
11 janvier 2026. Jour du double scrutin communal et législatif au Bénin. Les béninois de l’intérieur comme de l’extérieur ont encore en mémoire les évènements ayant jalonné les opérations de vote tout au long de la journée. Entre retard dans l’ouverture dans certains postes de vote, faibles et ou dysfonctionnements notoires dans le déploiement du matériel électoral, la Commission électorale nationale autonome (Cena) a emporté une lourde responsabilité dans le faible taux de participation (37% environ). Sorties massivement et très tôt pour aller accomplir leur devoir civique, les populations, en partie se sont heurtées à ces dysfonctionnements que le Président de la Cena, Sacca Lafia n’a pas nié. Dans les grandes villes du pays, plusieurs électeurs, fatigués des temps anormalement longs d’attente, ont été obligés de quitter les centres de vote sans pouvoir voter. Et même quand les temps de vote ont été prorogés, la pratique des votes nocturnes n’est pas une habitude, et avec des risques de soupçons de fraude qui l’entourent. A l’arrivée, ces dysfonctionnements ont eu leur part dans le faisceau d’éléments qui expliquent le faible taux de participation aux élections législatives et communales couplées le 11 janvier 2026. Et nous voilà, à nouveau face à un nouveau challenge, l’élection présidentielle. Le 12 avril prochain, les béninois iront élire un nouveau Président de la République qui prendra les rênes du pays après la décennie Talon. Dans la configuration politique actuelle, seulement deux duos candidats sont en lice. Il s’agit du duo Wadagni-Talata et Hounkpè- Hounwanou. Mais très tôt, la période pré-électorale et électorale est dominée par une constance, le taux de participation. Des mouvements foisonnent, naissent et parcourent les communes du pays suscitant l’intérêt des populations à aller voter. Seul objectif, crédibiliser le processus électoral béninois et conférer une légitimité populaire au nouveau Président à élire. La dynamique portée par les mouvements, les partis politiques et les candidats eux-mêmes va assurément reconnecter les béninois aux urnes. Ici, la désaffection pour la chose électorale chantée comme principale raison du faible taux de participation est traitée en partie. Mais reste le rôle crucial de la CENA. L’institution électorale a annoncé, par la voix d’un de ses membres, François Abiola, qu’elle entendait publier les grandes tendances le 14 avril 2026, soit 48h après le vote. Pour ce faire, la Cena rassure qu’elle met tout en œuvre pour déployer le matériel électoral à temps sur le terrain pour ensuite réceptionner les cantines le 13 avril 2026, ce qui veut dire qu’on peut nous donner les grandes tendances le même jour. Si ces engagements peuvent séduire, la mauvaise expérience vécue par les électeurs le 11 janvier dans les centres de vote reste vive. Cette fois-ci, tous les regards sont tournés vers la Cena. La commission électorale joue gros avec l’organisation de cette élection présidentielle du 12 avril prochain. Si les mêmes dysfonctionnements se reproduisent, inéluctablement, cela va impacter le taux de participation et ruiner tous les efforts déployés ces dernières semaines par les mouvements, les OSC, les partis politiques et les candidats en lice. Et la Cena joue sa crédibilité. A elle de démontrer que le 11 janvier n’était qu’un petit faux pas et qu’elle a su se réinventer.