Politique de régulation des TIC et renforcement institutionnel : Les régulateurs de l’Afrique francophone pour une transformation numérique inclusive
Le secteur du numérique connaît une véritable révolution en Afrique francophone, notamment en Afrique de l’Ouest. Il y a quelques jours, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP Bénin) a accueilli à son siège de Hêvié (Calavi), à Cotonou, une session iPRIS de quatre jours consacrée à la politique de régulation des TIC et au renforcement institutionnel.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Les régulateurs des télécoms d’Afrique francophone s’unissent pour accélérer la transformation numérique inclusive
Cotonou, Bénin
13 février 2026
L’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP Bénin) a accueilli à Cotonou la deuxième cohorte francophone du programme iPRIS. Cette session de quatre jours était dédiée à la politique de régulation des TIC et au renforcement institutionnel.
La rencontre a réuni des experts des télécommunications issus des autorités de régulation du Bénin, du Burundi, du Cameroun, de la Guinée équatoriale, du Gabon et de la Guinée. Étaient également présents les partenaires de mise en œuvre, notamment SPIDER (Suède) et l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR), ainsi que des organisations sous-régionales de régulation : l’Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (ARTAO) pour l’Afrique de l’Ouest, l’Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique Centrale (ARTAC) pour l’Afrique centrale, l’Organisation des Communications de l’Afrique de l’Est (OCAE) pour l’Afrique orientale, ainsi que le réseau francophone FRATEL.
S’inscrivant dans un cycle structuré d’apprentissage entre pairs, cette session a permis d’approfondir les échanges d’expertise réglementaire, de partager des expériences pratiques et d’explorer des approches prospectives en matière de gouvernance numérique. Elle s’appuie sur la formation complète dispensée à la cohorte francophone au Luxembourg en septembre 2025.
Lors de la première journée, S.E. Stéphane Mund, Ambassadeur de l’Union européenne au Bénin, a déclaré :
« La sphère numérique n’est pas simplement une question économique. Elle est au cœur du progrès social, économique et humain. iPRIS ne se résume pas à un appui technique ou financier ; il s’agit de poser des bases solides pour harmoniser les cadres législatifs, encourager la convergence régionale et inscrire la transformation numérique de l’Afrique dans une trajectoire durable et inclusive. »
Des initiatives nationales pour un changement structurel
Au cœur du programme iPRIS figurent des « initiatives pour le changement », portées par les régulateurs dans leurs zones respectives. Ces engagements transformatifs portent sur des priorités essentielles du numérique, telles que la réduction des lacunes de connectivité, l’amélioration de l’accessibilité des services et l’adaptation des cadres réglementaires.
Chaque régulateur national travaille sur une initiative adaptée aux priorités de son pays, notamment :

• la régulation de la concurrence pour un marché dynamique des communications mobiles ;
• l’élaboration d’une stratégie de gestion du spectre ;
• les spécifications réglementaires pour le déploiement de la 5G ;
• la régulation du partage des infrastructures de fibre optique ;
• le renforcement de la concurrence dans des marchés déséquilibrés ;
• la détection et l’analyse des interférences spectrales.
Collectivement, ces projets modernisent les environnements réglementaires, renforcent la confiance du marché et accélèrent la transition vers des écosystèmes numériques plus résilients, compétitifs et inclusifs à travers l’Afrique.
Les participants ont également effectué une visite au centre technique de l’ARCEP Bénin à Hêvié (Calavi). Ils ont échangé avec le Secrétariat exécutif afin de mieux comprendre l’approche évolutive du pays en matière de régulation numérique, notamment les récentes orientations relatives à l’exploitation des zones Wi-Fi. À mesure que la connectivité s’étend dans les centres urbains, les marchés et les établissements scolaires, le cadre réglementaire met l’accent sur l’autorisation préalable, la qualité de service, la protection des données et la concurrence loyale.
Le Secrétaire exécutif de l’ARCEP Bénin, Hervé C. Guèdègbé, a souligné :
« Il y a l’école des livres, l’école du savoir et l’école de l’expérience. La meilleure école est celle de l’expérience, et c’est précisément ce qu’IPRIS réunit.
Innovation, inclusion financière et prospective réglementaire
Le programme a également été enrichi par des échanges avec des innovateurs fintech soutenus par le LuxAid Challenge Fund et le MTN Innovation Lab, notamment Global Optim Benin et Media Soft Benin. Ces discussions ont mis en lumière des solutions favorisant l’inclusion financière, la sécurisation des transactions numériques et l’élargissement de l’accès aux services financiers formels.
Alors que l’adoption des fintechs s’accélère à travers le continent, les participants ont insisté sur l’importance d’une régulation prospective afin de protéger les consommateurs et de garantir l’intégrité des systèmes financiers numériques.
Des modules spécifiques ont par ailleurs été consacrés à la Diversité, l’Équité et l’Inclusion (DEI), ainsi qu’à la gestion de projet et au Suivi, Évaluation, Redevabilité et Apprentissage (SERA).
Une vision continentale à l’horizon 2028
iPRIS contribue à la Stratégie de transformation numérique de l’Union africaine (2020–2030) en favorisant l’alignement réglementaire, le renforcement institutionnel et la collaboration interrégionale. Depuis son lancement en 2023, ce programme financé par l’Union européenne a mobilisé environ 157 participants issus de 33 pays, témoignant d’un réseau continental croissant de régulateurs engagés dans une action coordonnée.
D’ici 2028, avec une extension prévue à 43 pays, iPRIS vise à renforcer durablement les systèmes de régulation, à améliorer l’efficacité des politiques publiques numériques et à préparer l’Afrique à une transformation numérique inclusive et durable.
Les régulateurs nationaux et sous-régionaux jouent ainsi un rôle central : garantir l’accès aux TIC, favoriser la concurrence, protéger les consommateurs et stimuler l’innovation afin de libérer pleinement le potentiel de développement du continent.