Vente illicite et faux médicaments dans les centres de santé des Collines : une sage-femme et deux aides-soignantes du centre de santé de Touï écrouées
La vente illicite des médicaments a frappé au cœur d’un centre de santé public. À Toui Gare, dans la commune de Ouèssè, une sage-femme responsable du centre et deux aide-soignantes ont été déposées en prison par le procureur le jeudi 22 janvier 2026 pour vente illicite et trafic de faux médicaments.
Selon des sources proches du ministère de la Santé, le schéma était simple et répété. Les agents mis en cause proposaient aux patients des médicaments de qualité inférieure à la place de ceux disponibles au centre, pourtant achetés sur financement communautaire. Des produits payés par la collectivité, détournés au détriment des usagers.
Pire, même en cas d’indisponibilité officielle d’un médicament, les patients repartaient avec un produit présenté comme conforme. En réalité, il s’agissait de versions contrefaites, vendues à des usagers souvent sans moyens de vérifier ce qu’on leur remettait. La vente illicite des médicaments prenait alors la forme d’un acte routinier, dissimulé derrière la blouse blanche.

Alertées, les autorités sanitaires ont engagé des investigations ciblées. Les enquêtes ont permis d’identifier la sage-femme et ses deux collaboratrices comme les principales actrices de ce circuit parallèle au sein même du centre de santé.
Interpellées, placées en garde à vue, elles ont d’abord été présentées au procureur de la République près le tribunal d’Abomey. Le dossier a ensuite été transféré au procureur spécial de la Criet, qui a ordonné leur placement sous mandat de dépôt. Le procès est annoncé pour le mois de février.
Au-delà des personnes poursuivies, cette affaire rappelle une réalité brutale , la vente illicite des médicaments n’est pas cantonnée aux marchés informels. Elle peut aussi s’installer là où la confiance des patients est censée être totale. Et quand elle s’y installe, ce sont des vies ordinaires qui paient le prix fort.
Joseph Sossou