Le dossier judiciaire de Kemi Seba détenu en Afrique du Sud depuis avril 2026, prend une nouvelle dimension . Selon des documents judiciaires consultés par Bloomberg, les procureurs sud-africains soupçonnent un financement russe derrière la tentative présumée de sortie clandestine du territoire impliquant l’activiste béninois. Au même moment, l’examen de la demande d’extradition vers le Bénin connaît un nouveau report.

L’affaire remonte au mois d’avril. Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, avait été interpellé à Pretoria avec son fils et François van der Merwe, présenté comme le responsable du mouvement afrikaner Bittereinders. Les trois hommes auraient tenté de rejoindre le Zimbabwe en franchissant clandestinement le fleuve Limpopo. D’après les éléments cités par Bloomberg, van der Merwe aurait reçu environ 250 000 rands pour faciliter cette traversée. Les procureurs sud-africains attribuent cette somme à un financement russe présumé. L’enquête aurait également établi que Kemi Seba envisageait ensuite de poursuivre son trajet vers l’Europe. Les documents judiciaires cités par l’agence américaine rapportent par ailleurs que les services sud-africains chargés des enquêtes sur les crimes prioritaires, les Hawks, considèrent l’activiste comme une personne « entraînée par les Russes » et « extrêmement dangereuse ». Ils lui attribuent également un projet présumé de déplacement vers l’Europe et le Royaume-Uni.
Ces accusations s’établissent à un moment où les liens entre Kemi Seba et des réseaux proches de la Russie sont déjà documentés. Une enquête publiée en 2023 par plusieurs médias internationaux avait notamment fait état d’un soutien financier attribué à des structures liées à l’ancien chef de Wagner, Evgueni Prigojine, pour des activités de l’Ongm Urgences panafricanistes.
Le dossier sud-africain comporte également un volet distinct concernant François van der Merwe. Celui-ci s’était rendu à Moscou en 2024 pour rencontrer une organisation liée à l’oligarque russe Konstantin Malofeev, selon les éléments rapportés par Bloomberg.
En attendant, l’activiste demeure détenu en Afrique du Sud, tandis que sa demande d’asile politique dans le pays reste pendante. Les différentes procédures engagées contre lui continuent donc de suivre leur cours.














































