
Cour spéciale des affaires foncières : Un enseignant confronté à un contentieux lié à une double vente présumée de parcelles à Hêvié par deux prétendus propriétaires
La chambre correctionnelle de la Cour spéciale des affaires foncières (CSAF) a examiné, ce jeudi 2 avril 2026, un litige foncier impliquant un enseignant, S. Agnidé, victime présumée d’une double vente de parcelles situées à Hêvié, dans la commune d’Abomey-Calavi. Le dossier oppose la victime à A. Djikponkondé, poursuivi en qualité de prévenu.
Selon les déclarations de la victime, les faits remontent à sa recherche d’une parcelle dont il détiendrait le titre foncier. Dans ce cadre, il est entré en contact avec un gardien, qui lui proposa un domaine présenté comme appartenant à la famille Djikponkondé. Les échanges ont conduit à une visite de la parcelle, au cours de laquelle des documents et une plaque d’identification du terrain lui auraient été présentés. Après vérification auprès des services compétents, S. Agnidé n’aurait relevé aucun litige et décide d’acquérir deux parcelles pour un montant total de deux millions cinq cent dix mille francs CFA (2 510 000 F CFA).

Une revendication après l’achat
Au terme des travaux entrepris, notamment l’installation d’un forage, une dame, J. L, se présentant comme propriétaire du domaine, se manifesta avec une délégation. Elle déclara détenir des droits antérieurs sur la parcelle, acquis auprès d’un autre vendeur, et produisit des documents justificatifs, dont un titre foncier. La victime affirme que J. L retira la plaque installée et saisit les autorités policières. Les différentes parties ont été convoquées, mais les vendeurs mentionnés par J. L ne se sont pas présentés.
Les explications du prévenu

À la barre, A. Djikponkondé, maçon de profession, actuellement détenu à la prison civile d’Abomey-Calavi, a reconnu avoir participé à la vente en tant que membre de la famille et témoin. Il a précisé ne pas avoir procédé à des vérifications approfondies, se fiant aux assurances de son frère aîné, M. Djikponkondé, lettré et plus proche des dossiers de la parcelle. Le prévenu a également évoqué un antécédent conflictuel : le terrain faisait déjà l’objet d’un contentieux entre la famille Djanguila et la sienne. Il affirme que son frère lui avait assuré que la parcelle qu’il vendait n’était pas concernée par ce litige.
Selon ses propos, la vente aurait été effectuée collectivement par les membres de sa famille, tous issus du même père. Les vendeurs de la seconde présumée propriétaire, J. L, appartiennent à la famille Djanguila.
Affaire en attente de pièces complémentaires
Face aux éléments contradictoires, la CSAF a renvoyé le dossier au 28 mai 2026 pour la production de pièces complémentaires. Il a été demandé que les documents de J. L soient versés au dossier, et la comparution d’un proche chargé de gérer ses affaires en son absence est attendue.
La victime a déclaré avoir perçu la somme de sept cent mille francs CFA (700 000 F CFA). Après évaluation des différents investissements, le montant total en jeu s’élèverait aujourd’hui à deux millions deux cent quarante-trois mille francs CFA (2 243 000 F CFA).
Ce nouveau dossier examiné à la CSAF illustre les risques liés aux transactions foncières et la complexité des litiges autour de la propriété des terres, particulièrement en zone périurbaine.