Transition énergétique au Bénin : AISER-Bénin, moteur discret mais décisif de la révolution énergétique nationale

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Plaidoyer, structuration du secteur énergétique et actions de terrain. Sur tous ces plans, l’Association Interprofessionnelle des Spécialistes des Énergies Renouvelables s’impose comme un acteur clé de l’accès à l’énergie et de la transformation économique du Bénin. En effet, depuis plus d’une décennie, le Bénin connaît une transformation progressive mais profonde de son paysage énergétique, notamment en milieu rural et périurbain. Au cœur de cette dynamique, l’Association Interprofessionnelle des Spécialistes des Énergies Renouvelables au Bénin (AISER-Bénin) joue un rôle structurant, souvent discret, mais déterminant. Créée en 2011 sous l’égide du ministère en charge de l’énergie, AISER-Bénin est une association à but non lucratif qui fédère aujourd’hui plus de 70 entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables. Véritable faîtière interprofessionnelle du secteur, elle s’est imposée comme un cadre de référence pour le plaidoyer, la structuration et la promotion des énergies propres au Bénin.

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Une organisation au cœur des politiques énergétiques

Au fil des années, AISER-Bénin a su se positionner comme un interlocuteur incontournable des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers. Elle participe activement à l’élaboration et à la validation des documents stratégiques et réglementaires du secteur, notamment le PONADER et le PONAME.
Son ancrage dépasse le cadre national. L’association s’inscrit dans des dynamiques sous-régionales et internationales, contribuant à la défense des intérêts des acteurs du secteur et à la promotion des énergies renouvelables. En parallèle, elle multiplie les initiatives de renforcement des capacités en partenariat avec des acteurs publics et privés, afin d’améliorer la compétitivité de ses membres et de stimuler le marché des énergies renouvelables au Bénin.

Des impacts concrets dans les territoires

L’action d’AISER-Bénin ne se limite pas aux sphères institutionnelles. Elle se traduit surtout par des résultats tangibles sur le terrain.
Des localités comme Okouta Ossé, Zougou Pantrossi, Yakrigorou, Idadjo ou encore Koutè témoignent des avancées réalisées. Autrefois confrontées à de fortes difficultés d’accès à l’électricité et à l’eau potable, ces zones bénéficient aujourd’hui de solutions énergétiques innovantes qui transforment leur quotidien. Ces progrès s’inscrivent dans une dynamique plus large, portée en grande partie par le secteur privé national, qui a mobilisé plus de 60 % des ressources nécessaires à l’extension de l’accès à l’énergie et à l’eau dans les zones enclavées. Les retombées sont multiples, amélioration de la transformation agricole, dynamisation des marchés locaux, renforcement des services de santé, soutien à l’éducation et meilleure opérationnalité des forces de défense et de sécurité. Entre 2016 et 2026, le taux d’accès à l’énergie en milieu rural est ainsi passé de 9 % à plus de 15 %, soit environ 784 000 personnes supplémentaires desservies, avec une qualité de service en nette amélioration. Pour le président de l’association, Dr Léonide Michael Sinsin, « la révolution qui s’opère dans le secteur est inédite car elle va au-delà de la transition énergétique. Elle apporte l’énergie et l’eau, et plus globalement la vie, au cœur des besoins essentiels et des centres d’opportunités territoriaux de la Nation ».

Le pari stratégique de l’énergie décentralisée

Face aux limites des investissements lourds dans les infrastructures centralisées, notamment en matière de transport et de raccordement, AISER-Bénin met en avant les avantages de l’énergie décentralisée.
Ce modèle permet de produire, distribuer et consommer l’énergie au plus près des besoins, réduisant ainsi les coûts et les contraintes techniques. Il répond également à une réalité incontournable, la demande énergétique progresse plus rapidement que la croissance économique et démographique. Dans ce contexte, les solutions décentralisées apparaissent comme un levier efficace pour accélérer l’accès universel à l’énergie.

Une ambition alignée sur les perspectives nationales

La dynamique actuelle s’inscrit pleinement dans les grandes orientations du Bénin, avec des perspectives de croissance énergétique particulièrement ambitieuses. Les projections indiquent que le pays pourrait atteindre le seuil du gigawatt à l’horizon 2035-2040. Cette évolution repose sur une combinaison d’investissements dans les infrastructures, l’intégration des nouvelles technologies et le renforcement des systèmes de distribution régionaux. Au-delà des aspects techniques, ces investissements participent à la construction d’un modèle de développement plus résilient, capable de soutenir la croissance économique et de réduire les inégalités territoriales.

La finance climat, un levier d’accélération

Dans cette trajectoire, la mobilisation des financements internationaux constitue un atout majeur pour le Bénin. Le pays s’est déjà distingué par sa capacité à attirer des ressources dans le domaine de la finance climat. L’enjeu des prochaines années est d’aller plus loin, en structurant un véritable écosystème autour de l’initiative « Benin Green Investment Hub ». L’objectif est de faire du Bénin non plus seulement un bénéficiaire, mais un hub régional d’investissements verts.
Cela passe par l’alignement des projets sur des standards internationaux, la sécurisation des investissements, l’attractivité pour le capital-risque et le développement de partenariats public-privé innovants. L’AISER-Bénin reste focus sur ces différents objectifs avec comme leitmotiv l’innovation et l’adaptation constantes.

L’énergie, pilier du développement national

Aujourd’hui, l’énergie ne se limite plus à un secteur d’activité. Elle s’impose comme une condition essentielle du développement économique, industriel, culturel et social du Bénin. Les bases sont désormais posées pour une transformation durable, où l’énergie et l’eau deviennent des catalyseurs de croissance, de sécurité et de souveraineté. Mais pour consolider ces acquis et franchir un nouveau cap, une articulation forte entre vision stratégique, mobilisation des acteurs et volonté politique demeure indispensable.
Dans cette dynamique, AISER-Bénin apparaît plus que jamais comme un acteur clé, capable de relier politiques publiques, initiatives privées et réalités locales pour bâtir un avenir énergétique inclusif et durable. Face aux enjeux, l’AISER-Bénin reste active dans la déclinaison d’action à fort impact dans le domaine de l’énergie. Des acquis qui séduisent et qui témoignent des performances de l’association.

Qui est le Dr Léonide Michael Sinsin ?

Président de l’AISER-Bénin, Dr Léonide Michael Sinsin est un expert reconnu du secteur énergétique en Afrique de l’Ouest, avec près de quinze années d’expérience. Titulaire d’un doctorat en économie des énergies obtenu aux universités Paris Dauphine et d’Abomey-Calavi, il est également diplômé d’un master en science énergie et innovation de l’Institut Français du Pétrole et de l’Institut des Sciences et Techniques Nucléaires – ParisTech. Engagé depuis 2012 au sein du groupe ARESS/MJB, il œuvre activement pour l’accès universel à l’énergie et la réduction des inégalités à la base. Le groupe est aujourd’hui une référence dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Passionné par les énergies, les ressources naturelles, la data analysis et la géostratégie, il nourrit également un intérêt pour l’aéronautique, le vivant et la littérature.

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