En parlant de frigidité, je sais que j’aborde un sujet sensible, souvent entouré de silence, de honte ou de fausses croyances. Beaucoup de femmes en souffrent en secret. Beaucoup d’hommes l’interprètent mal. Et trop souvent, la société juge au lieu d’expliquer. Aujourd’hui, parlons clairement, simplement et sans tabou.
Qu’est-ce que la frigidité ?
Le mot « frigidité » est un trouble du désir sexuel ou trouble de l’excitation sexuelle féminine. La frigidité désigne une absence persistante ou répétée de désir sexuel, de plaisir ou d’excitation, qui entraîne une souffrance personnelle ou des difficultés dans le couple. Il ne s’agit pas d’un manque occasionnel d’envie. Toute femme peut, à certains moments de sa vie, ne pas avoir envie de rapports sexuels. La frigidité devient un problème médical lorsque cette absence de désir dure plusieurs mois et provoque un mal-être.
2. Désir, excitation et plaisir : trois choses différentes
Pour comprendre la frigidité, il faut distinguer trois éléments :
Le désir : l’envie d’avoir une relation sexuelle (à ne pas confondre avec relation amoureuse).
L’excitation : la réaction physique du corps (lubrification, sensations).
Le plaisir : la sensation agréable ressentie pendant l’acte.
Certaines femmes n’ont pas de désir mais peuvent ressentir du plaisir si la relation commence. D’autres ont du désir mais pas d’excitation physique suffisante. D’autres encore n’atteignent pas l’orgasme. Toutes ces situations sont différentes.
3. Les causes possibles de la frigidité
Plusieurs situations peuvent expliquer la frigidité chez la femme et il faut avoir le courage d’en parler :
Causes psychologiques
Dans la majorité des cas, les causes sont psychologiques ou relationnelles.
Le stress chronique, les soucis financiers, la fatigue, le manque de confiance en soi, les conflits conjugaux… diminuent le désir. Une femme qui se sent incomprise, jugée ou non respectée peut perdre l’envie d’intimité.
Les traumatismes sexuels passés, les abus, les viols ou une éducation très stricte peuvent bloquer le plaisir. La peur d’une grossesse ou des infections peut également freiner le désir.
La dépression est une cause fréquente. Une femme déprimée perd souvent l’intérêt pour plusieurs activités, y compris la sexualité.
Causes biologiques et médicales : Certaines maladies influencent le désir
Les maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension peuvent en être la cause. Les douleurs pendant les rapports (dyspareunie), Les infections génitales répétées. Il faut aussi noter que certains médicaments diminuent le désir sexuel, notamment certains antidépresseurs, contraceptifs hormonaux ou traitements contre l’hypertension. Par ailleurs, la ménopause est une période importante de baisse de libido chez la femme. La baisse de certaines hormones peut provoquer une sécheresse vaginale et une diminution du désir.
Causes relationnelles
La sexualité ne se vit pas seule. La qualité de la relation influence fortement le désir. Le manque de communication, les disputes répétées, l’infidélité, le manque de préliminaires ou une sexualité trop mécanique peuvent éteindre progressivement l’envie. Et c’est cela qui tue les couples en poussant davantage à l’infidélité, faisant entrer le couple dans un cycle infernal.
Une femme peut aimer son partenaire mais ne plus ressentir de désir si la relation manque de tendresse ou de respect.
4. Les fausses croyances
Il est faux de dire qu’une femme frigide est « anormale » ou « froide ». Il est faux de penser que c’est toujours la faute de la femme. Il est faux de croire que la sexualité doit être identique pour toutes. Chaque personne a un rythme, un niveau de désir et des préférences différentes. La comparaison avec les autres couples ou avec les films pour adultes crée souvent une pression inutile.

5. Les conséquences
La frigidité peut entraîner une baisse de l’estime de soi, des tensions conjugales non justifiés, une infidélité dans certains cas, une souffrance silencieuse et même une rupture du couple.
Plus le problème dure sans discussion ni prise en charge, plus il s’aggrave.
6. Les solutions
Il faut dire que la prise en charge dépend de la cause. Je m’en vais faire ses propositions que vous pourriez adapter à vous ou consulter votre médecin en cas de besoin.
Si la cause est psychologique, une thérapie individuelle ou de couple peut être utile. Parler, comprendre ses blocages et améliorer la communication sont souvent efficaces, et surtout une communication ouverte. Prenez un weekend, sortez de votre zone, de vos habitudes quotidienne, allez dans une ferme à deux , ou sortez de votre lieu d’habitation et prenez un apparemment dans une autre ville à deux et discutez amplement. Amenez sur vous des jouets, des jeux et amusez vous dans le dialogue, pimentez de temps en temps la relation ; racontez l’un à l’autre ce que vous aimez chez l’autre pendant les rapports sexuelle et ce que vous n’aimez pas, osez vos fantasmes, …. J’en ai encore et encore à dire…..
Si la cause est hormonale, un traitement adapté peut être proposé. Il y a nécessité de consulter votre médecin et de faire des analyses le cas échéant.
En cas de sécheresse vaginale, des lubrifiants ou un traitement local peuvent améliorer le confort.
L’activité physique régulière améliore la circulation sanguine et l’estime de soi. Une bonne hygiène de vie, un sommeil suffisant et une réduction du stress sont bénéfiques.
La redécouverte du corps, la patience et les préliminaires prolongés sont essentiels.
7. Le rôle du partenaire
Le partenaire joue un rôle clé. Il doit éviter les reproches et la pression. La sexualité n’est pas une obligation. Elle est un partage. L’écoute, la tendresse et le respect sont fondamentaux. La performance ne doit pas remplacer la connexion émotionnelle.
8. Quand consulter ?
Il faut consulter si le manque de désir dure plus de six mois, s’il existe une souffrance personnelle, si les relations deviennent conflictuelles et s’il y a des douleurs pendant les rapports.
Consulter n’est pas un signe de faiblesse. C’est un acte de responsabilité.
La frigidité n’est ni une fatalité ni une malédiction. Dans la majorité des cas, elle peut être améliorée, voire résolue, avec une prise en charge adaptée.
La sexualité est une dimension importante de la santé globale. Elle mérite d’être comprise, respectée et protégée.
Briser le silence est la première étape vers la solution.