Affaire de l’apologie de crime contre la sûreté de l’État: Soupçonné après un message WhatsApp, le député Soumaïla Sounon Boké face au tribunal

0 384

Le député du parti Les Démocrates, Soumaïla Sounon Boké, a comparu ce mardi 13 janvier 2026 devant la juridiction compétente, dans le cadre de la procédure engagée à la suite de la tentative de coup d’État survenue le 7 décembre 2025. L’audience, initialement prévue pour le 30 décembre dernier, avait été reportée. Vêtu d’un ensemble blanc, le parlementaire est apparu serein à la barre. Il a formellement plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés.

*La défense démonte la procédure de flagrance*

Dès l’entame des débats, ses avocats, Me Mousbayi Aminou Padonou et Me Aboubakar Baparapé, ont soulevé une exception de procédure, contestant la qualification de flagrance retenue par le ministère public. Selon eux, le laps de temps écoulé entre l’envoi du message incriminé « c’est la fête » et l’interpellation du député ne permet pas juridiquement de retenir un flagrant délit.

Ils estiment que cette qualification irrégulière porte atteinte à l’immunité parlementaire de leur client et fragilise l’ensemble de la procédure.

La défense a également pointé le délai ayant précédé la présentation du député devant la juridiction. En réponse, la substitut du procureur a justifié ce décalage par le calendrier judiciaire, rappelant que le 30 décembre correspondait au premier jour ouvrable suivant la période des fêtes.

*« Le message est parti par erreur »*

Banniere carrée

À la barre, Soumaïla Sounon Boké a tenté de dissocier son message de tout contexte politique ou subversif. Il a expliqué que le message avait été envoyé par inadvertance dans le groupe WhatsApp « Banikoara News », alors qu’il était destiné à un autre groupe privé où des membres cotisent pour l’achat d’un mouton en vue d’une célébration. « Mon téléphone était dans ma poche, non verrouillé. Le message est parti sans que je m’en rende compte. Il n’avait aucun lien avec les événements du 7 décembre », a-t-il déclaré devant la cour.

*Des poursuites lourdes, une liberté provisoire refusée*

Arrêté le 23 décembre 2025, le député est poursuivi pour apologie de crime contre la sûreté de l’État et incitation à la haine et à la violence, des infractions directement liées au climat de tension consécutif à la tentative de putsch.

Estimant offrir toutes les garanties de représentation, la défense a sollicité une mise en liberté provisoire, en s’appuyant notamment sur le statut parlementaire de l’accusé. Le ministère public s’y est opposé.

Après avoir entendu les parties, la présidente de la cour a renvoyé le dossier au 24 février 2026, date à laquelle la juridiction statuera sur la demande de liberté provisoire.

Laura LEKE

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

error: Content is protected !!