Gouvernance locale dans le Couffo : Lalo : Pélagie Gowui désignée maire, le casting du chaos pour l’UP-R
Très mauvais départ dans la gouvernance locale à Lalo. Dans cette commune du Couffo, les signaux sont plus que passés du rouge simple au rouge vif. Le point culminant de ce qui s’annonce comme une désarticulation du pouvoir communal a été atteint hier lundi 16 mars 2026 à l’occasion de la cérémonie d’installation du nouveau maire. Après l’imbroglio au conseil communal avec le passage de l’éphémère maire Br qui aura passé cinq (5) jours au poste à la suite du basculement de la majorité, le parti Union Progressiste le Renouveau était attendu. Le long silence et les multiples tergiversations qui ont jalonné les arbitrages internes au sein du parti n’auront visiblement pas permis de trouver la perle rare qui ferait consensus à défaut de l’unanimité. À Lalo, le parti au logo du baobab a choisi Pélagie Gowui comme maire pour le septennat qui s’ouvre. La trentaine environ, Pélagie Gowui est titulaire d’un baccalauréat série D obtenu en 2015. Le nouveau maire installé par le préfet Christophe Mègbedji est aussi détentrice d’un diplôme de Licence nationale professionnelle en banque, finance et assurance. Avec ce diplôme obtenu en 2024, Pélagie Gowui est créditée d’une expérience dans le secteur financier alliant des responsabilités au poste de caissière et d’assistante comptable. Le CV de la mairesse de Lalo renseigne qu’elle « possède des compétences avérées en gestion des opérations comptables, analyse et suivi des dossiers de crédit ainsi qu’en management ».
Mais ça ne suffit pas !

Pour les enjeux de développement local, le choix porté sur Pélagie Gowui pour occuper le poste de Maire à Lalo interroge à plus d’un titre. Ce choix remet au goût du jour, le débat sur la pertinence du casting fait par le parti Up-r dans un conseil communal où il dispose d’une très courte majorité (13 conseillers pour l’Up-r contre 12 pour le Br). Au plan politique, le casting ayant accouché le nom du maire Pélagie Gowui se rapproche plus du chaos. Et les faits l’attestent. À la cérémonie d’installation du nouveau maire hier à Lalo, l’ambiance était fade si ce n’est qu’elle est lourde. Les 12 conseillers communaux issus du partis Bloc Républicain ont décidé de boycotter cette cérémonie. Sont-ils si jaloux au point de cracher tous sur le nouveau maire choisi ? D’aucun auraient pu répondre par l’affirmative et mettre en avant le fait que le poste de maire a finalement échappé au parti Bloc Républicain. Mais cette lecture serait trop simpliste et superficielle si on regarde un autre fait. Hier lundi 16 mars 2026, ce n’est pas seulement les conseillers communaux Br qui ont boycotté la cérémonie d’installation. Élu conseiller communal sur la liste Up-r, l’ancien maire de Lalo William Fangbédji a aussi choisi l’option du boycott. Au total, treize (13) conseillers communaux sur les 25 que compte le conseil communal de Lalo ont boycotté cette cérémonie d’installation du nouveau maire Pélagie Gowui. Rejetée par le camps adverse et contestée dans son propre camp, le nouveau maire de Lalo Pélagie Gowui entre en fonction dans un contexte de fracture politique très poussée. Les sièges vides renvoient un signal de crise et projettent un contexte inconfortable de fragmentation du conseil communal. Avec ces clivages, l’équilibre du conseil communal est plus que jamais fragilisé. La cohésion et la cohabitation productive entre conseillers Br et UP-R sont en lambeaux. Au tournant de ce choix opéré par le parti Up-r, la fronde s’installe et ça gronde de toutes parts. Le nouveau maire Pélagie Gowui du haut de ses courtes expériences professionnelles et du jeune âge de son plus haut diplôme (une licence datant de 2024), pourra-t-elle trouver en elle les ressources qu’il faut pour contenir, d’un côté, les tensions politiques nées du choix porté sur elle, et conduire sa commune, Lalo, vers le train du développement local, d’un autre côté ? Alors que ces craintes ravivent les oppositions internes au sein des deux partis siégeant au Conseil communal, certains redoutent déjà l’offensive des conseillers communaux absents de cette cérémonie d’installation. Une offensive qui consisterait à dresser un projet de destitution où à défaut une paralysie générale du conseil communal par le jeu des majorités. Loin des procès sur la misogynie, le choix porté sur la femme n’est pas ce qui divise ici. Il ne s’agit pas d’un clan d’hommes jaloux de la promotion des femmes dans les plus hautes sphères de pouvoir. La discorde est visible et est créée par les mécanismes de choix au sein du parti Union Progressiste le Renouveau. Le parti semble ignorer sa courte majorité au sein du conseil communal. Il semble ignorer aussi les urgences et les exigences dans la conduite de l’action publique locale dans un milieu où les enjeux et les réalités sont ce qu’elles sont. Le parti semble surtout mépriser les souhaits de la majorité et des arbitrages à faire pour éviter une fronde permanente des conseillers Br. Ignorer tout ça et foncer, n’a rendu et ne rend aucun service à la nouvelle maire Pélagie Gowui qui subit malheureusement déjà les premiers actes de défiance. Combien de temps le va-t-elle tenir au poste ? Et pour quels résultats ? Si les conseillers communaux »boycotteurs » ne reviennent pas assez rapidement à de meilleurs sentiments pour la soutenir dans sa mission ? Questions ! A suivre.
Brivaël Klokpê Sogbovi