Coopération culturelle renforcée entre le Bénin, le Brésil et la France : Kancìcà, une exploration de la mémoire et de l’héritage des Afro-descendants

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La Maison de la Culture de Ouidah abrite, du 13 au 31 janvier 2026, l’exposition immersive et projection intitulée Kancícà. Elle est le fruit d’un partenariat stratégique entre MansA (Maison des Mondes Africains), Dream Feel Factory et le gouvernement du Bénin, à travers l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC), ainsi que l’Ambassade de France près le Bénin.

À peine les lampions des Vodun Days se sont-ils éteints qu’un nouveau foyer de lumière se rallume déjà dans la ville historique de Ouidah. Il s’agit de l’exposition immersive et projection intitulée Kancícà (lien entre le passé, le présent et le futur), un projet qui s’inscrit dans une dynamique de coopération culturelle renforcée entre le Bénin, le Brésil et la France, trois pays partageant historiquement une mémoire commune et des circulations culturelles anciennes. Ceci intervient après une première halte au Brésil en novembre dernier, notamment au Musée des Arts de Rio.
Le vernissage s’est déroulé dans l’après-midi de ce mardi 13 janvier 2026 à la Maison de la Culture de Ouidah, qui a accueilli l’évènement. Trois temps forts ont marqué cette activité : une prestation artistique du groupe Teriba, une série d’allocutions et la visite guidée de l’installation dans un dôme spatial.
Dans son discours introductif, Elisabeth Gomis, directrice générale de MansA, a rappelé que ce projet est né il y a un an, au moment même où MansA faisait ses premiers pas. « Dès l’origine, nous avons voulu poser un geste fondateur capable d’expliquer concrètement ce que recouvre l’appellation Maison des Mondes Africains. Penser l’Afrique non pas comme un espace périphérique, mais comme un point central de l’histoire du monde. L’exposition Kancícà est l’une des réponses à cette appellation », a-t-elle déclaré.
À l’en croire, Kancícà est une œuvre immersive, mais avant tout un geste de retour de mémoire et de transmission, à partir de l’histoire vraie de la reine mère Nan Agontimè, réduite en esclavage et fondatrice de la Casa das Minas, premier centre culturel d’ancestralité africaine au Brésil, et à travers la figure fictionnelle de Dotou, femme guerrière et cartographe. « Kancícà convoque le Vodun, l’Atlantique noir et les spiritualités afro-brésiliennes nées de la traite. Il s’agit d’une quête lancée non pour conquérir, mais pour relier. C’est aussi un dialogue avec le reste du monde pour déplacer les regards et rappeler que le monde ne peut continuer sa marche sans comprendre ce qui s’est joué et se joue en Afrique », a-t-elle poursuivi.
Procédant à l’ouverture officielle de cette exposition, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, a indiqué que Kancícà est certes un film, mais bien plus qu’une œuvre cinématographique. « Il est un regard posé sur nos réalités, nos silences, nos héritages visibles et invisibles », a fait savoir l’autorité.
Aux dires du ministre, cette œuvre n’aurait pu atteindre cette qualité de présentation sans des soutiens décisifs. Jean-Michel Abimbola a donc tenu à saluer tout particulièrement l’Ambassade de France au Bénin, dont l’appui a été déterminant dans la réussite des installations, sans oublier l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC), bras opérationnel du ministère en charge de la Culture, qui a accompagné les organisateurs par son soutien appuyé à la production du film.

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L.T.

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