Événements de Manigri: le CJEDAM conteste la qualification des faits relayée, lire son droit de réponse

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A la suite d’un article publié par notre rédaction, des voix locales dénoncent une présentation jugée inexacte des événements survenus à Manigri.
Elles appellent à une relecture rigoureuse des faits et à un traitement médiatique plus responsable face à un bilan humain déjà lourd. Lire leur droit de réponse.

DROIT DE RÉPONSE

À propos de l’article publié par le journal Le Potentiel

Nous avons lu avec attention particulière l’article publié par le journal Le Potentiel au sujet des événements survenus à Manigri dans la commune de Bassila .

Mais à la lecture, une chose nous a frappés : la manière dont les faits ont été présentés ne correspond pas à ce qui s’est réellement passé. Et cela mérite d’être rectifié.

Tout part d’un incident.
Un agriculteur surprend un bouvier dans son champ de cajou. La situation dégénère lorsqu’au moment de l’interpellation, ce dernier brandit une machette. Il est maîtrisé puis conduit au commissariat par les enfants de l’agriculteur. L’affaire est renvoyée au lundi.

Mais entre-temps, un fait a semer le trouble : l’individu interpellé est aperçu hors du commissariat, alors même que, quelques heures plus tard, deux personnes du côté du plaignant sont placées en garde à vue.

C’est à partir de là que la tension monte. Pas par hasard. Pas sans raison. Mais parce que les décisions prises sur le moment n’ont pas été comprises.

Ensuite, il y a ces expressions utilisée dans l’article : *attaque armée contre le commissariat , les assaillants 

Nous les contestons.

Oui, des populations se sont mobilisées.
Oui, un individu a tenté de forcer l’accès avec un marteau.

Mais parler d’attaque armée et d’assaillants , c’est aller trop loin. C’est donner une image déformée de la situation et, surtout, de toute une localité.

Il y a aussi un point que l’article effleure à peine, alors qu’il est central.

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Au moment des faits, les lumières du commissariat ont été coupées. Dans l’obscurité, des tirs à balles réelles ont été effectués.

Une question simple se pose : fallait-il en arriver là pour maîtriser une seule personne munie d’un marteau ?

Ce sont ces tirs qui ont créé la panique et précipité la suite des événements.

Autre élément troublant.

Un homme atteint par balle à l’intérieur du commissariat est déclaré mort par le police. Pourtant, il est encore en vie et parvient même à appeler son frère pour dire qu’il perd beaucoup de sang.

Il ne sera évacué que plusieurs heures plus tard après des négociations et l’intervention du premier adjoint au maire .

Là encore, la question est simple :
comment une personne dans cet état peut-elle rester aussi longtemps sans prise en charge ?

Au final, le bilan est lourd.
Trois morts. Des blessés. Des familles touchées.

Dans un tel contexte, chaque mot compte.

Nous ne sommes pas ici pour justifier la violence.
Mais nous refusons que les faits soient présentés de manière approximative ou amplifiée.

Nous appelons donc à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Et nous invitons chacun y compris les médias à faire preuve de responsabilité.

Parce qu’au-delà des débats, il y a une population endeuillée.
Et elle mérite mieux que des raccourcis.

Akim ADJOBADON, président du cercle des jeunes engagés pour le développement de l’arrondissement de Manigri ( CJEDAM)

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