Service d’eau potable à proximité : l’arrondissement de Koko, commune de Bantè aborde une nouvelle dimension de son développement
Dans l’arrondissement de Koko, commune de Bantè (département des Collines), l’accès universel à l’eau potable progresse à travers la mise en place d’un Système d’Approvisionnement en Eau Potable multi-villageois (SAEPmV) structurant. Ce dispositif est conçu pour rapprocher durablement l’eau des ménages, sécuriser la qualité sanitaire et accompagner la croissance démographique de plusieurs localités raccordées.
Un SAEPmV dimensionné pour plusieurs villages et la croissance démographique
Le SAEPmV de Koko est prévu pour desservir les villages de Akpaka, Basson, Issalè et Itchokobo. La planification intègre une montée en croissance démographique progressive : au total, 12 382 habitants (2021), 17 499 (2031) et 24 732 (2041) sur l’ensemble des villages raccordés. Cette anticipation est un marqueur important de l’“accès universel” : il ne s’agit pas seulement d’installer des ouvrages, mais de garantir que le service reste suffisant au fil des années.
Des ouvrages structurants : forages, stations de pompage, stockage et régulation
Le système s’appuie sur quatre forages (existants et réhabilités) répartis sur Itchokobo et Issalè. Le SAEPmV est composé d’un château d’eau de 300 m³ (hauteur sous cuve 18 m), alimenté par quatre stations de pompage situées à Itchokobo et Issalè. Les quatre forages cumulés donnent 34 m³/h, suffisants pour couvrir les besoins dans dix ans et vingt ans. La fiabilité d’un service d’eau dépend aussi de la régulation du réseau. Sur ce point, un ensemble d’équipements de contrôle et de sécurité hydraulique sont installés : 155 vannes, 39 vidanges, 44 ventouses et 3 réducteurs stabilisateurs de pression. Le dispositif prévoit également des locaux techniques et des locaux de dosage (4 chacun), ainsi qu’un dispositif de pompes doseuses et bacs de préparation, indiquant une organisation de traitement et de suivi.

Un réseau étendu pour rapprocher l’eau des ménages
Le réseau du SAEPmV de Koko totalise 45 669 mètres (plus de 45 km) en canalisations, combinant refoulement et distribution. L’offre de desserte inclut des bornes fontaines : 21 bornes fontaines à l’échéance A0 (2021) et une projection à 40 à A0+5 (2026). Les bornes fontaines par échéances au-delà de l’échéance A0 relèvent d’une prévision et que seules celles de l’échéance A0 sont concernées dans le cadre du marché mentionné. Le château d’eau est localisé à Abadia (Issalè).
Les bienfaits attendus et déjà observables : santé, temps gagné, productivité locale
L’accès universel à l’eau potable se mesure surtout dans la vie quotidienne. Avec un réseau multi-villages et un stockage conséquent, les impacts attendus sont directs :
Santé publique : réduction de l’exposition aux eaux non sécurisées, donc baisse des maladies hydriques (diarrhées, typhoïdes, infections récurrentes), surtout chez les enfants.
Gain de temps et de pénibilité : moins de longues corvées d’eau, avec un effet positif sur la scolarisation et les activités génératrices de revenus (agriculture, petits commerces, transformation).
Économie locale : l’eau disponible et mieux distribuée améliore la stabilité des activités (restauration, élevage, artisanat) et renforce l’attractivité des villages desservis.
Cohésion sociale : des points d’eau mieux organisés réduisent les tensions liées aux files d’attente, aux conflits d’usage et aux ruptures d’approvisionnement.
Réactions des bénéficiaires : satisfaction sur l’amélioration du service, exigences sur la qualité et la continuité
Sur les projets de professionnalisation du service public d’eau en milieu rural, l’opérateur met en avant un point de perception important : après une phase de démarrage marquée par des lenteurs liées à un déficit d’équipements, « les améliorations sont visibles et reconnues par les populations », grâce notamment à des équipes d’astreinte capables d’intervenir rapidement.
La question de la qualité de l’eau est également centrale dans les réactions des usagers. L’opérateur rappelle que l’eau distribuée est analysée régulièrement (physico-chimie et bactériologie) et qu’un traitement au chlore est appliqué pour garantir la potabilité jusqu’au point de puisage. Enfin, la dynamique d’accès universel s’accompagne d’une attente forte : passer progressivement des bornes fontaines aux branchements domestiques, avec un objectif explicitement formulé par l’opérateur : “un branchement par ménage”.