Colloque international à Cotonou : l’écologie intégrale au cœur des réflexions pour la survie et le bien-être de la création

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Responsables religieux, autorités politiques, universitaires, chercheurs et acteurs de la société civile se sont réunis, ce mardi 20 janvier 2026 à Cotonou, à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest – Unité universitaire à Cotonou (UCAO-UUC), à l’occasion d’un colloque international consacré à « l’écologie intégrale pour la survie et le bien-être de la création ». L’initiative, portée par l’Archidiocèse de Cotonou en partenariat avec l’UCAO-UUC, entend promouvoir une approche globale, ancrée dans les réalités africaines, de la sauvegarde de l’environnement.

 

La rencontre vise à intégrer les dimensions sociale, culturelle, économique, spirituelle et éthique dans la réflexion écologique, dans un contexte mondial marqué par les effets croissants des changements climatiques, la dégradation des écosystèmes et les inégalités sociales.

 

 

 

La cérémonie d’ouverture a rassemblé plusieurs personnalités de premier plan, dont Mgr Roger Houngbédji, archevêque métropolitain de Cotonou, le cardinal Fridolin Ambongo, président du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), et Mgr Avelino Chico, représentant du Dicastère pour le service du développement humain intégral.

Le gouvernement béninois a été représenté par José Tonato, ministre du Cadre de vie et des Transports, en charge du Développement durable, aux côtés du président de l’Assemblée nationale et de partenaires nationaux et internationaux.

Dans son mot de bienvenue, Mgr Roger Houngbédji a souligné la pertinence du colloque face aux défis contemporains, rappelant que « la vie nous préoccupe et le bien-être nous engage ». Il a appelé à une mobilisation collective, estimant que l’écologie intégrale doit être envisagée comme une réponse globale aux crises actuelles.

 

*Une écologie qui relie l’homme, la nature et la société*

Prenant la parole à son tour, le recteur de l’UCAO-UUC, Benjamin Akotchia, a rappelé que l’écologie intégrale, telle que développée par le pape François dans l’encyclique Laudato si’, « invite à dépasser une vision fragmentée des crises pour reconnaître l’interconnexion entre l’homme, la nature et la société ».

Selon lui, le colloque se veut « un espace de dialogue, de partage et de co-création », visant non seulement à analyser les problèmes, mais aussi à identifier des solutions concrètes, en associant sciences modernes et savoirs traditionnels africains.

 

*L’Afrique face à ses responsabilités écologiques*

Banniere carrée

 

Au nom de l’archevêque métropolitain de Brazzaville, Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, son représentant a mis en lumière les défis environnementaux spécifiques du bassin du Congo, notamment la gestion durable de l’eau et la protection des forêts, qualifiées de « deuxième poumon vert de la planète ».

Il a insisté sur le fait que, pour l’Afrique, « l’écologie intégrale n’est ni un luxe ni un slogan, mais une question de survie, de dignité humaine et de fidélité à la mission de l’Église ».

 

Dans son allocution d’ouverture, le cardinal Fridolin Ambongo a rappelé que la crise écologique actuelle est à la fois « environnementale, sociale, culturelle et spirituelle ». S’appuyant sur des données scientifiques alarmantes relatives à la déforestation, à la perte de biodiversité et aux déplacements forcés de populations, il a appelé à « une véritable conversion écologique fondée sur la justice climatique, la responsabilité collective et l’espérance ».

Il a également mis en avant l’apport des sagesses africaines traditionnelles, qui reposent sur « une relation sacrée entre l’homme et la nature ».

 

*L’engagement de l’État béninois réaffirmé*

 

Intervenant au nom du gouvernement, le ministre José Tonato a réaffirmé l’engagement de l’État béninois en faveur du développement durable. Il a salué la collaboration avec l’Église catholique, notamment à travers le programme « Église verte », lancé en 2023, ainsi que les actions de reboisement, de sensibilisation et de protection des écosystèmes.

Pour le ministre, « la transition écologique ne peut être portée par l’État seul » et nécessite une synergie entre pouvoirs publics, institutions religieuses, monde académique et communautés locales.

 

*Deux jours de réflexions et de perspectives*

Prévu sur deux jours, le colloque propose conférences plénières, panels et débats autour de thématiques telles que l’aménagement durable du littoral béninois, la justice environnementale et sociale, la responsabilité écologique dans les traditions africaines et l’approche multidisciplinaire de l’écologie intégrale. Une excursion de terrain est également programmée le 22 janvier.

 

À l’issue des travaux, les organisateurs espèrent voir émerger une vision africaine partagée de l’écologie intégrale, un renforcement du dialogue interdisciplinaire et interreligieux, ainsi que des recommandations concrètes en faveur de la sauvegarde de la création et du bien-être des générations présentes et futures.

Laura LEKE

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