Parlons Santé en français facile : Dr Urbain Ahouayito met en lumière le danger de l’automédication chez l’enfant

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PARLONS SANTE EN FRANÇAIS FACILE
L’AUTOMÉDICATION : UN DANGER CHEZ L’ENFANT

Dr Urbain AHOUAYITO,
Médecin Directeur Exécutif de l’ONG EDUC’SANTE
Spécialiste en Leadership et management en Santé

Dans de nombreuses familles, lorsqu’un enfant tombe malade, le premier réflexe n’est pas toujours d’aller à l’hôpital. On utilise souvent des médicaments déjà disponibles à la maison, conseillés par un proche ou achetés directement à la pharmacie sans prescription. Ce comportement, appelé automédication, est très répandu.

Pourtant, chez l’enfant, il peut être dangereux, voire grave.

Qu’est-ce que l’automédication ?

L’automédication consiste à donner un médicament sans l’avis d’un professionnel de santé, que ce soit un médicament restant d’une ancienne maladie du même enfant ou de quelqu’un dautre, un produit conseillé par un proche, un médicament acheté sans ordonnance ou même une préparation traditionnelle dont la composition n’est pas toujours connue.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’automédication peut être acceptable dans certains cas simples chez l’adulte, mais elle doit être très encadrée chez l’enfant, en raison de sa fragilité.

Pourquoi l’enfant est-il plus exposé aux riques ?

L’enfant n’est pas un adulte en miniature. Son organisme fonctionne différemment : son foie et ses reins sont encore immatures (alors que ce sont eux qui permettent l’élimination de ces médicaments), son système immunitaire est en développement, son poids influence fortement les doses de médicaments qu’on administre. Une petite erreur peut être source de surdosage avec ses conséquences ou un sous dosage sans résultat attendu. Cela signifie qu’un médicament mal utilisé peut rapidement entraîner des effets indésirables graves, voire des conséquences à moyen et à long terme.

Les dangers de l’automédication chez l’enfant

– Le risque de mauvais dosage
Chez l’enfant, les doses doivent être calculées en fonction du poids. Un surdosage peut provoquer des intoxications, des atteintes du foie ou des reins ; alors qu’un sous-dosage peut rendre le traitement inefficace et laisser la maladie évoluer.

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– Le mauvais choix de médicament
Tous les médicaments ne sont pas adaptés aux enfants. Par exemple certains antitussifs sont contre-indiqués chez le jeune enfant (on en avait parlé le vendredi surpassé), certains anti-inflammatoires peuvent aggraver certaines infections. Sans avis médical, le parent peut choisir un médicament inadapté avec ses conséquences.

– Le retard de diagnostic
C’est l’un des dangers les plus graves. En donnant un traitement à la maison, on peut masquer les symptômes ou retarder la consultation, ce qui peut rendre le diagnostic flou ou le retarder. Or certaines maladies évoluent rapidement chez l’enfant comme le paludisme grave, la pneumonie, la méningite…
Selon l’UNICEF, le retard de prise en charge des enfants malade est une cause majeure de mortalité infantile dans les pays africains, ce qui est bien évitable ou réductible à travers de petits gestes.

– Les interactions médicamenteuses
Certains parents donnent plusieurs médicaments à la fois à leurs enfants en espérant un résultat rapide sans consulter un médecin ou un pédiatre. Donner plusieurs médicaments en même temps peut entraîner des interactions médicamenteuses dangereuses soit par augmentation de la toxicité soit par diminution de l’efficacité.

– L’utilisation d’antibiotiques sans indication
La résistance aux antibiotiques trouvent ici leur source. Beaucoup de parents donnent des antibiotiques dès qu’un enfant a de la fièvre ne comprenant peut être pas que toutes les fièvres ne nécessitent pas d’antibiotiques. A titre d’exemple, les infections virales ne répondent pas aux antibiotiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le mauvais usage des antibiotiques favorise la résistance bactérienne, ce qui constitue aujourd’hui un véritable problème de santé publique.

– Les produits traditionnels non contrôlés
Certaines décoctions ou mélanges traditionnels sont utilisés chez l’enfant ; ce qui n’est pas aussi mauvais en soi. Le problème est que leur composition n’est pas toujours connue, les doses ne sont pas maîtrisées, certains produits peuvent être toxiques… Il faut toujours être prudent sur ce point

– Les situations les plus à risque
L’automédication est particulièrement dangereuse dans les cas de fièvre persistante, vomissements répétés, diarrhée avec signes de déshydratation, difficulté respiratoire, crises convulsives… Dans ces situations, il est très urgent de consulter un médecin, et si possible, un pédiatre.

Que doivent faire les parents ?

– Demander conseil à un professionnel de santé : avant de donner un médicament, il est préférable de consulter ou de prendre l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien

– Respecter les prescriptions : une fois le traitement prescrit, il faut respecter les doses, les heures et la durée du traitement. On n’arrêter pas un traitement ou le modifier sans avis médical.
– Éviter de réutiliser systématiquement les anciens médicaments : un traitement adapté à une ancienne maladie ne convient pas forcément à une nouvelle situation.
– Ne pas partager les médicaments entre enfants : chaque enfant est différent ; déjà par son poids, son âge, son système immunitaire, mais aussi sa maladie.
– Lire les notices : Même si cela semble évident, beaucoup de parents ne lisent pas les indications. Il est conséillé de les lires et de poser toutes les questions possibles au prescripteur (je dis bien, au prescripteur et non à un autre, le prescripteur sait ce qu’il a objectivé à l’examen pour faire la prescription. Il est plus apte à vous donner les bons renseignement que vos connaissances à qui vous revenez poser les questions)

Le rôle des professionnels de santé

Les agents de santé ont un rôle essentiel : ils doivent éduquer les parents, expliquer les prescriptions, lutter contre les idées reçues… La sensibilisation est un levier clé pour réduire les risques liés à l’automédication.
L’automédication peut sembler pratique et économique, mais chez l’enfant, elle peut entraîner des conséquences graves. Un bon réflexe peut sauver une vie : la consultation.
La santé de l’enfant est fragile. Face à la maladie, il ne faut ni paniquer, ni improviser. L’automédication expose à des erreurs de traitement, des complications, des retards de prise en charge.

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