une affaire de vol présumé de noix de cajou. Le samedi 14 mars 2026, un bourvier est conduit au poste de police après avoir été accusé de dérober des noix de cajou dans le champ d’un cultivateur.

L’homme arrive dans un état préoccupant. Face à sa condition physique, les agents décident de le diriger vers un centre de santé. Des sources médicales évoquent une incapacité temporaire de travail de dix jours, avec un examen de scanner cérébral demandé.

Le lundi 16 mars, après son retour de l’hôpital, le bourvier est placé en garde à vue pour les faits présumés de vol. Mais l’affaire prend une autre direction. Dans le groupe qui accompagne le propriétaire du champ, l’intéressé reconnaît deux individus qu’il accuse de l’avoir battu et ligoté lors de son interpellation.

Les deux hommes sont aussitôt placés en garde à vue pour violence et voies de fait, coups et blessures volontaires. Peu après, des proches des interpellés se présentent au commissariat pour tenter d’obtenir leur libération. Les policiers refusent.

La situation dégénère dans la soirée. Vers 21 heures, un attroupement armé et une attaque contre le commissariat de Manigri se forment. Des individus munis de fusils artisanaux, coupe-coupe, hachettes, couteaux, bâtons, gourdins et pierres envahissent les lieux.

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Le groupe se dirige vers la cellule des gardés à vue avec un objectif clair, libérer les deux détenus et s’en prendre au bourvier.

Les policiers tentent de contenir l’assaut. Un affrontement éclate dans l’enceinte du commissariat. Des tirs retentissent. Au terme de la confrontation, deux personnes issues de l’attroupement armé perdent la vie.

Un policier reçoit des balles et est évacué vers l’hôpital où des médecins procèdent à l’extraction des plombs. D’autres blessés sont signalés, mais leur nombre exact reste inconnu à cette heure.

Au-delà du bilan humain, cette attaque contre le commissariat de Manigri pose une question, jusqu’où peut aller l’incivisme collectif ? S’en prendre à un poste de police pour imposer la loi de la foule traduit une rupture inquiétante avec les règles qui protègent tous les citoyens.

Dans cette affaire, la justice devait suivre son cours. La nuit du 16 mars rappelle qu’un attroupement armé ne règle rien. Il laisse des morts, des blessés et une communauté endeuillée.

Joseph Sossou

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