Soupçons de perception illégale de frais académiques, d’abus de fonction et infractions connexes : Fast-Uac : 100 mille FCFA, ces frais de laboratoire flous, étudiants et parents escroqués ?
Les étudiants et les parents d’étudiants inscrits à la faculté des sciences techniques (Fast) de l’Université d’Abomey-Calavi sont-ils victimes d’un vaste réseau d’escroquerie ? Ou alors sont-ils victimes d’intellectuels devenus spécialistes de l’abus de fonction ? Dans l’un ou l’autre des cas, de graves soupçons qui couvrent le corps professoral de la Fast dans une affaire d’instauration des »frais de laboratoires » sont devenus pesants ces derniers semaines. Selon plusieurs sources de Le Potentiel, « Il est exigé une somme de 100 mille francs CFA à chaque étudiant, ces fonds sont désignés comme des frais de laboratoire que chaque étudiant doit payer en début de chaque année pendant les trois ans de formation », fait savoir une source dont nous protégeons l’identité selon les clauses de confidentialité. Une autre source qui se livre sous anonymat va plus loin et donne des précisions. « Ça fait longtemps que les 100 mille francs CFA ont été instaurés. Ces fonds sont payés régulièrement par exemple par les étudiants de la filière Énergies renouvelables. Mais chose curieuse, aucune facture n’est délivrée aux étudiants qui payent les 100 mille », confie une source à l’Université. La même source évoque »une pratique vieille » et des »pressions » exercées par le corps d’encadrement sur les étudiants qui peinent à payer les fameux 100 mille francs CFA de frais de laboratoire. Propos d’illustration : « Si tu payes les 100 mille, tu seras quitte, si tu ne payes pas les 100 mille, tu auras tous les problèmes pour soutenir », révèle un apprenant sous l’émotion quand il se rappelle les déboires de ses camarades en fin de cycle. Le système serait donc bâti pour faire le point des payements en 3e année. L’étudiant qui n’aurait pas payé régulièrement chaque année les 100 mille, soit au total 300.000 francs, devrait se résoudre à subir l’exclusion des sorties avec des problèmes à la soutenance.
*La démarche contradictoire de Le Potentiel*

Les faits tels que relatés avec agacement par des sources concordantes du Dei sont assez graves. Il s’agit de soupçons de perception illégale de frais académiques, d’abus de fonction et de pratiques assimilables à de l’escroquerie sur les étudiants de la filière Energies renouvelables de la Fast. Fidèle à son serment professionnel, le département enquête et investigation (Dei) a ouvert une procédure d’enquête journalistique. Le 26 décembre 2025, le doyen de la faculté des sciences techniques de l’Université d’Abomey-Calavi a été saisi d’une correspondance meublée d’une série de questions.
« Les informations concordantes, recoupées auprès de plusieurs sources internes à l’institution universitaire, font état de l’instauration, par certains enseignants ou responsables académiques de ladite filière (énergies renouvelables), d’une pratique consistant à exiger de chaque étudiant le paiement d’une somme de cent mille (100 000) francs CFA, présentée comme des « frais de laboratoire », et ce chaque année durant les trois (03) années de formation. Il ressort des premières investigations que cette exigence financière ne serait fondée sur aucun texte réglementaire officiel, qu’elle serait imposée en marge des réformes en vigueur dans l’enseignement supérieur public béninois, et qu’elle ne ferait l’objet d’aucune facturation, quittance ou trace comptable officielle au niveau de la FAST ou de l’UAC », écrit le Dei au Doyen de la Fast dans sa correspondance. La correspondance présente par ailleurs, un tableau de témoignages au Doyen : « (…) plusieurs témoignages concordants font état de pressions répétées exercées sur les étudiants afin de les contraindre au paiement de ces sommes, certains d’entre eux ayant déjà procédé au versement des montants exigés au titre de l’année académique 2025–2026, sans document justificatif attestant la régularité de la perception». Enfin, le Dei rappelle au Doyen de la Fast la gravité des faits si ceux-ci s’avéraient. De même, l’impact social d’une telle pratique serait lourd pour les étudiants et parents d’étudiants. Tout comme elle constituerait une souillure sur l’image de la Fast. Le Doyen de la Fast a donc été invité à apporter sa part de lecture sur ce dossier lugubre de soupçons à travers des éléments de réponses suite à une série de questions. 48 heures après la réception de la correspondance du Dei de Le Potentiel, l’un des responsables de la faculté a joint le Dei assurant de la diligence en cours pour donner suite à la correspondante de Le Potentiel. Chose curieuse, plus de deux semaines après, aucune suite favorable n’a été donnée par la Fast de l’Université d’Abomey-Calavi. Le silence est-il une reconnaissance tacite des faits allégués relativement aux fameux »frais de laboratoire » ? La question revient et remet sur le tapis la responsabilité des autorités de la Fast dans ce dossier. A suivre.
Brivaël Klokpê Sogbovi