Faux agent de la SGDS devant la CRIET : une arnaque aux poubelles estimée à 8 millions FCFA à Abomey-Calavi
Poursuivi pour usurpation de fonction et escroquerie, Charbel A., présenté comme un faux agent de la Société de gestion des déchets et de la salubrité (SGDS SA). Il a comparu ce mardi 10 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). L’homme est accusé d’avoir soutiré des dizaines de milliers de francs CFA à plusieurs ménages d’Abomey-Calavi en leur proposant de fausses ventes promotionnelles de poubelles au nom de la SGDS.
Selon les éléments exposés à l’audience, les faits reprochés au prévenu remontent à fin 2024, période à laquelle la SGDS a commencé à recevoir des plaintes récurrentes de ménages victimes de faux agents opérant sous son identité. « Des personnes se faisaient passer pour nos agents et vendaient illégalement des poubelles aux populations », a expliqué à la barre le point focal de la SGDS, venu témoigner devant la Cour. L’information a été rapportée par Libre Express.
Le représentant de la SGDS a précisé qu’avec l’introduction, en janvier 2025 d’un nouveau modèle de paiement des redevances, le prévenu aurait intensifié ses activités frauduleuses, ciblant principalement les quartiers d’Abomey-Calavi. « Il se rendait directement chez les ménages, leur mettait la pression et leur parlait d’offres promotionnelles limitées », a-t-il détaillé. Les victimes étaient invitées à payer par mobile money (MOMO) des montants variant entre 25 000 et 70 000 FCFA, sous prétexte de dysfonctionnements supposés sur la plateforme officielle de la SGDS. « Le préjudice financier subi par la SGDS dans cette affaire est évalué à environ 8 millions de francs CFA », a affirmé le responsable. Au cours de l’audience, au moins six victimes dont un professeur d’université, ont été entendues par la Cour. Toutes, résidant à Abomey-Calavi, ont relaté des faits similaires et ont demandé le remboursement intégral des sommes versées pour cette fausse vente de poubelles.

Convoqué à la barre, Charbel A. a nié les faits ainsi que toute connaissance des victimes. Il a soutenu avoir été recruté par une société dénommée AZDA qui agirait, selon lui pour le compte de la SGDS dans la collecte des taxes de ramassage des ordures. Un argument immédiatement rejeté par la partie civile. « La SGDS ne collabore avec aucune société de ce nom et n’envoie jamais d’agents à domicile pour vendre des poubelles », a rétorqué le point focal de la société publique, apportant un démenti formel à la déclaration du prévenu.
À l’issue des débats, la CRIET a décidé de renvoyer l’affaire au mardi 24 mars 2026. Ceci permettra au prévenu de se constituer un avocat et pour la poursuite de la procédure.
Médard Clobechi