Plus de 170 fidèles chrétiens ont été kidnappés dimanche 18 janvier 2026 dans trois églises de la région de Kaduna, dans le nord-ouest du Nigeria. Après une journée de démentis, la police nigériane a confirmé mardi 21 janvier au soir qu’un « incident » s’était effectivement produit. Ce nouvel enlèvement de masse ravive les tensions sécuritaires et religieuses dans le pays.
Selon l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), l’attaque s’est déroulée en pleine célébration dominicale dans plusieurs églises de Kurmin Wali, une localité reculée du district de Kajuru, dans l’État de Kaduna. Des hommes armés ont fait irruption dans les lieux de culte, encerclé les fidèles puis les ont emmenés de force vers la brousse environnante. Le président de la CAN, Joseph John Hayab évoque un scénario traumatisant : des familles entières ont été enlevées, laissant derrière elles des villages presque vidés de leurs habitants. Une semaine avant ce kidnapping de masse, les mêmes communautés avaient déjà dû réunir plus de deux millions de nairas (environ 1 500 euros) pour obtenir la libération d’une vingtaine de proches, selon les responsables locaux. Ces enlèvements à répétition plongent les habitants dans une spirale de peur, d’appauvrissement et de déplacement forcé.

L’attaque est survenue dans une zone enclavée, quasiment dépourvue de réseau téléphonique, ce qui a retardé la circulation de l’information. Il aura fallu plus de 24 heures avant que la police nigériane ne confirme officiellement les faits, mardi soir, après avoir initialement minimisé l’événement.
Ces derniers mois, le président américain Donald Trump a dénoncé ce qu’il qualifie de « massacre de chrétiens » au Nigeria, des déclarations qui ont suscité de vives réactions au sein du gouvernement nigérian.
Médard Clobechi