Institut national des recherches agricoles du Bénin : Inrab : 2 vérités en conflit sur le relèvement du Daf

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Dans le dossier  »relèvement du Daf » de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab), de nouvelles précisions s’offrent à la lecture et à l’analyse. Dans la décision de relèvement datant du 11 mars 2026, le Directeur général de l’Inrab, Comlan Hervé Sossou écrit qu’il est reproché au Daf « des faits de manquements graves d’ordre professionnel, notamment, la falsification volontaire et préméditée de documents ; violation flagrante des principes d’équité, de transparence et de justice administrative ; insubordinations avérées et refus d’exercer les instructions hiérarchiques ». Au département enquête et investigation (Dei) du Groupe de presse Le Potentiel, des sources alternatives interrogées ont évoqué un différend administratif lié à la gestion des carrières des agents, tous statuts confondus, entre le Dg et le Daf. Ces mêmes sources qui décrivent le Daf comme un cadre de bonne moralité et soucieux du respect des textes, demeurent sceptiques quant à l’objectivité des griefs énoncés contre ce dernier. Ces dernières heures, le différend administratif relevé plus tôt est explicité par d’autres sources. Le Dei apprend que le Daf aurait introduit les noms de deux agents déjà sous Contrat à Durée Indéterminée (CDI) sur une liste des agents occasionnels devant bénéficier d’une régularisation administrative. « Ces deux agents concernés allaient ainsi bénéficier d’un reclassement de grade de B2 à A3 », apprennent des sources proches de l’administration de l’Inrab. Les mêmes sources soutiennent que l’introduction des deux agents sur la liste n’aurait pas reçu l’aval du directeur général de l’Inrab. Le Daf aurait-il pu, de son propre chef, et sans aucune discussion préalable avec le DG, introduire les noms des deux agents sur cette liste de régularisation administrative ? Nos sources assurent que des échanges ont bel et bien eu lieu sur le sujet entre le Daf et le Dg. Nos sources renseignent que lors des échanges avec le DG à la phase de montage du dossier à soumettre au Conseil d’administration, le Daf s’est évertué à obtenir un avis favorable du DG Comlan Hervé Sossou afin d’introduire les deux agents sur la liste. Mais où se trouve alors le problème ? Ici, un couac est signalé. Nos sources soutiennent que lors des discussions avec le Dg, le Daf n’aurait pas fourni toutes les informations sur la situation administrative de ces deux agents concernés déjà sous un CDI. À partir de cet instant, la hiérarchie du Daf estime que la présence des deux agents dans le dossier final signé du Dg constituait une fraude et une violation des principes d’équité, de transparence et de justice administrative dans une maison où plusieurs autres agents attendent depuis des années leur reclassement. Cette lecture vient se greffer à une autre lecture portée par plusieurs sources du Dei. Ces sources défendent l’hypothèse d’une « fébrilité des griefs » tels que formulés contre le Daf, décrivant un cadre attaché aux textes et soucieux de la prise en compte globale des agents dans la régularisation administrative. Les mêmes sources soutiennent que c’est devant les difficultés d’harmonisation des points de vue à avoir sur les textes en matière de reversement et de reclassement des agents que le dossier a été maintenu en l’état afin de laisser cours à l’arbitrage des administrateurs de l’Inrab. L’approche du Daf consistait à étendre la régularisation aux divers statuts d’agents de l’Inrab dans un souci d’équité, apprend le Dei. Deux lectures s’opposent ainsi dans ce dossier. D’un côté, celle qui laisse croire que le Daf aurait délibérément foulé aux pieds les instructions du DG pour introduire les deux agents sur la liste. De l’autre côté, une lecture qui met le Daf dans la bonne posture d’un cadre ayant porté à la connaissance du Dg la situation anormale à régulariser au profit des deux agents et l’extension de la mesure de régularisation administrative à tous les agents, tous statuts confondus. Le dossier laisse ainsi cours à un réel débat sur la qualification des faits reprochés au Daf dans ce dossier de gestion des carrières. Que recouvre réellement le groupe de mots  »justice administrative » ?
La justice administrative ne voudrait-elle pas une régularisation globale des situations administratives de tous les agents dans une structure ? Sommes-nous réellement face à des actes de falsification volontaire et préméditée ? Quels critères objectifs ont guidé l’appréciation des faits ? À cette étape, les mots choisis pour qualifier les faits rendent-ils réellement compte des faits dans une juste proportion ? Des questions qui seront sans doute tranchées devant les plus hautes instances administratives.

Banniere carrée

B. K. S

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