Protection de l’enfance : Tolérance zéro, le Bénin relance la bataille contre le travail des enfants
Le travail des enfants n’est pas une abstraction statistique. Ce sont des mains trop petites pour des tâches d’adultes, des cahiers abandonnés, des enfances écourtées. Ce mardi 3 février 2026, à la maison des jeunes de Sèmè-Podji, le gouvernement béninois a relancé la campagne nationale « Tolérance Zéro au travail des enfants dans les secteurs à forte prévalence », deuxième édition d’un combat qui se veut constant.
La cérémonie, conduite par la ministre du travail et de la Fonction publique, Adidjatou A. Mathys, a réuni autorités, partenaires, acteurs privés, organisations sociales et leaders communautaires. Un rassemblement dense, à l’image d’un enjeu qui touche chaque famille, chaque quartier.
Dans son message, la ministre a rappelé une réalité dure, le travail des enfants reste une atteinte directe aux droits fondamentaux. Il ferme la porte de l’école, fragilise la santé et hypothèque l’avenir. Les chiffres parlent. Selon l’OIT et l’UNICEF, 138 millions d’enfants sont encore concernés dans le monde. Au Bénin, l’enquête MICS 2022 note un recul net, de 54 % en 2014 à 19,9 % en 2022. Une avancée réelle, mais incomplète, surtout dans les secteurs à forte exposition.
La préfète de l’Ouémé, Marie Akpotrossou, a insisté sur le rôle des communautés. Parents et employeurs sont en première ligne. Sans leur implication, aucune politique ne tient. Même tonalité du côté des partenaires. Fondation Moov Africa Bénin, UNICEF, Conseil national du patronat, tous appellent à une action coordonnée, ancrée dans le terrain.

Les ministres Mariam Djaouga Sacca et Véronique Tognifodé ont, chacune à son niveau, souligné la responsabilité partagée. Protection sociale, ligne d’assistance aux enfants, appui aux familles vulnérables, la réponse doit être concrète, continue.
Sur le fond, la campagne mise sur des actions claires : communication de masse, inspections, retrait des enfants au travail, réinsertion scolaire et socioprofessionnelle. L’objectif est assumé, installer un rejet collectif du travail des enfants et rendre cette pratique socialement inacceptable.
À Sèmè-Podji, le message est passé sans détour. La lutte avance, mais elle exige de la constance. Derrière chaque pourcentage en baisse, il y a un enfant qui retrouve une salle de classe. Et cela, au fond, vaut chaque effort.
Brivaël Klokpê Sogbovi